L’affaire du centre d’appel du STIF: le point de vue de N. Cherradi, ancien directeur du GIP emploi Roissy CDG

Le renouvellement du contrat “centre d’appel” du STIF a fait (entre autres…) le buzz  de juillet (y’en a eu d’autres …). Contacté à ce sujet par RoissyMail, Nouredine Cherradi, ancien directeur du “GIP Emploi” Roissy CDG, et … “franco-marocain” nous a fait part de ses sentiments et, avec son autorisation, nous les publions volontiers ici.

C’est un vrai problème, semblable à bien d’autres. D’un côté la volonté de “préserver” (le mot est significatif) les emplois en France et de l’autre le développement des pays en voie de développement ou “émergents”. Au milieu la mondialisation, qu’Arnaud Montebourg et ses copains veulent “démondialiser”. Je pose une question (un débat estival?) , surtout aux générations de l’après 1968 : comment voulez-vous que les pays autrefois appelés “sous développés” puissent accéder au développement s’ils n’ont pas accès aux marchés des pays “développés” ? Et notamment se servir de leurs avantages dans la compétition, notamment le bas niveau de leur main d’œuvre pour pouvoir décoller ? Et qu’en pense l’excellent Pascal Lamy, Directeur général de l’OMC, et membre éminent du PS?

Voici le topo de M. Cherradi qui pose, à mon avis, les bonnes questions.

Dernièrement une amie, chef d’entreprise, m’a demandé de lui trouver un Call Center au Maroc pour effectuer du phoning auprès de ses prospects. Je me suis alors rapproché de ce milieu pour  lui trouver un prestataire adéquat, si bien que j’étais bien préparé quand le 27 juillet j’ai entendu l’info publiée par Le Parisien concernant le Conseil Régional Ile de France qui délocalisait son centre d’appel au Maroc, le nouveau  prestataire disposant d’une plateforme téléphonique au Maroc, menaçant de facto 80 emplois en France. “La société Webhelp travaillait depuis 2006 pour le STIF dans le cadre d’un marché public de trois ans, renouvelé en 2009. Elle possède en France deux centres téléphoniques employant quatre-vingts personnes assurant les relations avec les clients. Ces centres sont situés à Saint-Avold (Moselle) et Fontenay-le-Comte (Vendée), deux villes de moins de 20 000 habitants”.

Webhelp allait donc licencier 80 personnes sur ces deux petits sites en France.

1-       80 emplois menacés :

Les professionnels des centres d’appels sont inquiets, car les délocalisations dans ce secteur menacent de nombreux emplois dans l’Hexagone.

Bizarre, bizarre, Webhelp est installé au Maroc !! Il n’est pas le seul, une simple visite à leur site internet est éloquente.

Morceaux choisis :

« L’externalisation offshore des centres d’appels…

Le Maroc, grâce à son niveau de francophonie élevé, ses coûts salariaux très compétitifs et son excellent réseau de télécommunications, s’impose comme la première destination pour ces activités de relation client avec plus de 4000 positions. »

« Externaliser – de nombreux avantages pour les entreprises

  • Une flexibilité accrue en raison de la souplesse des législations, et des comportements sociaux permettant de gérer les pics d’activité avec une réactivité difficile et très coûteuse en métropole.
  • Une qualité identique et parfois supérieure grâce à des téléconseillers maîtrisant le français sans accent, recrutés sur des profils académiques (bac +3/bac +4 en moyenne) nettement supérieurs à leurs homologues métropolitains.

Externaliser avec Webhelp, un réseau pionnier des centres d’appels offshore…

Disposant pour le marché français d’une capacité de 4 500 positions de travail au Maroc, (10000 dans le monde), Webhelp est également le seul prestataire offshore certifié ISO 9001/2008 pour l’ensemble de ses activités

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La moisson à la peine….

La moisson à Epiais-lès-Louvres, sur le champ de M. Clément... (DR)

La moisson de blé a commencé un peu en retard, le 17 juillet, dans notre secteur de Roissy et, la semaine dernière, il a fallu arrêter, alors qu’à peine la moitié de la récolte était engrangée. La faute à la météo qui joue avec les nerfs des agriculteurs depuis des mois. Selon M. Fossier (Louvres), la qualité et la qualité des blés devraient se situer dans la moyenne des 5 dernières années, ce qui n’est pas mal.

Rappelons que l’agriculture est un secteur important de l’activité économique du Grand Roissy. Cette foto me semble particulièrement symbolique de la … rurbanité !

EV

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Le point de vue de l’ambassadeur de France sur les relations franco-béninoises

S.E M. Jean-Paul Monchau (foto du site web de l'Ambassade)

L’ambassadeur de France au Bénin, S.E M. Jean-Paul Monchau, en poste depuis l’an passé, a accordé une interview aux journalistes de la presse béninoise. Vous pourrez en voir le contenu ici, sur la version numérique du journal “La Nouvelle Tribune”.

Le diplomate passe en revue les relations  franco-béninoises, pour lesquelles il se déclare “optimiste”. Coopération multisectorielle : culture, santé etc. Mais aussi militaire en raison notamment de la recrudescence de la piraterie au large des cotes du golf du Bénin, qui met en danger le trafic maritime et, partant, la bonne santé des ports de la sous région.

