Goodrich se développe bien à Dubaï, profitant de l’envol de l’aviation dans le Golfe

Joël Haldemann, vice président EMEA de Goodrich, dans les locaux du Mesnil

A l’heure où les compagnies aériennes européennes sont à la peine, celles des pays du Golfe arabo-persique (Qatar Airways, Emirates, Etihad…)   affichent une santé insolente. Augmentation vertigineuse de leurs flottes (Emirates à 162 avions, dont 21 A380 et se fera livrer 35 aéronefs cette année et a commandé 69 A 380, 70 A 350 et 85 B 777-300 ER) , renforcement de la qualité de l’offre (il faut voir les nouveaux sièges de Quatar pour son futur Dreamliner) , développement des réseaux partout, notamment en France et en Allemagne au grand dam des dirigeants d’Air France et de Lufthansa, recrutement massif  ( Emirates va recruter 4500 personnes en 2012  dans le monde entier !) . Et Emirates veut devenir, dans la 2ème moitié de ce siècle le premier centre de fret aérien au monde avec un objectif de … 12 millions de tonnes (CDG , 1er en Europe, en traite en moyenne 2 millions). De 97 à 2009, le tonnage traité par l’aéroport Dubai international est déja passé de 414 milles tonnes à 1,9 million…

Le site du Mesnil-Amelot

Nous avons voulu avoir un témoignage et pour cela, pas mieux que d’aller voir Joël Haldemann, qui est le vice président EMEA (Europe, Moyen Orient, Afrique) du célèbre groupe Goodrich (une “mutinationale” ! Madame Papin !) . Il partage son temps entre le “Campus MRO” de Dubaï et celui du Mesnil-Amelot.  Nous avions visité  celui de Dubaï lors de notre voyage en 2009 (voir notre  compte rendu ici). Il nous a reçu le semaine dernière dans l’établissement du Mesnil.

30 à 45% de croissance chaque année

2011 a été une très bonne année pour Goodrich Dubaï, au-delà de nos espérances”, n’hésite pas à nous confier cet homme ouvert et agréable (et lecteur assidu de RoissyMail ). Et pour cause, ils ont signé récemment, en novembre dernier (voir ici) un important contrat (sur 10 ans) de maintenance des toboggans des avions d’Emirates. Un travail qui a nécessité plusieurs années de négociations et … beaucoup de patience, me raconte-t-il. Mais d’autres contrats ont été signés avec Qatar, Air Arabia… Depuis notre visite, l’activité du Campus de Goodrich a augmenté de 30 à 45% chaque année et l’effectif a quasiment doublé pour atteindre 100 personnes sur place. “Une belle équipe, internationale, qui fait de belles choses“, se félicite t-il. Je me souviens de l’excellent accueil qui m’avait été réservé lors de ma visite et je lui ai demandé de donner mon bonjour à ceux qui m’avaient si gentiment reçu et fait visiter le Campus.

La bonne santé du secteur aérien fait que  Goodrich n’est plus seul la-bas: Air France Industrie s’y est installée voici deux ans et Lufthansa Technik va s’installer cette année dans la fameuse zone franche JAFZA.

Le nouvel aéroport Al Maktoum, qui vise la première place mondiale en 2020 (au moins 100 millions de passagers)  n’avance pas au rythme voulu, si j’ai bien compris.

De même, de nombreux projets immobiliers, que nous avions décrits dans notre reportage, ont été suspendus, sinon abandonnés, la crise étant passée aussi la-bas. Mais les choses tournent bien quand même : la fameuse tour Burj Khalifa (la plus haute du monde avec 828 mètres est terminée depuis 2010 (impressionnante, m’a dit Joël Haldemann, qui l’a visitée) . La 1ere ligne de métro (dont nous avions vu le chantier) a bien été inaugurée comme prévu le 9/9/2009.

Si la bulle immobilière s’est dégonflée (les prix ont chuté de 50% depuis 2009, m’a assuré M. Haldemann), si les projets fantastiques ont été abandonnés ou ajournés, si les effets d’annonce sur ce développement s’estompent, il reste que Dubaï, comme le reste des Émirats Arabes Unis, mais aussi Qatar anticipent la “fin” du pétrole et diversifient de plus en plus leurs économies, cherchant des transferts de technologie, attirant les activités de recherche…  Et dans ces économies, le transport aérien, vous l’aurez compris, occupe une place de choix.

EV

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