Mali : chapeau ! M. Hollande. Contre la “repentance”…

Le président Hollande à Tombouctou, recevant son chameau

C’est la deuxième fois que François Hollande me “scotche”. Déjà par sa candidature et son élection à la Présidence de la République (voir ici) Ensuite par ses récentes décisions pour le Mali. J’avoue que je ne croyais pas qu’il  enverrait l’armée. Pourtant, j’aurais dû y penser lorsque, voici quelques mois, il déclarait, à propos de ceux qui voulaient un moment négocier avec les terroristes dit “islamiques”: négocier? avec qui?”.

J’ai été encore plus été surpris (dans le bon sens) lorsqu’il s’est rendu dans le nord Mali puis à Bamako le 2 Février dernier. C’était aussi inattendu que courageux. A ce sujet, je vous invite à aller voir, ici, sur le site de l’Elysée, le compte rendu de sa visite éclair. Il y a tout : discours, vidéos, fotos (notamment la fameuse foto où on le voit se faire cadeauter d’un chameau (un dromadaire, je crois). Mais grands dieux qu’en a t-il fait?  Et, d’une manière générale, comme je l’avais fait du temps de Sarkozy, je vous recommande (ce n’est pas bien connu) d’aller faire un tour de temps en temps sur le site de l’Élysée, toujours très bien fait, avec plein d’infos sur l’activité présidentielle et toujours rapidement mis à jour.

Contre les accusations de “néo-colonialisme”

La foule des Maliens en liesse à l'arrivée de F. Hollande à Bamako

Je reviendrai plus longuement sur la guerre au Mali et ses causes profondes, dans la rubrique “Roissy et l’Afrique”. Pour l’heure, je me bornerai d’abord à rappeler que j’avais prévenu depuis la chute de Khadafi qu’il fallait alller “nettoyer le désert” . Le Sahara était déjà aux mains des bandits et trafiquants de toutes sortes qui en interdisaient ou du moins en contrôlaient les accès (on se souviendra de la” fuite” du “Dakar” en Amérique du Sud, premier abandon au profit des voyous d’Aqmi). Il était certain que les mercenaires du dictateur libyen allaient, une fois celui-ci tombé (et même avant) redescendre dans le désert avec armes et bagages, tout comme l’avaient fait d’ailleurs les terroristes du “Groupe salafiste pour la prédication et le combat” devenu donc, en 2007, Aqmi.

Tout comme j’avais écris auparavant que, s’agissant des revendications, en grande partie légitimes, des Touaregs, elles ne pourraient pas avancer s’ils (une partie d’entre eux du moins) s’alliaient aux terroristes et que leur rêve d’un Azawad indépendant serait dans ce cas compromis. C’est ce qui se passe aujourd’hui. Le MNLA a beau jeu maintenant de pleurer (et il a raison de le faire) sur des exactions commises par “l’armée” malienne ces derniers temps. De mémoire, je ne l’ai guère entendu pleurer sur les mains coupées par ses frères d’Ansar Dine…

Deuxième chose : le soit -disant “néocolonialisme” et la “repentance” , et l’état des sociétés civiles africaines. S’agissant de celles-ci, la guerre au Mali, l’effondrement de “l’Etat” de celui-ci, l’impuissance de “l’armée” malienne et la quasi impuissance, tant de l’Union Africaine que de la CEDEAO a envoyer des troupes sur place (alors que ça fait des mois que cette dernière clame haut et fort qu’elle s’y prépare) en dit long sur l’état des sociétés d’Afrique noire, 60 ans après les indépendances. A de rares exceptions (le Ghana, par exemple, et encore), il n’y a toujours pas de développement réel. Partout (ou presque…) ce n’est que corruption et fortunes illégitimes (à tous les niveaux) sans aucun contrôle, dictatures incroyables, guerres civiles, tribales, exploitation d’enfants, esclavage (oui, je dis bien esclavage), racisme  (oui, je dis bien racisme), droits humains élémentaires ( bafoués, mais souvent simplement ignorés), violences de toutes sortes, inégalités sans bornes, reflux de l’éducation, émigration massive (et fuite des cerveaux), la liste est loin d’être close. Voici ce que subissent les populations d’Afrique noire (je ne parle même pas de l’Afrique arabe). Comment voulez-vous que les mentalités, fatalistes, évoluent là-bas ?

“Hollande à l’école du néocolonialisme sarkozien” !

Et pendant ce temps-là, que font nos “zintellectuels africains”, tant ici que là-bas, avec leur complices, nos “bonnes âmes” françaises ? Ils pleurent sur le néocolonialisme, comme par exemple cet article incroyable (où l’on trouve un peu de tout d’ailleurs, comme souvent) de Léonce Gamaï, du quotidien béninois “La Nouvelle Tribune” (que je connais et que j’aime bien, c’est un des meilleurs du pays) qui voit, dans l’opération Serval “Hollande à l’école du néocolonialisme sarkozien”, pas moins ! Et encore, son patron, mon ami Vincent Foly, a pondu l’autre fois un long article (je ne le trouve plus, mais je vais lui demander) du même acabit, en pire… Je vais te répondre publiquement mon cher Vincent !

Je peux dire aux lecteurs qui ne connaissent pas bien l’Afrique que, à part le fait qu’on continue à recevoir des dictateurs africains à l’Élysée, notre politique la-bas est exemplaire et qu’il n’y a pas un atome de je ne sais quel néocolonialisme que ce soit de la France ou des autres pays occidentaux dans ce continent. Mais la dénonciation en boucle du “néocolonialisme” est bien pratique : elle permet d’une part aux “zintellectuels” de ne pas se poser trop de questions sur le fonctionnement de leurs sociétés et aux dictateurs de continuer à s’enrichir honteusement en faisant croire à leurs peuples que la misère dans laquelle ils végètent vient… des Blancs.

Et pendant ce temps-là se tient ces jours-ci à Paris (notamment au siège du PCF…) , une semaine anticoloniale, organisée par l’association “sortir du colonialisme” (pas moins!). En fait des colloques qui durent 15 jours, véritable marathon de flagellation collective sur le thème de la repentance. Il est plus facile en effet de se remémorer (je ne dit pas qu’il ne faut pas le faire), pour prendre l’ un des colloques, l’assassinat de Ruben Um Nyobe, en 1958 au Cameroun, par l’armée française, que de combattre l’incroyable et richissime dictateur (depuis 30 ans) de ce même pays, Paul Biya, qui squattait encore, voici quelques jours, avec sa suite, l’hôtel Meurice à Paris et qui a été reçu à l’Élysée (par le néocolonialiste Hollande?)

Voyez à ces sujets l’interview d’historiens sur Atlantico.fr , à laquelle je souscris entièrement.

Bon, je reviendrai donc sur tout ça.

EV

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