Réunion à la sous-préfecture de Sarcelles: contre la politique de la terre brûlée, il est possible d’avancer

en bleu clair, les 20 communes qui risquent de rester sur la touche. Cliquez...

Demain se tiendra, à l’initiative du préfet du Val d’Oise, une réunion importante des maires de 3 communautés du Grand Roissy : deux du Val d’Oise (les communautés d’agglomération Val de France et Roissy Portes de France) et celle du nord Seine-et-Marne (la communauté de communes Plaines et Monts-de France). Avec un bémol pour cette dernière : seuls les maires des 17 communes pressenties par l’État pour faire partie d’une grande communauté d’agglomération nommée jusqu’ici « Grand Roissy” ont été invités, mais non les maires des 20 (sur 37) autres communes.

C’est que, rappelons-le, on va dire l’État (via le Schéma directeur de coopération intercommunale), a prévu, dans le cadre de la loi MAPTAM sur le regroupement des intercommunalités, la fusion de Val de France, Roissy Porte de France et d’une partie seulement (17 communes, les plus riches) de la CC Plaines et Monts de France.

Les conseils de ces trois communautés se sont exprimés sur cette fusion : Roissy Porte de France l’a adopté à l’unanimité, Val de France s’est exprimée (après bien des péripéties et une rivalité entre Gonesse et Villiers-le-Bel) contre, et Plaines et Monts de France farouchement contre, à l’unanimité.

Le principal argument de cette dernière est son opposition au démantèlement prévu. L’autre argument c’est qu’elle ne veut pas être fusionnée avec les deux autres et qu’elle estime cette fusion illégale.

C’est le président de celle-ci, Bernard Rigault (divers droite), maire de Moussy-le-Neuf, qui mène la bataille.

Le Grand Roissy c’est quoi ?

L’idée qui prévaut (enfin) depuis quelques années, c’est que la région autour de Roissy CDG (que l’on appelle désormais le Grand Roissy), est un ensemble en développement économique conséquent et que les collectivités locales qui la composent travaillent de concert sur des thèmes qui leur sont communs : transports et mobilité, infrastructures, emploi et formation, logement, santé, promotion du territoire, mais aussi une meilleure répartition des retombées fiscales.

Depuis des années, plusieurs organismes se sont créés pour aller dans ce sens. On pourra citer pêle-mêle l’association Pays de Roissy CDG (initiée par Air France), la loi sur la “communauté aéroportuaire” votée en 2004 et morte-née, l’EPA Plaine de France (même avec sa malformation congénitale), Hubstart Paris Region, et récemment l’association des collectivités du Grand Roissy. Celle-ci avait commencé à bien travailler. On parlait même d’un SCOT commun…

L’État lui-même, avait retrouvé le Grand Roissy (qu’il avait perdu de vue depuis la “mission Roissy” pour le SDRIF de 1994) en favorisant l’organisation (deux éditions, puis plus rien) des Rencontres du Grand Roissy, qui réunissaient élus et acteurs économiques, poussait à la cohérence territoriale. Par ailleurs, suite à la création du Grand Paris Express, des CDT (contrats de développement territorial), souvent ambitieux, ont été élaborés et signés dans les perspectives des gares. Parmi eux le CDT entre Roissy Porte de France et la CA Terres de France (93), celui du Bourget, celui de Val de France. Le nord seine-et-marne, pour des raisons de divisions internes, n’en a pas fait, alors qu’il y a une gare prévue au Mesnil-Amelot (obtenue de justesse). RoissyMail avait rendu compte de tout ça.

10 000 feuilles administratif !

Mais la loi Maptam, prévoyant d’une part la Métropole du Grand Paris et d’autre part le regroupement « forcé » des intercommunalités existantes en Ile-de-France (avec un minimum de 200 000 habitants) est venue compliquer tout ça. Toutes les communes de Seine-Saint-Denis ont été rattachées à la Métropole. Et donc la CA Terres de France (avec Tremblay, qui a pourtant sur son territoire une grande partie de CDG) disparaitra le 1er janvier prochain pour se fondre dans un des sous-ensembles de la Métropole : les « Territoires ». Ce sera le Territoire 7 (ça fait un peu Hunger Games…), avec Aulnay, Le Blanc-Mesnil, le Bourget, Dugny…

Exit donc le « vrai » Grand Roissy, du moins au niveau institutionnel comme pouvaient en rêver certains.

