Gonesse rêve d’accueillir Roland-Garros

L’EPA Plaine-de-France propose de délocaliser Roland-Garros sur 22 hectares au Triangle de Gonesse (ci-dessus, les courts de tennis sont représentés en rouge).

Rafael Nadal soulevant le trophée de Roland-Garros sur la terre ocre de… Gonesse ! Non, vous ne rêvez pas. La commune valdoisienne pourrait bien à l’avenir accueillir les internationaux de France de tennis.

Porté par l’Etablissement public d’aménagement (EPA) Plaine-de-France (cliquez ici) , le projet fait partie des trois derniers sites étudiés par la FFT (Fédération française de tennis) en cas de délocalisation éventuelle du tournoi du grand chelem à l’horizon 2015.

Le triangle de Gonesse, où seraient aménagés les courts, est concurrencé par Versailles (Yvelines) et Marne-la-Vallée (Seine-Saint-Denis). Le site d’Evry-Bondoufle (Essonne) n’est pour sa part plus en course.

Roland Garros à Gonesse... Vous y croyez, vous ? Hervé Dupont, DG de l'EPA Plaine de France y croit, lui. Réagissez à l'article

Hervé Dupont, le président de l’EPA Plaine-de-France y croit dur comme fer. «Au début, il y avait une quinzaine de candidats. Nous sommes maintenant dans la short list», s’est-il réjoui devant la presse lors d’une visite du Triangle de Gonesse.

Déjà auteur d’une tribune dans le journal Le Monde pour promouvoir le dossier gonessien, le maire (PS) Jean-Pierre Blazy fait autant de lobbying qu’il le peut. A chacun de ses déplacements, il ne manque pas de revenir sur le sujet, comme ce fut le cas mardi soir lors de l’inauguration des ateliers locatifs situés dans le quartier des Tulipes sud. Le 3 juin dernier, il a rencontré Gilbert Ysern, le directeur général de la FFT.

Trois mois plus tôt, Jean Gachassin, le patron du tennis français, s’était déplacé en personne à Gonesse pour remettre le trophée du tournoi international féminin organisée chaque année dans la ville. Pour marquer son enthousiasme, Jean-Pierre Blazy a même été jusqu’à faire installer une bannière «Oui à Roland-Garros» sur une passerelle surplombant le BIP (Boulevard intercommunal du Parisis).

Vu de loin, le projet de l’EPA apparaît comme un pari fou... Il présente pourtant de nombreux avantages. D’une part, un espace foncier immense : 22 hectares situés sur une plaine agricole à des lieux de toute habitation. D’autre part, la proximité des aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et du Bourget. De quoi faire réfléchir les dirigeants de la FFT, qui tiennent à agrandir le site actuel (de seulement 8 hectares) pour rejoindre les dimensions des trois autres complexes accueillant des tournois du grand chelem, Wimbledon (18 hectares), Flushing Meadows (14 hectares) et Melbourne (environ 20 hectares). Les pontes de la balle jaune en France souhaitent également doter Roland Garros d’un court central avec un toit rétractable. Condition indispensable pour faire jouer des matches de nuit et en cas de pluie.

Inconvénient : les transports

Avec ses 22 hectares situés en zone non urbanisée, Gonesse bénéfice d’un sérieux atout dans sa manche. Mais le Triangle de Gonesse a aussi ses faiblesses. Notamment, les avions. Et ce, bien qu’il se situe en zone C et D du plan d’exposition au bruit (NDLR : ce qui correspond à une exposition au bruit modérée voire faible). Les défenseurs du site de Gonesse assurent toutefois que c’est moins bruyant que la porte d’Auteuil. Et sans doute beaucoup moins que Flushing Meadows, pas épargné par la proximité de l’aéroport La Guardia.

Autre inconvénient, et non des moindres : son accessibilité. Situé près de l’autoroute A1, le Triangle de Gonesse n’est pour l’instant pas ou peu (seul un bus passe à côté) accessible en transports en commun. Hervé Dupont mise toutefois sur la réalisation du barreau de Gonesse (pour relier le RER D au B) à l’horizon 2017 et sur l’aménagement d’une gare du «Grand huit» – le métro automatique du Grand Paris – sur le site du Triangle. Mais sur ce point, rien n’est encore gagné.

Autre point jouant en défaveur de Gonesse : la volonté du maire (PS) de Paris Bertrand Delanoë de garder les internationaux de France de tennis Porte d’Auteuil en augmentant le site parisien de 5 hectares. Info ou intox : l’édile socialiste a affirmé avoir reçu le soutien de Nicolas Sarkozy, à l’issue d’un déjeuner avec le chef de l’Etat le 7 juin. «L’Etat est neutre dans cette affaire, affirme de son côté Hervé Dupont. C’est la FFT qui décidera en février.»

Ludovic Luppino

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1 réflexion au sujet de “Gonesse rêve d’accueillir Roland-Garros”

  1. -Il aurait fallut peut-être y penser avant, car les réalisations récentes de voirie ne laissent rien présager de bon en la matière (circulation bloquée en permanence-rétrécissement de chaussée à la sortie de Gonesse au niveau de la poste centrale-voie unique sur la route du golf). Plan de circulation réalisé en d’une manière incohérente.-
    -Il faut donc revoir totalement la circulation à Gonesse.
    -Finalement je dirais simplement: assez de démagogie…

    BD

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