Une “Avenue Robert-Badinter” inaugurée à Dammartin par … Robert Badinter

L'avenue Robert-Badinter est au cœur du nouveau quartier

La (le?) maire (PS) de Dammartin -en Goële, Monique Papin, a organisé une réception jeudi afin de célébrer l’attribution d’une avenue “Robert-Badinter”  située dans le tout nouveau quartier de la ZAC “Folle Emprince” (au nord de la ville, vers Othis). Celle-ci est aménagée (ce fut laborieux…) par Nexity (Foncier Conseil), s’étend sur 85 ha sur lesquels s’étendront 755 logements et 13 ha d’espaces verts. Un lycée, une salle de spectacle et un centre commercial sont également au programme.

Des maisons sont déjà construites et occupées le long de l’avenue principale de ce nouveau quartier de Dammartin auquel le Conseil municipal a souhaité , à l’unanimité, donné le nom de Robert-Badinter. Celui-ci ayant accepté, c’était donc l’inauguration jeudi, en présence d’une centaine d’invités.

Les discours se sont fait en présence de Vincent Eblé, président du Conseil général (et futur sénateur dimanche :il est tête de liste) et de Nicole Bricq, ancienne députée, sénatrice et qui sera réélue et  de Yanick Bodin, 2 ème sénateur PS, qui ne se représente pas dimanche tout comme R. Badinter, d’ailleurs).

Stéphane Leprete , Directeur général de Nexity Foncier Conseil a présenté la ZAC dans ses détails et s’est félicité du climat de confiance qui s’est progressivement installé entre son groupe et la municipalité.

Puis Monique Papin, ordinairement peu prolixe dans ses prises  de paroles , a fait un discours long, long, long, dans lequel on a retrouvé tous les thèmes chers à  l’élue socialiste : on les résumera : son monde idéal est celui des Bisounours…

Mais la partie de son discours consacrée à l’éloge de Robert Badinter fut plus intéressante. Monique Papin a rappelé le combat des abolitionnistes, qui fut achevé par la présentation du projet de loi portant abolition par Robert Badinter et  adoptée le 18  septembre 1981 par l’Assemblée nationale. Vous pourrez d’ailleurs utilement revoir le dossier sur ce sujet sur le site de l’AN en cliquant ici (on y voit notamment le discours introductif de R. Badinter).

L'ancien Président du Conseil constitutionel a répondu avec humour

Après une intervention d’un conseiller régional dont j’ai oublié le nom, mais possible successeur de M. Papin aux prochaines municipales?) , ce fut au tour de Robert Badinter de répondre avec humour et humilité aux discours flatteurs . Celui qui aura été, à mon avis, l’un des meilleurs hommes politiques de la 5ème République (voyez sa biographie sur wikipédia) a rappelé, fort utilement, le courage de François Mitterrand qui , en tant que candidat avait nettement affiché son intention d’abolir la peine de mort, s’il était élu. Position, compte -tenu  de l’opinion publique , nettement favorable à l’époque à la peine capitale, qui aurait pu lui couter son élection, tant le résultat de la présidentielle fut serré. On s’en souviendra…

Badinter eu ensuite un bon mot , à propos des noms donnés à des lieux publics. Il a raconté comment le Conseil de Paris, avait pris la décision de donner le nom de Victor Hugo à l’avenue que l’on connait bien désormais, au grand homme, de son vivant (pour ses 80 ans, en 1881). Ainsi, les correspondants d’Hugo pouvaient-ils lui écrire ainsi:  “A Monsieur Victor Hugo , en son avenue à Paris”. Badinter a ironisé en évoquant l’hypothèse  pour lui d’acheter un studio sur cette nouvelle avenue Robert-Badinter, histoire de sourire quant il recevrait des lettres à cette adresse.

Je suis allé le salué à la fin des discours. En me présentant, je l’ai informé que j’avais été son élève, en 1978-79, à Paris 1 (Tolbiac). J’avais suivi un cours d’introduction au droit pénal qu’il donnait alors aux étudiants de 1ère année. Il était un excellent professeur.  Et je lui ai rappelé ce qu’il avait dit lors du premier cours : “Vous ne pourrez faire carrière dans la justice pénale si vous ne faites pas, au moins, les deux choses suivantes: lire Crimes et Châtiments et aller visiter une prison”. Je n’ai jamais fait ni l’un ni l’autre et donc… pas de carrière “pénale”.  J’aurais pu lui dire aussi que j’ai participé à ma manière au débat sur l’abolition en septembre 1981 : j’avais écrit le discours du député communiste, orateur ce jour-là (je rechercherai son nom, mais je crois que c’était Lucien Villa, député de Paris) pour ce débat … historique.

Même si je n’aime pas trop que l’on donne des noms de personnes vivantes à des rues, le choix de Robert Badinter est assurément une bonne chose. C’est quand même mieux que le gymnase “Georges-Delhalt” à Le Thillay. N’est-ce pas M. Le Maire ?

EV

Les élus et M. Leprete, applaudissant l'ancien ministre

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