Cantonales : absention record et montée du FN : ce n’est pas étonnant…

On a tous vu les résultats du premier tour des cantonales. Ce n’est pas brillant. L’UMP y est allée à reculons, ses candidats n’osant même, dans bien des cas, montrer le logo du parti majoritaire. Quand ils n’ont, comme certains, essayé (vainement, bien sûr) de draguer honteusement les électeurs avec les thèmes simplistes et démagogiques du Front national.

A ce propos, je me réjouis du score “indigent”, pour reprendre l’expression de M. Vigouroux, chef de file de l’opposition UMP à Gonesse, du jeune Geoffroy Didier, dans le canton de Gonesse. Comme prévu, les outrances de son tract ridicule ne lui ont rien rapporté. Et je suis même persuadé  que ça lui a retiré quelques voix:  celles d’électeurs de droite, choqués,  et celles d’autres électeurs de droite , plus expéditifs, qui se sont dit: “ah ben si lui-même, UMP, écrit ça, c’est que le FN a raison, donc je vais voter FN”. Que cela lui serve de leçon, ainsi qu’à ses mentors…

Au-delà, dans nos départements ici, la montée du FN et surtout la très forte abstention doit interpeller tout le monde.

Je le sais, les gens, de tous milieux, sont excédés. Les discours politiques, tant nationaux que locaux sont redevenus, ces dernières années, inaudibles.

Les différentes affaires, comme l’incroyable et scandaleuse “Woerth-Bettancourt”, ou l’arrogance d’une Alliot-Marie, débarquée trop tardivement du gouvernement, les mauvais discours et les mauvaises pratiques (je reviendrai tranquillement sur ce sujet mal traité) sur l’immigration clandestine, ou l’incroyable débat annoncé sur “l’islam”, les maladresses sur la justice,  mais aussi l’insécurité et les trafics, violences en tout genre (voyez ce qui s’est passé encore  à Sevran dernièrement) qu’on n’arrive pas à éradiquer, tout cela encourage  un sentiment diffus chez les gens de malaise, d’abandon, de repli sur soi et donc de rejet de  “la politique”. Les évènement du Japon et de Libye n’ont rien arrangé.

Alors que notre “classe” politique (pas très classe, pour le coup) devrait élever le débat.

Car notre pays a besoin de continuer à se réformer.  On aime ou n’aime pas, peu importe, et il y a eu certainement des ratés, parfois de la précipitation, mais Nicolas Sarkozy a engagé une certain nombre de réformes aussi nécessaires que courageuses : la retraite (les socialistes y seraient passés aussi, ne vous faites pas d’illusions, chers lecteurs de gauche), les ports (quel gâchis!), la réforme de l’État, qu’on sent enfin venir, pour ne citer que celles-là, mais aussi Le Grand Paris (voyez l’enthousiasme, toutes tendances confondues,que ça a entrainé). Et tout cela en pleine crise économique majeure.

Droite ou gauche (où est le centre??), il faudra continuer à nous adapter nous même, et à adapter notre pays car nous vivons dans un monde de plus en plus ouvert, où chaque nation, chaque continent veut avoir sa chance (et c’est bien) et donc la concurrence est et sera encore plus vive.  Il faudra continuer, droite ou gauche, à combattre nos déficits publics, tout en continuant à encourager la création de richesses (capital et travail)  et les efforts de création et d’innovation.

Il faut aussi que notre vie politique retrouve le sens du courage , de  la vertu et de l’exemple. Et que les hommes et les femmes politiques, quel que soit leur bord,  appellent un chat un chat, fassent de la pédagogie (et commencent à se former eux-même !).

Alors les gens retourneront aux urnes, se passionneront à nouveau pour les débats publics et les engagements collectifs et l’extrême droite rejoindra ses étiages  historiques, qu’elle n’aurait jamais dû quitter depuis la fin de la 2ème guerre mondiale.

EV

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