Les projets d’une “grande” interco sur le Grand Roissy présentés par le préfet du Val d’Oise. Réactions, questions et analyse

Cliquez pour mieux voir. L’image est tirée d’une étude récente de l’EPA et d’ADP sur  l’économie “circulaire” dont on vous parlera plus tard, mais ça situe

La Commission de Coopération Intercommunale (CDCI) du Val d’Oise s’est donc réunie lundi dernier, sous la présidence du préfet Nevache. C’était une réunion où le représentant de l’État a fait part de ses “réflexions” pour l’ensemble du département, avant qu’il ne fasse des “propositions” au préfet de Région qui soumettra alors un plan aux élus concernés, à la rentrée.  On sait que la loi dite  MAPAM prévoit qu’en grande couronne, les intercos devront former des ensembles de plus de 200 000 habitants au 1er janvier 2016. Et que la loi prévoit, toujours à la même date, l’absorption des départements de la petite couronne (dont le 93) dans la fameuse Métropole du Grand Paris (voyez au passage ce dossier ci-dessous, réalisé par Paris Métropole, qui est plutôt clair, enfin, si l’on peut l’être. …).

cliquez pour comprendre

Une carte est vraiment bien, réalisée par l’APUR : voyez-là ici, mais je ne peux pas la mettre en foto car elle est protégée par un mot de passe (APUR = pas vraiment opendata…)

Vo News , la télé du Val d’Oise, a bien rendu compte de la réunion de la CDCI 95 (voir notamment ici)

Préfet Nevache : “Roissy : sujet central”

Dans son interview diffusée par la chaine locale à l’issue de la CDCI,  (à voir ici, j’ai un pb depuis un moment pour insérer directement les vidéos de Dailymotion), le préfet évoque “un sujet central (dans notre département), qui est l’organisation de l’intercommunalité autour de Roissy“. Et, rappelant la volonté des élus de former un ensemble “Grand Roissy” autour de CDG, de proposer un regroupement des CA Val de France, Roissy Porte de France (95) et 17 communes de la CC Plaines et Monts de France (77, qui en compte 37 pour 110 000 habitants). Étant sous-entendu, pour le représentant de l’État dans le Val d’Oise, qu’on ne touche pas aux villes “93” du Grand Roissy , celles-ci étant donc promises à la Métropole. Ces propos ont entrainé plusieurs réactions:

Didier Vaillant : le “petit Grand Roissy” ?

Didier Vaillant est le président de la CA Val de France, et ancien maire (PS) de Villiers-le-Bel. Dans ses réponses à VO News (voir ici), il reprend les arguments de son successeur à la mairie, Jean-Louis Marsac, dans la lettre que celui-ci avait envoyé au préfet juste avant la CDCI (revoir ici et mes commentaires plus bas),  comme quoi ce secteur du 77 n’est pas vraiment prêt (je traduis) aux motifs que celui-ci vient seulement de construire “ses” intercommunalités” et qu’il ne ferait pas partie du territoire de l’EPA Plaine de France . Deux approximations : que le président Vaillant m’excuse,  mais il existe désormais (je lui accorde, ça c’est fait dans la douleur) une seule interco 77 à l’Est de CDG, qui s’appelle Plaines et et Monts de France et qui est désormais consensuelle et opérationnelle). Quant à l’appartenance à l’EPA, il est bien placé pour savoir que 17 communes en font partie (voir la carte plus haut) et que si elles n’en font pas partie “officiellement”, c’est qu’on attend le décret depuis un an et demi !

En revanche, le même président insiste pour que les communes “Grand Roissy” de Seine-Saint-Denis puissent être “dedans” et dans ce cas il parle justement du “petit Grand Roissy”, alors qu’il sait très bien (ou il ne sait pas?)  que si elles restent dans la Métropole, la dynamique du Grand Roissy sera sinon cassée, du moins considérablement affaiblie. Tout cela n’est donc pas très clair.

Patrick Renaud : “il faut se marier tout de suite avec la Seine-et-Marne”

Patrick Renaud, président de la CA Roissy Porte de France (et aussi de l’association des collectivités du Grand Roissy), s’exprimant sur VO News –voir ici–  en tant que président de la première). Il est très clair sur la Seine-et-Marne (en rappelant utilement que le développement actuel et futur de CDG se fait chez eux), s’appuyant notamment sur le futur bouclage de la Francilienne. Pour lui, il n’y a pas de problèmes et pense que Didier Vaillant “à tort”.

