Louvres 2004 : les voeux les plus courts de l’Histoire

relire ce grand moment des vœux de Guy Messager fin 2004

Les vœux de Jean-Pierre Blazy me refaisaient penser à ce grand moment. Mais je ne me souvenais plus  c’était quand. J’ai donc appelé Guy Messager, qui fut maire (centriste) de Louvres de 1982 à 2012. Oh! ça doit faire  15 ans me répond-il.. Il n’était pas loin…

J’avais appris à mieux le connaitre lors d’un voyage du Conseil général du Val d’Oise au Japon, en octobre 2001 (revoir ici). Comme on était les deux seuls fumeurs du groupe (il a arrêté depuis…) on a parlé souvent au pied des immeubles…

Et j’étais invité à ses vœux, bien sûr . Et à chaque fois, c’était comme à Gonesse (ou presque…), long film, discours fleuve . Chaque année, je lui disais, tu sais Guy, au bout d’un certain temps, les gens n’écoutent plus …. Puis une autre année: tu devrais poster deux agents de la mairie à la sortie de tes vœux et qu’ils demandent aux gens ce que ‘ils ont retenu de ton discours…

Cette année là donc, je vais à ses vœux, le 22 décembre 2004. J’arrive juste… A peine le temps de prendre une foto, le maire prend la parole…   Voici le compte-rendu que je fais sur RoissyMail (ancienne version), le lendemain    : A 19 H 30, le maire et son équipe montent sur l’estrade. Guy Messager, sourire en coin, demande à l’assistance de chronométrer, mais personne fait attention à ce détail. Puis il dit, en substance, après avoir souhaité la bienvenue à tous: « On m’a demandé de faire un discours court. Eh bien je ne ferai pas de discours court » (à ce moment, les sceptiques jubilent) je ferai un discours ultra court! On vous a distribué un livret sur l’activité de la municipalité en 2004: je vous en souhaite une bonne lecture et vous invite à passer sans plus tarder au buffet! ».

Tout le monde était soufflé, et c’est tout sourire que les quelques 400 invités ont applaudi. EV

Partagez cet article

Une interview incroyable de Patrice Quarteron

cliquez pour voir l'interview. Bluffante !

Patrice Quarteron, pour ceux ne le connaissent pas, né à Sevran en 1979 , est champion du monde de boxe thaï. On m’a signalé cette interview récente à Sud Radio. Je vous conseille vivement de la regarder, jusqu’au bout. Il est cash, sans complexes à propos des “quartiers”, du “racisme”, etc. Ca change de la soupe et des poncifs maso  habituels Jamais entendu ça. Heureusement pour lui, il est Noir! S’il avait été Blanc et “gaulois”, j’imagine déjà la bronca de nos bonnes âmes habituelles ! EV





Partagez cet article

Il faut (vraiment) se méfier des mots (que j’aime, pourtant)

ce panneau est situé rue de Belleville, non loin du métro Pyrénées. Depuis longtemps...

Par définition,  les langues vivantes vivent. Le sens des mots évolue, d’autres, nouveaux, apparaissent  (chaque année le Petit  Larousse en rajoute une liste : voyez ceux de 2018, et ses surprises). Jusque-là rien d’anormal. Mais il y a aussi les mots et le sens des mots, des glissements sémantiques, des expressions qui apparaissent selon… les modes du moment. Très franchement, ça m’énerve un peu.

J’en avais noté ces temps-ci quelques uns. Les voici, dans le désordre chronologique :

Fier” : aujourd’hui, tout le monde est fier de … tout et de n’importe quoi. On a été récemment abreuvé de “fiers d’être Français” après la victoire de la Coupe du monde. Je ne vois pas pourquoi beaucoup sont “fiers d’être Français” … Donc si on avait perdu, ils auraient été “pas fier d’être Français”…? Ce mot fier, de mémoire, a commencé voici une bonne trentaine d’année avec les “Gaypride” nées aux USA et reprises en France, sous le terme “Marche des Fiertés homosexuelles”, devenue à son tour Gay Pride . Franchement, je ne vois pas en quoi on peut être “fier d’être homosexuel”… Pourquoi n’y a-t’il pas de “Fiertés bissexuelles, ou hétérosexuelles” ou … de Tailleurs de pipe ? Et il y a eu, tout récemment, à Paris, magnifiés par la mairie de Paris  et le gouvernement, des… Gay Games, compétition sportive “internationale” réservés aux “gays” (expression somme tout honteuse et hypocrite, employée par la “société civile” (pour ne pas dire “homosexuel”…) qui a, été j’en témoigne (on ne disait pas “discriminé” à l’époque) odieuse pour le moins, voire criminelle vis à vis des homosexuels, les mettant au ban de ladite société. Il n’y a pas si longtemps que ça… Des histoires dramatiques comme ça, j’en ai connu plein, de près.

