Asensi souhaite une grande intercommunalité allant de Compans au Bourget.

François Asensi, président de la CA Terres de France

Il fallait avoir en direct les explications de François Asensi. Et on les a eues. Merci à lui pour cette interview. qui a le mérite d’être claire.  Au-delà des polémiques et des “découvertes” de certains (qui me font sourire, je dois dire), le rôle du député-maire (de “Tremblay-Sevran-Villepinte”), que je connais bien… est important dans les débats territoriaux en cours (Grand Paris, Grand Roissy, interco…). J’en témoigne, sa vision d’une grand interco au sud de Roissy CDG ne date pas d’hier. Il y revient, fort de la proposition du préfet de Seine-et-Marne, de faire rentrer Mitry et Compans dans “Terres de France”. (mais que fera  Aulnay? et que dira Mitry? on posera la question à leurs  maires  prochainement). Et la coopération de Terres de France avec Roissy Porte de France, autour d’un Contrat de développement territorial va assurément dans le bon sens.

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EV

RoissyMail : M. le président, vous avez été mis en minorité, lors de l’avant dernier Conseil communautaire, à propos d’une délibération sur le recrutement de quatre personnels de la CA Terres de France. Suite à cela, les conseils municipaux de Tremblay et de Villepinte ont procédé à de nouvelles élections de leurs délégués communautaires, écartant les délégués « frondeurs ». Les socialistes et les Verts ont dénoncé un « coup de  force »… Quelle est votre analyse sur ces points ? Que s’est-il passé ?

François Asensi : une coalition s’est mise en place à l’occasion du retour des élus socialistes qui avaient été absents pendant un an en raison d’un conflit interne, et du changement d’orientation politique du maire de Sevran, qui est passé du PCF à Europe Ecologie. L’objectif était de réaliser à la Communauté d’Agglomération la même opération que celle qui a vu la majorité municipale de Sevran changer entre deux élections. En refusant la création de quatre postes administratifs indispensables, ils paralysaient de fait le fonctionnement de la Communauté d’Agglomération, qu’ils accusent par ailleurs de ne pas avancer assez vite. Il fallait mettre fin à ce blocage, c’est ma responsabilité de Président. C’est ce qui a amené les assemblées souveraines et démocratiquement élues que sont les conseils municipaux de Tremblay et Villepinte à délibérer pour modifier la composition de leurs délégations au sein du Conseil communautaire. Ces délibérations ont été votées à la majorité absolue, et s’appuient sur un arrêt du Conseil d’Etat de décembre 2010. Elles redonnent au conseil communautaire une majorité stable, conforme aux accords passés entre les maires de Sevran, Tremblay et Villepinte lors de la création de notre Communauté d’Agglomération.

RM: samedi, votre budget a été adopté. Qu’en est-il du fameux « million » que réclame Sevran, devait-il être « pérenne » ou pas? Et, au-delà, quelle est votre analyse de l’attitude du maire de cette ville à votre égard ? Ca chauffe, non ?

F.A : nous l’avons déjà dit à maintes reprises : ce million apporté lors de la création de la CA par Tremblay n’avait pas vocation à être pérennisé. Une communauté d’agglomération ne peut pas fonctionner comme un guichet. Ce n’est pas sa vocation, et si elle le fait, elle se vide de sa substance et voit ses dotations baisser. En outre, il serait complètement illusoire de penser que la solidarité intercommunale pourrait compenser les formidables inégalités fiscales, économiques et sociales que connaît l’Ile de France. C’est au moins à ce niveau et au niveau national qu’il faut raisonner et faire fonctionner la solidarité, et c’est en ce sens que j’ai à maintes reprises interpellé le gouvernement à l’Assemblée Nationale. Je regrette que le Maire de Sevran ait cru bon – pour des raisons qui lui appartiennent – de focaliser ses revendications sur la CA, en les accompagnant d’une campagne particulièrement agressive à mon égard. Ce faisant, il a volontairement fermé toute possibilité de discussion sur le fonctionnement de la solidarité au sein de notre communauté d’agglomération. Nous y étions pourtant prêts, cela fait partie du pacte communautaire. Il faut rappeler à cet égard qu’en 2011, Sevran recevra une aide de 1,3 millions par le biais du syndicat intercommunal, le Seapfa et que nous avons inscrit au budget 200 000 € pour compenser d’éventuelles baisses des dotations liées à la création de la CA, 160 000 € pour la mise en place à Sevran du système de transports Filéo, 500 000 € pour équiper toutes les écoles élémentaires en tableaux numériques et ordinateurs portables.

RM : s’agissant de Terres de France et des changements en cours au niveau des intercommunalités. On connait, depuis longtemps,  votre souhait d’une grande « interco ». Dans ses propositions, le préfet de Seine-et-Marne vient de vous faire « cadeau » de Mitry et de Compans… Qu’en pensez-vous et quelle est, vous en avez parlé à demi-mot lors du CC de samedi, l’interco « idéale » … ? Et quid d’Aulnay qui vous tie nt à cœur… ?

F.A : je n’ai pas changé de point de vue, bien au contraire ! Comme nous l’avons écrit avec les maires de Sevran et Villepinte dans le manifeste fondateur de la CA Terres de France, « le périmètre idéal de cette intercommunalité que nous appelons de nos vœux s’étend de Dugny, en passant par le Bourget et les villes du SEAPFA, à Mitry-Mory et Compans, soit l’espace compris entre l’Aéroport du Bourget et CDG. »

C’est un territoire riche en potentialités et d’une grande cohérence économique, avec ses deux pôles économiques majeurs en développement (les aéroports de Roissy et du Bourget), des équipements structurants (de nombreux parcs d’activités, les parcs des expositions du Bourget et de Paris Nord Villepinte, de puissantes bases logistiques et commerciales, des entreprises d’intérêt national comme PSA, des hôpitaux publics et privés), et des axes importants de communication (RER, autoroutes et nationales, canal de l’Ourcq et bientôt métro automatique du Grand Paris…). Le Conseil communautaire du 30 avril a réaffirmé cette orientation et m’a donné mandat d’engager toutes les discussions nécessaires pour faire avancer cette perspective.

Je vais donc rencontrer dans les semaines qui viennent les maires des villes concernées. Quant à Aulnay, elle fait partie de cet espace compris entre les 2 aéroports, et nous travaillons ensemble depuis près de 30 ans au sein du Seapfa.

Propos recueillis par EV

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