L’ambassadeur est même allé jusqu’à déclarer que l’État de droit au Bénin pouvait être amélioré, mentionnant notamment le système carcéral ou le travail des enfants (allusion aux “vidomégons”, terme qui désigne les enfants “confiés”, sorte de “Cosettes” africaines) et même au trafic d’enfants: “un drame qui perdure au Bénin”.

Vous avez les meilleurs ananas du monde…

Sur le plan économique, l’ambassadeur met le doigt sur deux dossiers délicats du moment: le PVI (programme de vérification des importations” ( mis en place pour lutter contre la corruption au Port de Cotonou et augmenter les recettes fiscales du pays) qui, visiblement, est en panne. Idem pour le problème des “intrants” du coton (principale exportation du Bénin) qui inquiètent beaucoup les producteurs pou leur prochaine récolte, en décembre.

S’agissant de l’économie africaine en général , J-P Monchau souligne les progrès réalisés ces dernières années (croissance, désendettement, infrastructures, transport aérien, télécoms et TIC). Mais pour le Bénin, il estime prudemment qu’il y a quelque chose à améliorer en termes de gouvernance économique. Et de rappeler que, si la croissance du pays a été de l’orde de 3.5 ces dernières années, la croissance démographique (du même taux) empêche le pays d’être qualifié “d’émergent”. Mais il y a pire, souligne le diplomate : la pauvreté au Bénin a augmenté ces trois dernières années.

Vendeuse d'ananas au Bénin: si vous en trouvez en France (y'en a), goutez-en, vous verrez ! Et de donner son sentiment:   Néanmoins, ce n’est pas possible qu’un pays comme le Bénin s’arrête aux deux secteurs économiques que sont le port et le coton. Ce pays est fertile. Comment est-il possible que l’agriculture ne soit pas davantage tournée vers l’exportation ? Je crois que les autorités y travaillent ardemment. J’ai entendu qu’une usine de fabrication de tracteurs va être lancée ici au Bénin, financée par l’Inde, il faut s’en féliciter. Dans un pays comme le Bénin, l’agriculture est la base de l’économie. Je suis persuadé qu’il y peut avoir des filières ananas, noix de cajou, karité, etc… qui ne demandent qu’à être développées. Vous avez ici les meilleurs ananas du monde (je confirme, EV), ça ne fait aucun doute, pourquoi pénètrent-ils si peu le marché français par exemple ?

Interview à lire aussi sur le site de l’ambassade, très bien fait, et régulièrement mis à jour.

EV

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Le Bénin a fêté ses 52 ans d’indépendance

Les drapeaux béninois déployés, juste devant le Présidence de la République

Le 1er aout, c’était le jour de  fête nationale au Bénin, qui commémore la date de l’indépendance du pays. Pour l’occasion, un grand défilé militaire était organisé à Cotonou, la capitale économique et plus grande ville du pays.  D’autres manifestations se sont déroulées dans certaines autres villes du pays, comme Lokossa.

Faute d’avoir pensé à temps à demander un accréditation pour faire des fotos, j’ai préféré regarder le défilé à la télé nationale (l’ORTB, mais le Bénin dispose de plusieurs chaines privées comme Golfe TV ou LC2, Canal 3 …). Défilé bien organisé, devant les personnalités, le chef de l’État M. Boni Yayi (qui est aussi président en exercice de l’Union Africaine) et le maire de Cotonou, l’ancien président (ami de J-M Ayrault), Nicéphore Soglo, notamment.  Voyez ce qu’en a dit Ghislain Gbénakpon, journaliste au quotidien Nokoué : c’est ici.

Voyez, à propos des indépendance africaines, ce visuel diffusé sur RFI: cliquez et cliquez ensuite sur les 12 objets. C'est super !

La politique reprend le dessus

Après les cérémonies, le Président de la République a donné une longue interview aux chaines de télé. Dans un contexte économique morose et dans une situation politique un peu confuse, nombre de journaux et leaders de l’opposition ont critiqué fermement les propos du Président (réélu pour un second mandat de 5 ans en 2011) tandis que le parti présidentiel (les FCBE) les ont tout aussi fermement défendues. C’est à voir ici.

C’est toujours un peu difficile, sans être vraiment dedans,  de comprendre les enjeux de  politique intérieure au Bénin, du moins de l’extérieur et malgré la certaine connaissance que j’en ai, depuis des années. Nos traditionnels clivages droite-gauche ne sont guère de mise ici, les alliances entre partis sont mouvantes et c’est un peu comme chez nous, tout le monde dramatise à outrance.

Ce qu’il faut retenir au moins, c’est que le Bénin, depuis la fameuse Conférence territoriale de 1990 (sorte d’États-généraux qui a mis fin, d’une manière exemplaire, à la dictature militaro-marxiste-léniniste), est une aussi jeune que vraie démocratie. Ce qui en fait une exception notable en Afrique. Les élections se font régulièrement et sous contrôle international, la presse est libre et foisonnante (avec aussi ses défauts de jeunesse),

D’un point de vue français, et pour mieux comprendre la situation politique et économique, il sera très intéressant que vous lisiez l’interview, fort bien faite, que  S.E M. Jean-Paul Monchau, ambassadeur de France près le Bénin (depuis l’année dernière), a accordée récemment aux médias béninois ( voir dans ce numéro 651 de RM).

EV

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