Le préfét des aéroports chasse les “uberpop”, mais…

Le préfet des aéroport, Philippe Riffaut, vient de publier un communiqué (à voir ici) dans lequel il demande “aux fonctionnaires de police des contrôles renforcés et ciblés sur l’exercice illégal du transport de personnes à titre onéreux, sur la voie publique ainsi que via l’application UBER POP (maraude électronique)“.

Mouais… Mais rien n’est évident dans tout ça. D’abord la loi Thevenoud, qui interdit uberPOP, n’est pas vraiment en application. Du coup le fameux uberPOP continue, et il ne se cache pas pour le dire sur son site. On peut donc s’interroger sur l’activisme préfectoral. Le préfet aurait-il peur des taxis, comme quasiment tous ses prédécesseurs? On se souviendra que le premier sous-préfet des aéroports, Jacques Lebrot, avait fini par céder et, sous la pression,  ne plus autoriser, comme il l’avait fait pendant quelques jours, les taxis des villes voisines (les aéroports sont le monopole des “taxis parisiens”), a stationner pour  travailler sur CDG. Tout le monde ici connait la difficulté de se faire déposer à Tremblay ou à Epiais par les taxis de CDG : bien que ce soit illégal, ils refusent le plus souvent.

Mais il y a pire. Je prends quelquefois l’avion à CDG et je vais souvent chercher amis, parents ou correspondants qui arrivent ici. A chaque fois je tombe sur des “taxis” clandestins, qui ne se cachent pas du tout, vous démarchent ouvertement, en toute impunité. Ils n’ont pas peur, visiblement. Pourtant ça ne devrait pas être difficile de les coincer. C’est pour cela aussi que le communiqué du préfet m’a fait sourire…

J’entends dire…

J’entends dire, j’entends dire qu’en fait, ceux qui sont arrêtés s’en tirent souvent, au tribunal de Bobigny (seul compétent sur tout CDG) avec un simple “rappel à la loi” et ne sont pas sanctionnés. Faut dire, comme me l’avais précisé voici quelques années une vice procureure que “le tribunal de Bobigny souffre de tout”. Il est engorgé : on parle de 25 000 dossiers en retard… La solution serait la confiscation du véhicule, mais contrairement à ce que laisse entendre le communiqué du préfet  (“voire confiscation du véhicule” c’est le “voire” qui est rigolo), sauf erreur de ma part, la confiscation n’est pas prévue par la loi.  EV

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