Hausse du cours du blé : le prix de la baguette risque d’augmenter

La boulangerie du Mesnil-Amelot, qui livre tous les matins le pain à Epiais-lès-Louvres, a augmenté de 5 centimes le prix de la baguette en raison de la hausse du cours du blé.

La canicule ayant touché la Russie l’été dernier a engendré une envolée du cours du blé qui a frôlé, début août, les 240 euros la tonne, son niveau record depuis 2007. Depuis, il a légèrement baissé mais restait toujours supérieur à 220 euros mercredi. Conséquence : dans les boulangeries du Grand Roissy, le prix du pain risque d’augmenter.

Au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), on a déjà sauté le pas. La baguette coûte désormais 0,90 euros après avoir subi une hausse de 5 centimes début octobre. «Nous n’avons pas pu faire autrement, notre meunier ayant augmenté de 10 euros le prix du quintal», explique la gérante de la boulangerie-pâtisserie située près de la mairie.

A Roissy-en-France (Val-d’Oise), Isabelle Gautier n’a pas modifié le prix de la baguette mais n’exclut pas cette éventualité. «Pour l’instant, on garde le même tarif (0,85 euros) mais on ne sait pas combien de temps on va pouvoir continuer comme ça», explique la gérante de la boulangerie-pâtisserie portant son nom.

«On peut tenir comme cela encore trois ou quatre mois mais si, après cette période, le cours du blé n’a toujours pas baissé, on sera obligé d’augmenter les prix», argumente quant à lui Adel Akoui, patron de la boulangerie éponyme à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis).

Cette évolution paraît logique. Fin septembre, le groupe Axiane, l’une des principales meuneries françaises, qui fournit notamment la farine aux boulangeries Banette, avait prévenu ses clients qu’il allait répercuter sur eux la hausse des cours du blé. Et tablait sur une hausse du prix de la baguette d’«au maximum  2 centimes d’euros TTC», selon une dépêche de l’Agence France Presse, publiée le 22 septembre.

A la boulangerie Pelissier de Dammartin-en-Goële, on envisage justement une augmentation de cet ordre. «Mais ce n’est pas uniquement lié au du cours du blé, souligne Clément, un employé. Tous les ans, les coûts en général augmentent donc le prix de la baguette évolue en conséquence.» Toutefois, certains commerçants ne comptent pas toucher à cette «fierté française», notamment à la boulangerie Abouly d’Othis (Seine-et-Marne) ou à la boulangerie Leroy de Tremblay-en-France.

Xavier Delmotte, agriculteur à Gonesse et Chennevières-lès-Louvres (Val-d’Oise) et gérant de la société Ceres, préfère relativiser : «Pour nous, c’est une bonne chose que le prix du blé augmente mais ce n’est pas un évènement durable. Il suffit que la production mondiale reprenne normalement et le cours risque de baisser.»

Ludovic Luppino

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