Et si les Grecs allaient se faire voir chez eux ?

Ce n’est pas moi, européen  convaincu, fédéraliste même, qui vais critiquer le principe de solidarité globale entre les États de l’Union européenne, qu’ils soient membres de la zone euro ou non. Comment ne pas se réjouir, par exemple, des progrès vertigineux de pays naguère arriérés, comme le Portugal, qui a rejoint l’Union en 1985, progrès rendus possibles par les aides européennes pour le développement (j’avais été en Algarve en 1975 : c’était le Moyen-Age, j’y suis retourné en 95: quels changements …) ?    Ou pour la Pologne d’aujourd’hui. Tout le monde y a retrouvé son compte :  la production, les échanges, et le niveau de vie ont augmenté. Contrairement aux prévisions pessimistes et démagogiques des anti-européens, le PC français notamment, qui voulait voir l’entrée de l’Espagne et du Portugal une menace contre l’économie et même la civilisation françaises !

Mais une chose est l’aide au “rattrapage” économique, qui passe par le financement d’infrastructures, de grands travaux, une autre est la perversion de la solidarité européenne quand il s’agit de donner de l’argent pour éponger les déficits de “fonctionnement”.  Je veux bien sûr évoquer la “crise” grecque”.

Mais juste avant, je veux m’insurger contre les “experts” de tous poils qui nous expliquaient, et on en était ravi, juste avant la crise, l’exemplarité des économies portugaise, espagnole, islandaise et surtout irlandaise. N’y-a t-il pas moyen, pour l’Union, de certifier les comptes de chaque État?

Quant à la Grèce, si on savait, d’une manière intuitive, que les choses allaient mal depuis longtemps, comment ne pas être indigné quand on a appris que même le gouvernement grec avait publié des comptes insincères avant sa crise !

Il est clair que les Grecs, plus que quiconque, ont vécu largement aux dessus de leurs moyens. C’est ainsi que, à l’instar des particuliers, ils se retrouvent en quelque sorte en “commission de surendettement”.  Il faut lire, c’est très bien écrit et compréhensible, l’excellent rapport, paru le 15 juin dernier, des sénateurs Jean-François Humbert (UMP) et Simon Sutour (PS) . Dans une cinquantaine de pages, les sénateurs (dont on connait le sens  de la mesure) dressent un portrait incroyable de la société grecque. Effectif public pléthorique (25% de la population active est fonctionnaire), salaires de ceux-ci délirants (on apprend que les assistants parlementaires avaient été intégrés dans la fonction publique avec …16 mois de salaires), clientélisme exacerbé, corruption …

Leur fraude fiscale est évaluée à 15 milliards d’euros, l’économie “grise” étant,elle, évaluée de 25 à 37% du PIB. 55% des ménages grecs déclarent des revenus inférieurs au minimum imposable, 1% des entreprises payent 70% de l’impôt sur les sociétés et le distributeur d’électricité grec compte autant d’employés que notre EDF (la Grèce à 11 millions d’habitants) !

Et tout à l’avenant… Franchement, lisez le rapport !

François Baroin a trouvé la pierre philosophale

Comme pour tout le monde, particuliers ou entreprises, l’heure des comptes est arrivée. A force d’emprunter, l’endettement du pays représente désormais 153% du PIB en 2010 et, bien sûr la crise entrainant de moindres recettes fiscales, la situation est devenue intenable.  Craignant la contagion et “les marchés” (les prêteurs, en fait), l’Europe est intervenue déjà en 2010 en engageant 110 milliards d’euros et, cette semaine, rebelote avec 160 milliards d’euros.

Et si on changeait la langue de bois en or?

