Eloge de la liberté de la presse au Bénin

Ce kiosque à journaux est devenu un lieu populaire et démocratique

Le Bénin est un pays réellement démocratique depuis la fin de la dictature “marxiste-léniniste” en 1990. Cette année-là, pour sortir le pays de la grave crise économique, financière (les “marxistes-léninistes” avaient carrément pillé le pays) une Conférence des Forces Vives de la Nation, sorte d’Etats-généraux, a fondé les bases d’une démocratie incontestable, qui dure jusqu’à aujourd’hui (2011 a vu les dernières élections présidentielle et législative). Et la liberté de la presse fut instaurée, dans ce pays où la dictature n’avait toléré qu’un seul journal, tenu par elle, nommé “Ehuzu”, slogan ridicule du régime qui signifiait “ça a changé” (et pour cause !).

La presse est depuis ce jour vraiment libre. Libre, mais pas exempte de reproche, ainsi que vient de le montrer un livre paru en janvier de cette année, aux éditions Ibidun : “Les dilemmes de la presse écrite au Bénin“, écrit pas Gérard Agognon et Elieth Eyebiyi.  Je suis en train de le lire et il confirme ce que je vois depuis des années ici: excès de liberté éditoriale, sensationnalisme des titres, instrumentalisation des journaux par les politiques, problème d’indépendance matérielle (il faut voir les pages de “pub” qui ne sont en fait que d’innombrables “appel d’offres”  émanant de ministères : il est facile d’imaginer les pressions. Je donnerai plus de détails quand j’aurai fini le livre.  Mais le principal à retenir est encore une fois cette liberté réelle de la presse, certainement unique en Afrique de l’Ouest, en tout cas précurseur et citée en exemple… Comme disent les auteurs : “la presse écrite béninoise est une fois encore à la croisée des chemins : justifier d’une éthique professionnelle encore recherchée et user de son droit à la liberté malgré l’activisme politique ambiant”.

“LE” kiosque

On trouve des journaux un peu partout à Cotonou (en revanche pratiquement pas dans l’hinterland et c’est dommage) et s’il y a un lieu symbolique de la presse, c’est bien le kiosque situé derrière l’hôpital (CNHU) de Cotonou, tenu par M. Bonaventure et son adjoint Jonas (foto). Dans la matinée se pressent d’innombrables “zem” (les conducteurs de taxi-moto appelé “zemidjan”) qui lisent les manchettes des quelques 40 titres affichés en permanence. On les appelle les “titrologues” . Le lieu est devenu incontournable au point qu’on apprend dans le livre cité que les candidats à la présidentielle comme le Dr Boni Yayi (réélu) ou un des ses challengers ABT (Abdoulaye Bio Tchané) s’y sont rendus pendant la campagne.

Jonas, devant les journaux en vente.

J’y suis allé faire un tour hier pour y prendre ces fotos. Bonaventure m’a expliqué qu’il vendait environ 150  quotidiens par jour  (300 F CFA pièce, soit 0.46 €).

Le Bénin a abolit la peine  de mort

Un des gros titres qui était à la une hier était l’abolition de la peine de mort, votée la veille par l’Assemblée nationale. Un bon point de plus pour ce pays qui se développe de plus en plus, malgré les difficultés. On vous en reparlera.

EV

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