Les fusions tournent à la confusion ! Un communiqué surréaliste d’Albarello et de ses amis. Mitry au purgatoire !

En jaune, le projet des communes fusionnées, en orange, celles rejetés (doc étude Alba)

J’avais dit dimanche que j’arrêtais mes articles sur les “débats” (qui n’en sont pas) à propos des problèmes d’interco en Seine-et-Marne Nord-Ouest.

Mais a été publié cet après-midi un communiqué incroyable d’Yves Albarello, maire (UMP) de Claye-Soully et député de Seine-et-Marne que je vous invite tous à lire instamment ici et qui vaut cette édition spéciale de RoissyMail (qui  nous coûte cher, donc rare).

Tout le “débat” tourne autour de l’adhésion ou non de Mitry-Mory, de Compans et accessoirement de Villeparisis (qu’on n’entend pas) et de Le Pin.

Suite aux réactions des élus qui avaient boycotté le vote de la CDCI (revoir l’article d’hier ci-dessous), Yves Albarello et ses amis ont donc réagit, plutôt en défensive en disant  qu’ils n’avaient rien contre Mitry et Compans, qu’il n’avait pas de leur part ni “exclusive ” ni ostracisme. Et que la “porte restait ouverte” (hum, pas celle de “La Brie”…).

Voyons comment l’ouverture albarellienne se fait. Il dit, en essence,  à Mitry et à Compans :

(les phrases en bleu sont tirées du communiqué)

1) c’est la gauche qui a voulu vous envoyer en Seine-Saint-Denis, allusion au vote du 16 décembre à la CDCI ( ce qui est risible… ndlr)

2) on veut pas de vous dans la future fusion parce que vous menacez notre ruralité :

Les trois communautés de communes ont souhaité fusionner car elles ont en commun un caractère rural bien affirmé que ne possède pas la ville de Mitry-Mory, riveraine de l’agglomération parisienne de la Seine-Saint-Denis“.

3) si vous êtes sages, vous pourrez demander (avec une robe de bure et après avoir fait pénitence ? ) plus tard  votre intégration :

Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’elles rejettent Mitry-Mory : rien n’empêche Mitry-Mory, ainsi que Compans, de faire acte de candidature une fois la fusion effectuée.
Une telle candidature aurait alors l’avantage de montrer que Mitry-Mory, malgré sa propension urbaine, entend respecter le caractère rural du Nord Seine-et-Marne
. (on rêve : j’ai relu 10 fois pour y croire, sans visky !)

4) je veux bien (royal au bar, Yves ) vous réintégrer en 77 mais vous devez d’abord passer au purgatoire, vous unir avec Compans et après on verra:

Nous souhaitons vivement que Mitry-Mory et Compans restent en Seine-et-Marne et rejoignent à court terme nos trois communautés de communes fusionnées.
Pour cela, nous ne pouvons qu’être favorables à l’idée du Préfet de créer entre Mitry et Compans une communauté qui pourra ensuite fusionner avec la nôtre“.

C’est déjà la sienne…   “Nous souhaitons vivement”… Ah Albareland !

Aux maires (de droite) des villages

Et le reste à l’avenant… J’ai hésité avant de publier cet édito, car il n’est jamais bon de jeter de l’huile sur le feu. Et ça va me couter 150 ans de fâcherie avec Alba et certains (pas tous) de ses amis, mais là, faut pas pousser mémère dans les orties, comme on disait quand on était petit.

Mais là, c’est le pompon et je ne pouvait pas ne rien écrire : je n’ai, de mémoire, jamais vu une prise de position aussi tordue (je dis bien tordue), je dirais même “stalinienne”, et pourtant, j’en ai vu des trucs, vous pouvez me croire. C’est même comique, si le sujet n’était pas si important.

Je continue à dire (et je sais bien que quelques d’amis d’Y. Albarello, et pas des moindres,  pensent comme ça, mais malheureusement, ils ne peuvent le dire : ils devraient) que cette grande interco (comprenant les trois cantons) est nécessaire pour le territoire et qu’il est encore temps de dialoguer en laissant les couteaux (que Mitry ne porte plus depuis longtemps entre les dents) au vestiaire. C’est dommage que les coups de téléphone promis jeudi n’aient pas été passés (comme je m’y attendais un peu, je dois le dire). Et ce n’est pas parce qu’on est en période électorale que le vie s’arrête.

On reconnaitra tout de même à Yves de noter, avec raison, les “progrès” dans l’expression globale de Mitry et qu’il leur  précise que l’interco n’a rien à voir avec la localisation des services publics.

Je le redis : n’ayez pas peur de Mitry-Mory. Ils ont leurs traditions et leur orientation (et leurs exagérations…). Mais ils ne sont pas bornés, ils aiment la chose publique et les gens et, par ailleurs, la ville, quoi qu’on en pense, est bien gérée. Ils font un bon boulot, même en matière de développement économique (regardez le succès de la Villette-aux-Aulnes).  En tout cas ils remportent (avec des scores… “soviétiques”) depuis plus de 80 ans toutes les élections municipales. Le RPR et maintenant l’UMP le savent très bien, pour s’y être cassé les dents lors des 3 élections municipales passées. A noter aussi, j’oubliais, que le caractère “urbain” de Mitry (et le village de Compans alors ?) n’empêche pas Y Albarello de souhaiter leur participation au CDT (CDT en danger: si ça continue comme ça, y’aura plus personne au CDT) : comprenne qui pourra.

Partout, dans la région du Grand Roissy, les intercos fonctionnent bien, avec des élus de toutes tendances. Regardez, chers maires de droite 77, la CC Roissy Porte de France: depuis des années le président (bien de droite, je peux vous le dire) P. Renaud et son mentor André Toulouse travaillent avec les socialistes de Fontenay-en-Parisis, de Vémars,du Thillay, et les communistes de Marly et de Fosses : jamais un problème depuis tout ce temps. Et voyez l’excellent travail qui a été fait depuis ces années: ce n’est pas l’Etat qui a encouragé ce travail, ce  sont les élus tous seuls. Demandez à André Toulouse !  

Regardez, chers maires de communes rurales de droite, amis d’Yves Albarello : la même CC Roissy Porte de France s’apprête à accueillir Goussainville (Mitry, à coté, est un havre de paix sociale) sans que les villages comme Epiais, Chennevières, Le Plessis-Gassot ou Puiseux-en-France n’y trouvent rien à redire car ils n’estiment pas leur “ruralité” menacée. Pensez-vous que les villages qui sont dans la CA (je dis bien CA) du Pays de Meaux sont menacés dans leur ruralité ?

Mais un échec, je le redis pour terminer, sur la question de “Mitry” hypothéquerait l’avenir, y compris celui, si par extraordinaire, les positions devaient se figer, de la future interco “sans Mitry&co”.

Chacun, préfet (dont l’implication politique est incompréhensible) compris, devra prendre ses responsabilités. Nous avons pris les nôtres en écrivant ce papier… imprévu.

EV

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