Toujours aux USA, je suis tombé, une année lorsque j’étais en reportage à Washington, sur une inattendue “Haïtian Pride”. Un défilé festif somme toute sympathique d’Haïtiens réfugiés, (nombreux aux US) … Mais je m’étais posé la question : compte-tenu de l’histoire de ce pays jusqu’à nos jours, je ne crois pas que j’aurais été “fier” d’être Haïtien …

Résilience” : alors celui-là est tout récent chez nous. Je ne connaissais pas ce mot. A en croire le Larousse (voir ici), il s’agit d’une “caractéristique mécanique définissant la résistance aux chocs d’un matériaux”. Puis on a entendu de plus en plus ce terme avec les attentats islamistes, s’agissant de la capacité des Français à résister ou plutôt à encaisser ces autres chocs. Et, comme une trainée de poudre, tous les journalistes se sont mis en à l’employer. Marrant, je trouve…

Les associations” : alors celui là est employé par les médias,à toutes les sauces. Un problème quelconque et on évoque systématiquement la position des “zassociations”, comme je les appelle, sans qu’on ne sache jamais lesquelles et ce qu’elles représentent. Idem quand est interviewé un responsable d’une association (dont on voit cette fois le nom), on ne sait jamais ce que ladite association représente, en terme de représentativité. Or seulement trois personnes sont nécessaires pour en créer une…

Société civile” : pareil. On entend ce mot sans arrêt. Qui selon moi, ne veut rien dire (voir ce qu’en dit wikipedia). Pas loin le fameux “vivre-ensemble”  glorificateur (rédempteur ?) dont on nous rebat les oreilles depuis quelques années (y’a même une “mission Vivre Ensemble” créée par le ministère de la Culture ! voir ici)

Valeurs” : c’est surtout l’apanage de de beaucoup de politiciens actuels qui n’ont rien à dire (excusez ce presque pléonasme). Surtout, depuis des années les PS et LR, j’ai remarqué. “nous défendons nos valeurs”, répètent-ils tous en boucle depuis quelques années, sans qu’on ne sache, évidemment, lesquelles.

Blacks, race/ racisme, personnes âgées, dodus et autres enrobés ou corpulents, élèves en difficulté, quartiers difficiles...”:  Il y a un bon moment qu’on ne dit plus Noir, mais Black, ce qui veut dire évidemment la même chose. C’est surtout les Blancs d’ici qui ont introduit ce mot. Comme s’ils avaient peur que le mot Noir soit je ne sais quoi, discriminant ? Ce qui n’empêche certains Noirs, ici et ailleurs, sur les réseaux sociaux notamment, de se déclarer être “fiers d’être Noir”. Sans parler des petits connards, (Blancs) dans le sud de la France qui avaient “manifesté” contre un pâtissier qui vendait le gâteau bien connu “Tête de Nègre” !  A une époque où “tout le monde” voit du racisme partout, le projet constitutionnel a  supprimé  le mot “race”  dans l’article 1er. Plus de race, donc plus de racisme… Ben des pays “racistes” comme la France, j’en veux bien tous les jours…

Que dire des vieux? Il y a plus de 40 ans que ce mot à quasiment disparu. Même l’organisation para-communiste “Union des Vieux de France” a changé son nom (voir ici, ses virages sémantiques).  Plus personne n’est vieux, pas même à 80 ans (le principal étant d’être “jeune dans sa tête”) . Ce mot est devenu une insulte. La bienpensance s’est tortillée, ces dernières années, pour trouver des mots de remplacement. Il y eu d’abord “personnes âgées” mais rapidement les mêmes ont pensé que ça faisait encore “vieux”. On a eu aussi “anciens” , mais ça aussi c’était trop…  On en est à “séniors”. Je vais avoir 64 ans, mais moi je me considère comme vieux  sans problème. Ah, au fait, le mot vieillard a complètement disparu de la circulation.
Les “gros“: bien sûr plus personne n’est gros (au moment où, en France comme ailleurs, y compris dans les pays sous-développés, le nombre de gros augmente sans arrêt). Gros, c’est comme vieux, c’est devenu une insulte. J’avais une collaboratrice qui pesait … 130 k. Un jour je dis à un de mes correspondants, qui ne voyait pas de qui je parlais, “tu sais, la grosse…”. Le correspondant en question s’est souvenu, (évidemment) tout de suite, du coup, mais en me lançant un regard noir, me reprochant sûrement d’avoir employé ce mot qu’il jugeait certainement insultant. Donc on peut faire 130 k (pour 1.60 M ) et ne pas être gros. Ce qui fait qu’on en est  à… corpulent, (surpoids a été employé pendant un moment, vite abandonné, car trop évocateur), enrobé (c’est déjà trop), fort, costaud (ça fait… sportif), j’ai même entendu : confortable ! Etc.

C’est comme les maigres, dans l’autre sens. Il n’y a plus de maigres : seulement des fins, voire très fins…

Et il n’y a plus, depuis des années, de “mauvais élèves” (c’est traumatisant…), il n’y a plus que des élèves “en difficulté”. Expression malheureuse qui n’encourage pas les intéresses  à progresser.

Trop long ! Mais driller et … malaisance quand même

Bon, je suis déjà trop long. Faut dire qu’il y en a plein, “trop même” comme on dit en Afrique. Allez, pour le fun:  “défusion”, “déprotéger” (employé par le nouveau Secrétaire général FO à la télé, peu après son élection), inclusif (et son orthographe e-e…), supporterisme, court-voiturage, diversité et même “driller” (noté cette phrase : il nous permet de “driller” au maximum tous les scenarii que nous serons amenés à rencontrer sur le théâtre) qu’à ce jour je ne comprend toujours pas.

Et, tout récemment, j’ai entendu , pour la première fois, le mot ” malaisant “.

Bon, “à très vite” (selon l’expression à la mode, notamment sur les mails ou SMS) pour une suite. “Pas d’souci” (puisqu’on ne dit plus plus “pas d’problème”, parait que c’est stressant…)  EV

Partagez cet article