Les autres : tout le monde est pour le (vrai) Grand Roissy

J’ai interrogé une grande partie des élus du Grand Roissy. On sait déjà que François Asensi, député (FG) de la 11ème circonscription de Seine-Saint-Denis et président de la CA Terres de France (les deux = Tremblay, Villepinte, Sevran) ne veux pas rejoindre la Métropole (et je lui donne raison à nouveau), revoir son interview à Roissymail ici , dans laquelle il dit : En signant le CDT « Roissy, cœur économique », la CA Terres de France, les villes de Villepinte et Tremblay s’inscrivent dans une politique de développement économique valorisante pour le territoire. Elles prennent appui sur le pôle économique de l’aéroport Charles de Gaulle et deviennent, c’est certain, des partenaires incontournables dans la construction d’une métropole respectueuse des collectivités territoriales. Pour répondre à votre question sur l’éventualité d’une option « Grand Roissy » avec l’ensemble de nos voisins, je vous réponds sans ambages : oui, ça serait bien…

Yves Albarello, député (UMP) de Seine-et-Marne et maire de Claye-Souilly, que j’ai eu au téléphone à ce sujet dit oui au “vrai” Grand Roissy”, avec les communes situées autour de CDG, dont la sienne. Il m’assure par ailleurs que son collègue député (PS) François Pupponi, maire  de Sarcelles (95), qui fait partie de Val de France, est aussi sur ces mêmes longueurs d’onde.

Je ne voudrais pas mal traduire la conversation que j’ai eue avec Bernard Rigault, président de la CC Plaines et Monts de France et maire (DVD) de Moussy-le-Neuf, il est OK aussi. Idem pour Bernard Corneille, conseiller général (DVG) de Seine-et-Marne (canton de Dammartin), chargé du pôle du Grand Roissy. Et je suppose, mais je vérifierai, que les maires de Mitry (PCF) , Villeparisis(UMP), Aulnay (UMP),  Blanc-Mesnil (UMP) sont aussi  sur cette vision. Je rappelle aussi que le sénateur maire (UDI) du Bourget, Vincent Capo-Canellas regarde désormais (à nouveau) vers “Roissy”: il me l’a dit. Le maire de Roissy, même s’il est dépité par la méthode (rapidité, pendant les vacances) est évidemment pour le Grand Roissy. Et, si j’ai bien compris, Jean-Pierre Blazy aussi . 

Autrement dit : ça fait beaucoup.

De la réalité, objective et subjective, du Grand Roissy. Vive moi !

Les "fêtes" des différentes"cartes du Grand Roissy" ont toujours rassemblé beaucoup d'élus de tous bord et de tout le territoire (sauf ... Villiers-le-Bel !)

Une personnalité qui connait bien, et depuis longtemps (contrairement aux gens qui n’y font que passer) l’histoire de la “région de Roissy”, m’a toujours dit, et j’ai été rapidement d’accord avec elle, qu’il aurait fallu, aux temps des “villes nouvelles“, en faire une avec “Roissy”. Mais si le talent de Paul Delouvrier était grand (normal, il était Vosgien…), personne ne pouvait imaginer à l’époque, que le développement des aéroports internationaux, pourtant ressenti à l’époque allait, à l’instar de l’économie mondialisée, entrainer une activité (et son corolaire, le peuplement) aussi importante. “Roissy” s’est donc fait tout seul, les différends gouvernements regardant, pour différentes raisons, passer les trains avions.Je pourrais développer, mais la place me manque.

Au risque de paraitre présomptueux, je peux dire que  je suis un des meilleurs, non, le meilleur connaisseur du “pôle de Roissy”. Depuis que je suis arrivé dans le secteur (fin 1992, au poste de Directeur du développement économique à la mairie de Tremblay, c’était un excellent poste d’observation), je me suis rendu compte, rapidement  non seulement du développement sur  CDG, mais, à cause de la situation de la région aéroportuaire, aux confins de 4 (et non de 3) départements, que CDG agissait comme une force centripète sur les implantations d’entreprises sur les communes proches, elles-mêmes ne regardant, nonobstant les querelles politiciennes et démagogiques (qui ont duré, mais qui n’existent plus) sur “le bruit”, que vers les avantages qu’elles trouvaient avec la plate-forme, à tous points de vues (fiscalité, emploi, population, transports, réputation, etc.).