La fusion envisagée

Sur ces entrefaites, voici que l’ancien préfet du Val d’Oise, suggère, en septembre 2014, la fusion des trois communautés évoquée plus haut. Sur le coup, tout le monde est stupéfait, surtout que seules 17 communes de la CC Plaines et Monts de France sont concernées. C’est ce que j’avais appelé le “petit Roissy rabougri“.

Cette fusion (qui porte l’ensemble à 345 000 habitants, la plus grande interco de la région parisienne après la Métropole) est validée par la Commission régionale de coopération intercommunale (CRCI), au grand dam de la CC Plaine de France, qui entame un combat jusqu’à aujourd’hui (voir ici). Son argument choc : le siège (qui est à Dammartin) de la CC n’est pas dans “l’unité urbaine” de Paris et donc la CC n’est pas concernée par la loi Maptam qui impose un regroupement minimal de 200 000 habitants pour les communautés dont le siège se situe dans cette fameuse unité urbaine. Un recours au tribunal administratif de Pontoise a été déposé au mois d’août (voir ici) par le maire du Mesnil-Amelot (qui fait partie des 17) et celui de Marchemoret (qui fait partie des 20), tous deux vice-présidents de la CC .

Des véritables motifs qui fondent la “bataille” de Bernard Rigault

Je connais très bien, depuis longtemps, la problématique du territoire du nord seine-et marne et de la politique locale  (ou plutôt des intérêts personnels de la plupart des élus locaux , car on n’est pas, sur ces problèmes, dans la vraie politique).  Pour comprendre, il faut distinguer deux choses : le démantèlement et la fusion.

Le démantèlement: la “mémoire courte” de Bernard Rigault

Bernard Rigault, aujourd’hui, n’arrête pas de clamer que le territoire de la CC est “cohérent”. C’est quand même un peu fort de café ! Quand il s’était agit de fusionner les 3 anciennes communautés de communes, il n’a eu de cesse de s’opposer à ce qu’on appelait à l’époque la “grande interco” (du nord 77) c’est à dire le périmètre actuel de Plaines et Monts de France. J’ai suivi tout ça de très près, publié des articles en pagaille à ce sujet : voyez ne serait-ce que celui-ci. En fait, Bernard Rigault, j’en témoigne, n’a jamais voulu, même quand il était président de la CC “de Dammartin”, l’unité du nord seine-et-marne, sauf s’il pouvait en devenir le président. Et c’est ce qui est arrivé, une fois les élections municipales de 2014 passées (qui donnaient la majorité de l’ensemble à droite, Dammartin et Villeparisis ayant basculé), il a pu enfin, à force de manœuvres et de promesses pour les vice-présidences, être président.

Du coup, le territoire, qu’il avait tant combattu, devenait cohérent aux yeux de Rigault, enfin président !

La fusion

Le pauvre ! Après des années d’obstruction, il est enfin président d’un grand territoire. Et là, patatras ! voici la loi Maptam ! A peine le temps de prendre ses marques et le voilà menacé dans sa présidence ! Car il est clair que si la fusion se fait (et elle se fera, d’une manière ou d’une autre), il ne sera plus président. D’où son “combat”, avec des arguments comme : on va fermer les crèches, augmenter les impôts ou encore le Val d’Oise va nous voler notre argent (je recherche une affiche un temps éditée par la CC, avec des lingots d’or, si vous l’avez, je suis preneur).

Pire, il n’a pas prévu, évidemment,  de “plan B”, même pas voulu, comme l’avait intelligemment suggéré Yves Albarello (revoir ici) , député du secteur et maire de Claye-Souilly, examiner les aspects financiers de l’éventuelle fusion.

Politique de la terre brûlée ou “après moi le déluge” ou le joueur de flûte

Ce faisant, il prend le risque de favoriser le démantèlement. Car, il faut le savoir, il n’est pas impossible (et même probable) que l’État accepte d’inclure l’ensemble des 37 communes dans le nouvel ensemble.

