Conseil municipal de Roissy : c’était pas “swing” en fait, c’était…

J’avais titré (revoir ici pour bien comprendre), que ça allait “swinguer” au conseil municipal de Roissy-en-France. Et je vous avais dit que j’irais au Conseil et que je rendrais compte de la séance qui s’est tenue le 2 mai au soir. J’y étais donc. En fait, l’expression était mauvaise: ça n’a pas “swingué” du tout, mais ça a chauffé …

Au début du Conseil

Et j’ai tardé à faire ce compte-rendu. Non faute de temps (comme ça m’arrive trop souvent, j’embauche… ) mais parce que la narration n’est pas évidente du tout. Beaucoup attendaient ce compte-rendu le lendemain. J’ai voulu prendre mon temps et je peux vous dire que c’est la première fois, de mémoire, que j’ai eu autant de mal à faire un tel papier (pourtant, j’en ai fait des articles difficiles).

Un public inhabituellement nombreux

Bon, ben le voici (j’ai souffert) :

J’arrive au Conseil peu avant l’heure (20h30). Je vois, juste à l’entrée de la mairie, en bonne place, à gauche, l’arrêté du maire, dûment affiché (…) , daté du 26 avril,  retirant sa délégation à son adjoint Michel Omont, puisque c’est de lui qu’il s’agit. Les conseillers, le public (anormalement nombreux) se mettent rapidement en place. Le maire, sans doute volontairement, arrive 5 bonnes minutes après. L’ambiance est… pesante, d’emblée. Personne ne disait rien. Le maire fait la lecture (obligatoire) des actes passés depuis le dernier Conseil. Un peu longuement même, ce qui rajoute à l’ambiance pesante.

Puis il arrive enfin au principal sujet du jour : que le Conseil se prononce sur le retrait de la fonction d’adjoint de Michel Omont. Dans ce qu’il faut bien appeler un réquisitoire, il expose au Conseil que ledit adjoint (pour aller vite) a manqué de loyauté vis-à-vis de la majorité municipale (en fait l’ensemble du Conseil) en envoyant un courrier à 4 conseillers, mettant en cause un projet à l’étude visant à la création d’un “écomusée” dans le village. Et le maire d’évoquer un complot. C’est chaud direct…

Avant d’aller plus loin, il faut préciser que cet adjoint ne cesse de clamer haut et fort, urbi et orbi, qu’il sera le prochain maire de Roissy, la succession d’André Toulouse (maire depuis 1977) étant dans tous les esprits.

Je veux être maire de Roissy !

Michel Omont, tentant de s'expliquer

Le maire passe la parole à l’intéressé. Celui-ci, plutôt à l’aise, plaide sa cause en minimisant l’ampleur de son action et en faisant (un peu) marche arrière, tout en réaffirmant : je veux être maire de Roissy. Il est soutenu par quelques réceptionnaires du fameux courrier, notamment une jeune nouvelle conseillère (d’une manière un peu véhémente… qui affirme savoir lire un mail en toute liberté).

Puis le débat s’anime. On comprend (à peu près) qu’un des quatre réceptionnaires du courrier d’Omont a prévenu, d’une manière directe ou indirecte, le maire.

Alain Arrieu (au centre) : "mouton noir"?

A ce moment, trois des quatre réceptionnaires sont connus. Parmi les trois, certains se demandent quel est le “traitre” (toujours l’ambiance…) Le maire, suite aux discussions, demande quel est le quatrième. Alain Arrieu, conseiller municipal (depuis au moins 2008) dit : c’est moi !

S’en suit une courte empoignade verbale où le maire, remonté, le qualifie de “mouton noir”. On n’a pas bien compris… Le ton monte. “Retire ça” s’écrie Arrieu. Ça frise l’école maternelle, mais du coup, comme c’était trop, les choses se calment.

Et le Conseil passe au vote pour retirer à Omont sa fonction d’adjoint.  A bulletin secret, comme demandé par certains conseillers (c’est de droit)

Sur 20 votes : 12 pour, 8 contre. Une première à Roissy

Serge Drago, adjoint au maire, en train de voter

Voici un score qui a surpris tout le monde. Huit conseillers (donc 4 de plus que les supposés conjurés), ont donc voté, contre la sanction voulue par le maire. Ce qui n’est pas banal à Roissy. On peut y voir un échec relatif du maire sur ce point. Incontestablement, certains conseillers n’ont pas tout compris, mais ont estimé, par leur vote “contre”, que la sanction pouvait leur paraitre disproportionnée.  Toujours ambiance… Mais résultat :  Omontxit..

Patricia Petit remplace Omont, à la quasi unanimité

Patricia Petit (au centre), nouvelle adjointe au maire

Il s’est agit ensuite de le remplacer. Nouveau vote. Le maire propose Patricia Petit (déjà conseillère déléguée) qui est la femme- charmante, au passage- de Patrick Petit, président de l’Office de Tourisme. Toujours à bulletin secret. Le maire demande s’il y a d’autres candidats: personne ne se présente. Patricia Petit est élue (à l’unanimité,trois abstentions).

Ensuite, il s’agit d’élire un conseiller dans une instance de la CA Roissy Pays de France. Le maire propose Serge Drago et lui même comme suppléant. Vote massif en leur faveur.

Mes sentiments : c’est bien que Omont soit exit, mais…

Je ne pleurerai pas sur l’éviction de Michel Omont. J’ai plein de raisons (y compris proches, et s’il me cherche, j’en dirai une qui choquera tout le monde) de ne pas aimer cet homme. Vous pourrez voir (j’ai eu du mal à me le procurer) son courrier ici. Il est clairement “conspiratif”, s’agissant d’un adjoint au maire. Un drôle de  personnage, influencé (tout le monde sait par qui, à Roissy). On se demande pourquoi André Toulouse l’a remis en selle plusieurs fois. Bon, la page est tournée, mais je pense que, pour avoir beaucoup échangé avec nombre de conseillers depuis cette “affaire”, le maire de Roissy-en-France ne devrait pas faire l’économie d’une réflexion sur son… leadership actuel. Parfois, il y a le “mandat de trop”. Il ne faudrait pas que l’action (exemplaire depuis toutes ces années) d’André Toulouse ne soit, pour ce dernier mandat, entachée d’une mauvaise animation de l’équipe dont il s’est entourée. EV

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