Réquisitions plus sévères au procès en appel de Paternotte. “Je n’ai fait rien de mal”, assure l’ancien député de Roissy

On connaitra le verdict de la cour d’appel de Versailles le… 29 janvier 2014. Pour une affaire qui remonte à … 7, 8 ans (c’est tellement long qu’on ne s’en souvient plus exactement) s’il y a une chose dont Yannick Paternotte, député éphémère de la 9ème circonscription du Val d’Oise et maire actuel de Sannois (95)  n’aura pas à ce plaindre, ce serait le caractère expéditif de la justice.

Son procès en première instance (revoir ici) , pour des accusations d’abus de faiblesse au détriment d’une vieille dame de 91 ans (une de ses administrées), l’avait vu condamné à 15 mois  de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende, et 2 ans inéligibilité. Les réquisitions du procureur dans le  procès en appel ont été de 2 ans avec sursis ( 9 mois de plus), 50 000 euros, et toujours -ça suffit visiblement- 2 ans inéligibilité. Dans son compte rendu d’audience, le journaliste du Parisien Frédéric Naizot (qui suit l’affaire depuis le début) décrit  la défense de Paternotte :

« Ce dont on m’accuse est épouvantable. C’est une ignominie, a conclu Yanick Paternotte à la barre. Je subis depuis des années des conséquences personnelles, familiales et . Je suis insulté à toutes les campagnes. J’ai décidé de continuer. Il ne faut pas baisser la tête. Mais c’est insupportable. Je n’ai rien fait de mal. J’ai sans doute eu un mauvais discernement et on me fait passer pour un affreux. Je vous en supplie, rendez-moi justice », lance-t-il à la cour, avec émotion.

A lire aussi l’autre article de Frédéric Naizot , qui a fait la une des pages Val d’Oise du Parisien du 27 novembre dernier (c’est ici), juste avant le procès en appel de Paternotte. On peut y lire notamment ce passage : Il y a un an, lors du premier procès, une scène particulière avait attiré toute l’attention du tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine). Elle se déroule le 1er octobre 2004, dans la propriété de la butte des Châtaignier, à Sannois, un site unique qui domine Paris d’un côté et la vallée de Montmorency de l’autre, au cœur du dossier. Ce jour-là, les époux Paternotte et le notaire rencontrent Lucienne Kielar dans son salon. La vieille dame, alors âgée de 91 ans, souffre d’un rhume et doit accueillir ses visiteurs en robe de chambre, apparemment fiévreuse. Elle a demandé de reporter la signature, sans succès, devant l’insistance des trois notables. La signature est tremblotante. Elle signe « Kierar». « Elle était mal en point depuis 2001, date à laquelle elle a été hospitalisée, et a ensuite enchaîné des problèmes de santé : infarctus, maladies ORL et respiratoires… » indiquera plus tard l’expert, évoquant« des déficiences physiques et psychiques» à propos de la vieille dame qui décédera en 2008. La donation signée, les époux Paternotte deviennent propriétaires de 3/10 de la Feuilleraie, pour une valeur de 210 000 €.

Sans commentaires.

Respect de la personne mise en cause et présomption d’innocence

Le journal le Parisien a bien suivi l’affaire, prudemment. Et c’est bien qu’il l’ai fait prudemment. On se souviendra du traitement inéquitable, voici plusieurs années, par  la presse en général (et le  Parisien en particulier) des accusations injustes et injustifiées portées contre le maire de Roissy, évidemment blanchi, le dossier étant vide. Le Parisien à l’époque avait répercuté ces accusations, mais, une fois le maire disculpé  en appel (rapidement, le procès avait duré 5 mn), dans la même Cour de Versailles, n’avait pas accordé autant d’importance que cela à son innocence reconnue. Le maire en avait souffert et je me souviens qu’il avait distribué une lettre aux Roisséens déplorant ce traitement. Nous avions rendu compte de cette lettre dans un  des premiers Bénéfice.net.

Car la présomption d’innocence et le respect des gens mis en cause doivent toujours inspirer les journalistes ou autres commentateurs. C’est ce que nous avons toujours fait, pour notre part, dans cette affaire Paternotte. Je ne me suis jamais prononcé sur l’éventuelle culpabilité de l’ancien député UMP en matière d’abus de faiblesse: seule la justice peut le faire.  En revanche, j’ai toujours dit et écrit qu’il était indigne, à mes yeux, pour un maire, d’accepter un don (quel qu’il soit d’ailleurs) d’une de ses administrées, à titre personnel.  Ce qui n’a pas empêché le maire de Sannois de me menacer, afin d’essayer de me faire taire avant les législatives de 2012 (où il a été battu à plate couture) d’un dépôt de plainte en diffamation “avec constitution de partie civile” (revoir ici ce morceau d’anthologie) ).

Je l’attends toujours, et de pied ferme.

EV

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3 réflexions au sujet de “Réquisitions plus sévères au procès en appel de Paternotte. “Je n’ai fait rien de mal”, assure l’ancien député de Roissy”

  1. On voit Philippe que vous n’habitez pas Sannois. Ici, il a fait beaucoup de mal, en ruinant les finances de la ville, en faisant des dépenses somptuaires qui n’ont servi à rien, en massacrant des espaces verts et en bétonnant Sannois. Sans compter le clientélisme, les petits arrangements entre amis et la gestion autocratique la mairie. Sans oublier que de très proches collaborateurs qui ont eu des démêlés judiciaires et même fait de la prison dans l’Essonne et d’autres qui ont laissé des souvenirs dskaïens mémorables à la mairie de Brunoy. Donc pitié, n’en faites pas un petit saint, venez à Sannois et vous comprendrez ce que c’est que le système Paternotte.

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  2. Yanick Paternotte, comme il le clame haut et fort n’a rien fait de mal. Au contraire, il a toujours fait du bien à ses administrés même hors Sannois, comme à Goussainville. Je souhaite que RM se comporte comme il l’avait fait envers André Toulouse et sans donner de jugement avant le jugement.

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