Si le jusqu’au boutisme de Rigault perdure, entrainant avec lui un certain nombre  de vice-présidents de la CC (ça me fait penser au joueur de flute) dont les motivations sont plus alimentaires qu’autre chose, l’État risque bien de s’en tenir au projet initial, c’est à dire le démantèlement et la fusion des seules 17 communes dans le nouvel ensemble. Que vont faire dans ce cas les pauvres 20 communes qui resteront sur le carreau ? Que les maires de celles-ci se posent la question (et ne viennent pas pleurer après…).

Une chose est sûre, si ce scénario devient réalité, Bernard Rigault (qui est en fin de carrière…) en portera seul la responsabilité. Triste clap de fin pour un homme pourtant intelligent, travailleur, imaginatif, et excellent maire (depuis… 1983) de sa commune.

Ce qu’il est possible de faire

Je suis, depuis bientôt 20 ans, avec mon agence de communication VPP (créée en octobre 1996), et plus si l’on compte mes années passées (fin 92/ mi 97) au développement économique de la ville de Tremblay, un observateur (et un commentateur, me corrigeait François Asensi vendredi dernier lors de la signature du “contrat de ville intercommunal”, on en parlera dans la prochaine édition, avec tout le  reste) patenté de ce qu’on appelait à l’époque le pôle de Roissy. Les cartes économiques que j’ai éditées (7 éditions ! au fait la prochaine sera en 2016…), le magazine gratuit Bénéfice.net (25 000 exemplaires) en 1998 , ce Roissymail (depuis 2004) ont eu le rôle de “révélateur” de cette région aéroportuaire  dont les habitants, du sud de l’Oise à Dugny, de Sarcelles à Saint-Pathus, (en passant par Epiais-lès-Louvres !) et les acteurs, qu’ils soient économiques, politiques, culturels ou  associatifs sont si  fiers. J’ai donc la faiblesse de penser que je sais ce dont je parle.

L’union fait la force

“Roissy” aurait dû être une ville nouvelle à l’époque. Aujourd’hui, même en l’absence des communes de Seine-Saint-Denis du secteur, la perspective de la fusion peut-être, malgré son imperfection, une belle opportunité au service du territoire. Car il y a tant de choses à faire en commun ! Prenez le seul exemple de la formation, dont on nous rebat les oreilles depuis des années. Chacun veut faire des choses dans son coin, et finalement personne ne fait rien. Allez, pour rigoler, un exemple, pathétique :  les maires du Mesnil-Amelot et de Marchemoret ont même créé, voici peu, entre eux un “syndicat mixte” pour créer je ne sais quel IUT. Bien sûr, y’a rien …

Que la nouvelle interco, puissante, puisse s’occuper des grands dossiers transversaux : les choses iront plus vite, dans le respect des politiques de proximité que les communes seront toujours mieux à même de mener…  Et il sera toujours temps de prévoir un pont et des actions communes avec les villes du “Territoire 7” qui, j’en suis persuadé, le voudront .

Si je peux me permettre un conseil aux élus de Seine-et-Marne : ne pratiquez pas, comme on vous y a invité le joueur de flûte, la politique de la chaise vide demain. Restez, écoutez, participez… Vous  serez toujours libres !  EV

PS: pour les nouveaux lecteurs ( et peut-être pour le préfet du Val d’Oise), prenez le temps de parcourir la lettre ouverte (en voici une version,  mais au total la lettre a été lue des milliers de fois) que j’avais adressée en son temps à Yves Albarello, pour comprendre le territoire du nord Seine-et-Marne et ses turpitudes passées. Je me réjouis que, depuis, le député (qui est un bon député,comme je l’ai toujours dit)  ait évolué.

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On fait un métier formidable…

Dusan MILUTINOVIC et Erwan LE DOUARON

C’était sûrement un effet collatéral du Vin de Merde (dont l’article, comme je m’en doutais, a fait un tabac d’audience sur RM). Erwan Le Douaron, le directeur de Auchan (Aéroville), m’a invité à une dégustation de vin, mardi soir. C’était sympa. Occasion de faire cette foto avec lui et Dusan (prononcez Douchane!), le directeur d’Aéroville.

Et puis hier midi , j’ai gouté le menu “Fête de la Gastonomie” à l’hôtel Ibis de Roissy Village. Et foto sympa avec Steve Potrel, le directeur de l’hôtel et Kevin Berranda, le chef de cuisine.

Vous comprenez pourquoi je suis en retard sur tout?  EV

avec Kevin et Steve, hier

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