Roland-Garros à Gonesse : l’EPA Plaine-de-France passe son grand oral samedi

Hervé Dupont, directeur général de l'EPA Plaine-de-France, présentera le projet de Gonesse samedi aux élus de la Fédération française de tennis.

A l’étroit dans le seizième arrondissement parisien, Roland-Garros doit s’agrandir. Quittera-t-il pour autant la capitale en 2016 ? Rien n’est encore décidé mais les communes de Gonesse (Val-d’Oise) et Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne), candidates à la délocalisation du tournoi du Grand chelem, passeront leur grand oral samedi  à la fédération française de tennis (FFT), laquelle tranchera en février lors de son assemblée générale. Deux autres villes sont sur les rangs : Versailles et bien sûr  Paris, dont le maire (PS) Bertrand Delanoë, veut absolument que le tournoi mythique reste à la Porte d’Auteuil.

Dans son édition de jeudi, le quotidien L’Equipe a consacré un dossier sur le sujet, en établissant un classement des projets avec leurs avantages et leurs inconvénients, agrémenté d’une interview du président et du directeur général de la FFT, et d’une infographie. Selon le journal sportif, le Triangle de Gonesse n’aurait que 15% de chance d’accueillir le tournoi dans six ans. Mieux que Versailles (5%) mais moins bien que Marne-la-Vallée (25%) et surtout Paris (55%).

Le pronostic de L’Equipe ne semble toutefois pas émouvoir les responsables de l’Etablissement public d’aménagement (EPA) de la Plaine-de-France, porteur du projet valdoisien, qui préfèrent souligner les avantages du Triangle de Gonesse.

«Nous avons de loin le site le plus proche de Paris, avec une accessibilité en transports en commun et en voiture supérieure à celles de Versailles et de Marne-la-Vallée», a affirmé Hervé Dupont, le directeur général de l’EPA Plaine-de-France, jeudi lors d’une conférence de presse.

Reste que cette accessibilité se conjugue au futur. Le barreau de Gonesse, qui doit relier la ligne B à la ligne D du RER, ne sera achevé qu’en 2017. Quant au prolongement de la ligne 14 du métro, étudié dans le cadre du Grand Paris, il ne serait effectif qu’en 2023… Pas un problème aux yeux d’Hervé Dupont. «En 2016, nous pourrons gérer le transport des spectateurs en mettant des navettes au départ de la gare RER de Villepinte», assure-t-il.

Et que dire du côté «peu glamour» du projet pour reprendre la critique émise par L’Equipe. «Il n’y a pas de raison que les VIP ne viennent pas à Gonesse puisqu’ils vont déjà au Stade de France et au salon du Bourget, souligne Emmanuel de la Masselière, directeur de la stratégie et de la qualité urbaine à l’EPA. A l’instar du Stade de France, Roland-Garros à Gonesse serait une incarnation très forte de l’évolution de l’image du nord de Paris.» Au sujet des nuisances aériennes, Hervé Dupont certifie que le Triangle de Gonesse est «moins bruyant que la Porte d’Auteuil» et que «pas un avion ne le survole».

Dans son interview donnée à l’Equipe, le président de la FFT Jean Gachassin se montre plutôt élogieux au sujet de l’EPA Plaine-de-France : «Pour Gonesse, on n’a pas encore le dossier complet mais ce n’est pas mal non plus. Ce sont des gars qui y croient, qui ont cravaché.»

Estimé à 500 millions d’euros, le projet de Gonesse, avec ses deux courts équipés d’un toit rétractable et ses 22 hectares, présente de beaux attraits pour l’avenir du tennis français. Ses dirigeants sont-ils toutefois prêts à déménager ? «Si nous restons ici, est-ce dans dix ans on ne devra pas se reposer la question : [On est à l’étroit, qu’est-ce qu’on fait ?]», s’est interrogé Jean Gachassin dans L’Equipe. Un dilemme encore loin d’être tranché.

Ludovic Luppino

Une vue du Triangle de Gonesse depuis un hélicoptère lors d'un survol du secteur, organisé jeudi par l'EPA Plaine-de-France.
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