De par la situation “lointaine” des “capitales” de ces départements (Melun ! Bobigny -l’ancienne majorité communiste ne voulait pas entendre parler de “Roissy”-, Cergy -à l’époque, il n’y  avait ni internet ni la Francilienne…) aucun de ceux-ci , mis à part (un peu) le Val d’Oise (ni ADP d’ailleurs, qui s’y est mis sur le tard), ne se préoccupait du devenir de ce qu’on appelait pas encore le pôle de Roissy.  Et je ne parlerai pas de la Région Ile-de-France, dont les différentes majorités du Conseil, qu’elles soient de droite ou de gauche, faisaient proprement dans leurs frocs s’agissant de “Roissy”, de peur de s’aliéner  la minorité des “Verts”, qui leur était nécessaire: de ce fait, les dirigeants régionaux ne savaient pas où était “CDG” (sauf pour prendre l’avion, Verts y compris…) . Seuls André Toulouse, maire de Roissy-en-France, et, dans une mesure différente (il a mis seulement du temps à en tirer toutes les conclusions), François Asensi, avaient tout compris (pendant que Blazy ou pire, Nicole Bricq, tiraient “à boulets rouges” sur l’aéroport) .

J’avais compris ça,  moi aussi.  C’est pour ça que j’avais créé fin 96 la glorieuse agence de communication VPP (voir son vieux site) ,  car je savais (nul besoin de faire une étude de marché…) que j’allais m’engouffrer là-dedans et faire de la communication sur ce territoire mon “fonds de commerce”.

Dès 1997, j’ai édité la première “Carte du pôle de Roissy”, avec un horizon à l’époque sur 2015.  J’avais beaucoup réfléchi et consulté, à l’époque, sur le périmètre. Bernard Rigault, au nord, peut en témoigner. A l’est, c’était facile. A l’ouest, c’était moins évident. Je suis alors allé rendre visite au directeur de cabinet de DSK, alors maire de Sarcelles, pour lui demander où sa commune “regardait” (j’hésitais entre Roissy et la Vallée de Montmorency)  . Réponse nette du dircab : “on ne regarde que vers Roissy”.

Dans le même temps, j’avais rendu visite à M. Catalaa, qui dirigeait alors, après M. Quattre, la mission “Roissy” dans le cadre de la préparation du SDRIF de l’époque (les “pôles d’excellence”…). Je lui ai présenté mon projet de carte et il m’avait dit, très gentiment (vraiment): mais de quoi vous mêlez-vous ?, tout en m’aidant en me fournissant de précieuses informations.  La première carte fut un succès et présentée en “grand pompe” dans le salon Concorde du Hilton Roissy. M. Catalaa (aujourd’hui en retraite, mais toujours lecteur de Roissymail) , qui était présent, est venu me dire: “en fait, je m’étais trompé: il n’y a qu’un “privé” comme vous qui pouvait faire ça, félicitations”. Les succès, ensuite du magazine Bénéfice.net (1er numéro en 1998, jusqu’en 2012) diffusé à 25, puis 20 000 exemplaires sur tout le territoire) , puis de ce Roissymail.com (depuis 2004), ont  montré la justesse de mes analyses.

Au fur et à mesure des éditions, j’ai affiné le territoire de la Carte, abandonnant Bobigny, mais incluant le sud de l’Oise, ainsi qu’une partie plus excentrée du 77, comme Saint-Pathus et Saint-Soupplets, quitte à prendre des libertés avec la géographie.

Aujourd’hui, je peux dire qu’à quelques encablures près, le territoire de la Carte est bien celui du Grand Roissy, tant économiquement que psychologiquement. 

Un dernier mot sur le Grand Roissy “réfléchi” par le préfet Névache.

C’est bien d’inclure la Seine-et-Marne. Mais plusieurs bémols: à ma connaissance, aucun des élus de ce secteur, n’ a été prévenu (ce qui est pas mal…). La CDCI de Seine-et Marne, qui s’est tenue juste avant celle du Val d’Oise a évoqué la question en fin de réunion.  Quant au territoire 77 retenu par le préfet Névache (17 communes) il s’agit des communes retenues pour l’EPA Plaine de France. Pourquoi ne pas mettre l’ensemble des communes de la CC Plaines et Monts de France (y compris les villages, ou des petites villes comme Saint-Pathus), qui forment un arc de cercle quasiment parfait autour de CDG ? C’est comme si on enlevait Epiais-lès-Louvres (108 habitants) du périmètre “réfléchi”, ou de l’EPA. Par ailleurs, pourquoi ne pas “réfléchir” à inclure des communes de l’Oise proches, à l’instar de celle de la CC Pays de Valois, qui ne regardent (voyez la nouvelle Carte) que vers “Roissy” et qui ont payé (cher!) pour être bien visibles sur celle-ci?  EV



Partagez cet article

Laisser un commentaire