“Bus à haut niveau de service” (barreau de Gonesse): la concertation laborieuse

Fastidieuse "concertation"...

On est allé faire un tour à Paris Nord 2, où se tenait, jeudi, une réunion de concertation sur le futur BHNS, la future ligne de bus “à Haut Niveau de Service” , à l’hôtel Kyriad Prestige. Y’avait quasiment personne. Les présentations ont été fastidieuses et le “débat” avec la “salle” s’est résumé pour l’essentiel à 2 interventions de retraités, dont l’une particulièrement baroque et pénible.

Ça me donne l’occasion pour redire les limites de ces concertations, dont on ne voit jamais bien à quoi elles servent, concrètement. Qu’on informe les gens, oui, bien sûr, et bien. Mais qu’on leur donne l’impression de pouvoir participer à des débats techniques qui les dépassent et pour lesquels les professionnels sont là pour ça, ça donne toujours des interventions psychédéliques.  J’ai vu ça à de nombreuses occasions, notamment pour le débat public sur CDG Express, à Villepinte, voici …10 ans, de mémoire, où le pauvre représentant du maître d’ouvrage a bien failli se faire lyncher ! Idem pour le “barreau picard”. C’est toujours la foire aux syndromes NIMBY et OIOBY, aux promotions politiques, ou d’associations douteuses et faméliques et souvent un défouloir psy pour les beaufs du coin (mais pas seulement) , qui s’ennuient et voient dans cet exercice un moyen d’exister, (voire d’être filmés !).

Il était par ailleurs assez pathétique, l’autre soir à Paris Nord 2  d’entendre le directeur de cabinet du maire de Gonesse, intéressé au premier chef certes, évoquer des questions techniques qui devraient, à mon avis, être exprimées lors d’autres type de  réunions.

Je rappellerai que nous élisons régulièrement nos représentants: c’est à eux de prendre leurs responsabilités, en écoutant certes les gens, mais sans les laisser  penser que ce sont eux qui prendront les décisions. On frise la démagogie et ça ne fait rien avancer. Pire: ces multiples concertations, débats publics (qui sont tous suivis, de toute façon par une enquête publique) sont couteux, longs, retardent les projets (ce qui arrange bien parfois) et, franchement, à mon avis, inutiles. Il faudrait trouver autre mode. Par exemple, au moins, mettre tous les documents (présentés l’autre soir) en ligne, ce qui n’est  fait, (sauf erreur), ni sur le site du STIF ni sur celui du Val d’Oise (qui pilote la concertation). Et ce qui est rarement fait à d’autres occasions.

Bah, à défaut d’y être bien informés, vous pouvez toujours, sur ce site du Val d’Oise, ici , donner votre avis…

Ah, au fait: j’en fais le pari: suite à ce que j’ai entendu lors de la “réunion” de jeudi sur les prévisions de fréquentation, mon avis est qu’on est pas prêt d’avoir le barreau -ferré- de Gonesse…  Peut-être, comme il a été dit pendant un moment, que ce couteux barreau ferré n’est pas nécessaire. Ce qui expliquerait que le STIF se soit hâté lentement sur ce dossier, et … le BHNS… !

EV

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3 réflexions au sujet de ““Bus à haut niveau de service” (barreau de Gonesse): la concertation laborieuse”

  1. M. Veillon,

    Je ne comprends pas vos propos sur cette concertation, vous qui étiez si emballé par la concertation sur le Grand Paris.

    La concertation en l’espèce manque certes de moyens, de communication, de locaux adaptés (j’aurais bien voulu venir, mais étant dépendant des transports en commun et habitant le sud ouest du Val d’Oise, cela m’était difficile)… Mais ce n’est pas pour autant que la concertation est inutile, il ne faut pas faire une généralité à cause d’un cas manqué.

    Cela est d’autant plus étrange que votre article précédent sur la consultation companaise est très élogieux de ce procédé. Certes, ce n’était pas un débat mais un référendum, mais on reste tout de même dans le domaine de la démocratie participative, de l’écoute des citoyens.

    Non, ce qui est regrettable est que ce genre de réunion ne soit pas aboutie, qu’il n’y ait pas de réelle envie de consultation, suivie ainsi des moyens nécessaires pour sa mise en place.
    Ce qui est regrettable par ailleurs c’est, en effet, que les réunions ne soient pas adaptées à la présence des citoyens car trop techniques et “barbantes”.
    Ce qui est regrettable enfin, c’est qu’il n’y ait pas une plus large diffusion de l’information, pour qu’il puisse y avoir un vrai débat, et non seulement des “interventions psychédéliques”, baroques et pénibles de retraités.

    Cordialement,

    Nicolas Ferreira,
    Chargé de mission – CEEVO.

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  2. Bonjour,
    Je ne partage pas votre point de vue sur la concertation et les débats publics. Contrairement à l’enquête publique qui arrive bien trop tard, quand tout a été décidé, le débat public a lieu dès les premières études du projet. Ceci donne lieu a des critiques à l’égard du maître d’ouvrage car il n’a pas des études totalement abouties, mais cette pratique a l’avantage de pourvoir faire évoluer le projet. Quant à considérer ceux qui s’expriment dans ces débats pour d’affreux NIMBY, je vous renvoie au cahier d’acteur d’Ile de France Environnement du débat public sur la Liaison Roissy Picardie.
    Lors du débat public sur le prolongement de l’A16, j’ai entendu les mêmes propos que vos écrits (de l’argent et du temps perdus). Le débat a eu lieu, reconnu par tous de bonne tenue. Le projet a été revu dans le sens voulu entre autre par les associations, plus soucieux de l’espace agricole. Aujourd’hui personne ne s’en plaint et le territoire de l’Ouest de la Plaine de France sera tout autre que ce qu’il aurait été.
    Non la démocratie ce n’est pas donner tous les six ans un chèque en blanc à un maire.
    La concertation sur le BHNS souffre d’insuffisances (absence d’étude de l’existant et des besoins, un seul tracé proposé sur un chemin agricole).
    Bernard Loup
    président de Val d’Oise Environnement

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