« Je dis Sakuntala et j’ai tout dit »

Avec Saku, dans son Home stay

Des milliers de personnes à « Roissy » se souviennent du restaurant thaï du Mesnil-Amelot, en face de la Poste. Il avait été ouvert en 1990 par Sakuntala et son mari Alain Nicolle et donc appelé le Sakuntala (un prénom de légende, voyez ici). Et voyez aussi ce que dit la traduction  du poème de W. Jones (1789) reprise par Goethe :

“Veux-tu les fleurs du printemps et les fruits de l’automne, veux-tu ce qui séduit et ce qui charme, ce qui nourrit et ce qui rassasie, veux-tu exprimer le ciel et la terre, par un seul mot ? Je dis Śakuntalā et j’ai tout dit

J’avais consacré un article dans un des premiers Bénéfice.net sur ce restaurant qui était devenu aussi un rendez-vous d’amis, de collègues. L’affaire tournait bien : sous une formule buffet, tout le monde se régalait dans un cadre agréable et une terrasse l’été.

Malheureusement, le destin n’a pas voulu que la belle affaire continue. En 2002, Alain  est terrassé par une crise cardiaque…

Mais revenons en arrière tout d’abord. Sakuntala (« Saku », prononcez Sakou) est une très belle femme, charmante (et charmeuse), qui aime les gens et ceux-ci lui rendent bien. Elle est, jusqu’à ce jour où je l’ai retrouvée avec un immense plaisir, toujours dynamique, créative, et même hyper active (à la « sauce thaï » toutefois, en restant zen). Elle s’est donc fait plein d’amis, au fil de sa carrière.

Originaire du nord de la Thaïlande, à 16 ans elle « descend » à Bangkok pour y suivre ses études dans un lycée technique, (où elle rencontre Danny, son premier boy-friend). Puis elle travaille à la Thaï Airways, comme hôtesse d’accueil. A ce moment, elle croise celui qui deviendra son premier mari (avec lequel elle aura une fille : je l’ai vue en foto : magnifique !). Il est directeur d’un bowling. Elle se lance dans ce sport et comme elle est performante, devient membre de l’équipe nationale de Thaïlande, ce qui lui vaudra de nombreux voyages à travers le monde.

Une autre rencontre l’emmène finalement… en France. Elle apprend le français à l’institut catholique, travaille comme hôtesse d’accueil à la banque Rothschild. C’est à ce moment qu’elle rencontre Alain, qui travaillait dans l’immobilier : ce fut le coup de foudre et le mariage dans la foulée ! Puis retrouve un emploi d’hôtesse à CDG (à la Thaï) de 79 à 85 et ensuite à la Garuda, la compagnie indonésienne, jusqu’en 89.

Des petits plats… au restaurant

Quand je demande à Saku comment lui est venue l’idée de créer le restaurant, la réponse est amusante. En fait le chef d’escale de la Garuda se plaignait de ne pas manger à sa guise le midi. Du coup, Saku lui propose de lui faire des petits plats. Il adore ! Ses collègues en demandent aussi, puis d’autres personnes dans les bureaux d’à côté. Et ça devient un business et l’idée du restaurant germe en même temps. Elle et Alain cherchent un local. D’abord à Roissy-en-France, mais Saku m’assure que le maire ne voulait pas de restaurants « étrangers » dans sa commune (ce qui m’étonne beaucoup, je demanderai à André Toulouse). Ils trouvent enfin un local au Mesnil-Amelot, et le restaurant ouvre, en 1990 donc.

J’ai connu Alain, qui était un type sympa. Saku avait divorcé entre temps, d’avec son premier mari thaï. Un divorce bien passé et ils sont restés en contact jusqu’à ce jour.

Après la mort d’Alain, et après quelques difficultés liées à sa succession, Saku a pu, au mieux, vendre le fonds du restaurant, après l’avoir tenu toute seule, jusqu’en en 2004. Dans ce moment difficile elle a pu compter sur l’aide et le soutien précieux de l’oncle et la tante d’Alain, Colette et Roger, qu’elle appelle jusqu’à aujourd’hui “mon oncle et ma tante”. Elle décide alors de revenir à Chiang Maï, à 800 km de Bangkok, dans la propriété familiale, un grand domaine où elle et Alain avaient projeté de construire une grande maison pour eux d’abord, mais avec suffisamment d’espace pour recevoir leurs amis du monde entier.

Femme d’entreprise, avec son côté architecte d’intérieur, elle se met au boulot et finalement transforme la maison en « Home Stay », autrement dit, une maison d’hôtes, qui aujourd’hui est carrément sublime.

Danny et Saku nous ont accueillis à l'aéroport de Chiang Maï

Au moment où elle revient, il se passe quelque chose de magique. Danny, son premier boy-friend du lycée, apprend, par le « téléphone arabe », que son premier amour est revenu. Magie, magie ! Ils sont ensemble maintenant et je peux vous dire qu’ils forment un couple magnifique, s’occupant du Home Stay, cultivant et vendant des citrons bio, et Saku, forte de ses expériences (notamment du Home Stay, dont je peux vous (re) dire qu’il est superbe), est devenue conseillère en architecture d’intérieur !

C’est une histoire comme j’aime. Des gens du peuple, travailleurs, imaginatifs, voyageurs, forcément tolérants, qui se débrouillent, ne geignent pas et avancent dans leur vie, au-delà des difficultés qu’ils peuvent rencontrer. What else ? EV

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3 réflexions au sujet de “« Je dis Sakuntala et j’ai tout dit »”

  1. Bonsoir,

    J’étais dans le team Garuda quand Sakuntala a commencé son restau. J’ai quitté la France et les aéroport il y a quelques temps et je souhaitais reprendre contact avec Saku lors de mon prochain voyage en Thailande. Avez-vous un mail pour que je puisse la contacter ? Merci d’avance,

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