La lecture des numéros du  “Monde” datés des 23 et 24/25 juillet est édifiante ! Dans  ce dernier on y lit  une déclaration alambiquée de François Fillon (qui était plus franc lorsqu’il avait déclaré, au début du quinquennat, que la France était au bord de la faillite) qui avoue tout de même que l’accord intervenu pèsera à hauteur de 15 milliards d’euros sur la dette de la France (qui en sera quand même à 85.4% du PIB fin 2011!) . Et une interview de François Baroin, “son” ministre de l’économie et des finances  (même page  8 ) qui nous dit,  dans un  numéro de claquette dialectique digne de Georges Marchais, que cela n’aura “aucun impact budgétaire” et que la France “ne s’appauvrit pas” dans l’opération !  Le fils de l’ancien grand maître du Grand Orient de France a enfin trouvé la pierre philosophale …

Bien sûr, il aura fallu défendre l’euro. Mais ce genre de sauvetage s’apparente à un cautère sur une jambe de bois.  Ce qu’il faut faire, c’est que l’Union européenne trouve un système pour empêcher l’endettement massif et indu des pays de la zone euro, et même des pays de l’ensemble de l’Union. A l’heure où, enfin, on va mettre sur pied, en France, un “fichier positif” qui montrera les prêts accordés aux particuliers pour lutter contre le surendettement grandissant, pourquoi ne ferait-on pas la même chose pour les États, dont le surendettement à des conséquences autrement plus graves ?  Il faudra pour cela, enfin, organiser une vraie gouvernance économique de l’Union (tout comme l’armée intégrée européenne, par ailleurs).

Ainsi, les fuites en avant, qu’elles soient budgétaires ou “personnelles” ne seront plus possibles. Les organismes prêteurs ne feront plus n’importe quoi, que ce soit pour les États ou les particuliers. C’est possible et si on ne le fait pas rapidement , l’Union ne survivra pas et notre Europe ne fera pas le poids dans l’avenir, elle déclinera (ça lui est déjà arrivé).

Quant aux Grecs, qui ont bien perdu le sens de la philosophie (Aristote et Platon doivent se retourner dans leur  tombe), faisons en sorte qu’ils nous remboursent intégralement ce que nous leur aurons “prêté”.

Après avoir chanté tout l’été, chers amis grecs, descendants indignes de cette immense civilisation qui nous a tout appris, eh bien dansez maintenant!  Mettez-vous au travail ! Et rappelez-vous la fable de La Fontaine (Le laboureur et ses enfants), inspirée par votre ancêtre Esope : “Travaillez, prenez de la peine : c’est le fonds qui manque le moins”.

Au fait : les Chinois se marrent… Et nous, on a intérêt à méditer et à agir pour que ça nous arrive pas.

EV

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AML Systems s’installe au Mermoz

Vue partielle du "Mermoz"

Le prestigieux immeuble de bureaux “Mermoz“, promu par CBRE Investors, (filiale  de CB Richard Ellis) va accueillir la société AML Systems, un équipementier “global” du secteur automobile. Les 2 partenaires ont en effet annoncé hier, dans un communiqué, que AML avait pris à bail (“vert”), pour 9 ans, 1950 m2. Une bonne nouvelle pour le Bourget, sachant que le Mermoz est situé à côté de la gare RER, promise, comme chacun le sait à devenir un important noeud de communication, avec la future gare “Grand Paris” et l’arrivée de la future Tangentielle Nord qui arrivera à cet endroit en 2014.

EV

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M. Besancenot, ambassadeur de France au Bénin (devenu Prince) rend “grâce à Dieu”

L'ambassadeur-prince avec le roi d'Abomey, Béhanzin (foto tirée du site de l'Ambassade)

Hervé Besancenot aura été pendant 4 ans l’ambassadeur de France au Bénin. Et ce pays de l’Afrique de l’Ouest en aura gardé un excellent souvenir. Preuve en est, le diplomate a été décoré de l’Ordre national du Bénin, le 14 juillet dernier. Mieux, le roi d’Abomey, la capitale du de l’ancien royaume fon du Danhomé, Behanzin, (descendant du fameux Behanzin, défait en 1992 par les troupes du colonel Dodds) l’a intronisé Prince et surnommé “Hontovivé”, ce qui signifie “ami sincère” dans la langue fongbé.

Vous pourrez voir plusieurs fotos de cette cérémonie sur le site de l’Ambassade de France au

Hervé Besancenot aura été 4 ans ambassadeur de France au Bénin. Ici lors de la fête de la Francophonie, à Cotonou en 2009 (ci-dessous)

Bénin. Et, sur un site d’information locale, l’Araignée (à lire ici), le discours du nouveau Prince d’Abomey qu’il termine en rendant “grâce à Dieu pour tout ses bienfaits“,

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