Conseil extraodinaire : Mathieu Montès dénonce la technocratie et cite… Tocqueville !

Jeudi soir, au Conseil municipal extraordinaire

Toutes les chaises prévues pour le public étaient occupées, jeudi soir; au Gymnase Toussaint Louverture de Tremblay, pour le Conseil municipal extraordinaire contre le projet de Métropole parisienne. Et il y avait beaucoup de monde ! Pour donner plus de solennité à la séance, les élus avait ceint leurs écharpes tricolores.

Pattrick Braouzec, président de Plaine commune, est venu témoigner

Le maire, François Asensi a fait un discours liminaire (à voir ici) dans lequel il a présenté le projet de loi qui aboutirait à la disparition pur et simple des Communautés, d’agglomération notamment et bien sûr  celle qu’il préside, la CA Terres de France. Il a au passage rendu un hommage appuyé à la CA Plaine Commune,  (“la plus ancienne, la plus intégrée, et la plus dynamique de Seine-Saint-Denis…”) présidée par Patrick Braouzec. Celui-ci était d’ailleurs présent ce soir-là et interviendra à la tribune dans le débat qui a suivi.

Asensi a eu des mots très durs sur le projet Métropole, “véritable monstre technocratique”, et a demandé un referendum régional sur le sujet.

Il a ensuite donné la parole à son Premier Adjoint, Mathieu Montes, qui a fait, au nom du groupe “communistes et apparentés” (Asensi et ses amis ont quitté le PCF pour le Front de Gauche) une intervention toute aussi virulente (à voir ici). Après avoir cité le très libéral Tocqueville (ce qui était délicieux…), il a dénoncé l’intervention des “technocrates” avec exemples précis (et effectivement scandaleux) sur le logement dans notre région. Oyez:

Deuxième exemple, celui de la construction de logements en Ile de France. La situation est dramatique, personne ne peut le nier. La loi SRU, qui oblige chaque commune de plus de 3 500 habitants à avoir au moins 20% de logements sociaux n’est pas appliquée et la crise s’aggrave chaque année.

– Plutôt que de se donner les moyens de faire appliquer cette loi, le gouvernement Sarkozy a préféré assigner d’en haut un objectif de 70 000 logements nouveaux par an en Ile de France, objectif repris par l’actuel gouvernement. Puis on a réuni quelques haut fonctionnaires avec un plan et une calculette, en leur donnant pour mission de décliner cet objectif sur les territoires et les communes.

Comment ont-ils fait ? Mystère et boule de gomme ! Une chose est absolument certaine : ne connaissant pas le terrain, ils ont eu un raisonnement purement mathématique pour accoucher de ce qu’ils ont appelé la « Territorialisation de l’Offre de Logements », ce qui donne le sigle agréable de TOL.

La TOL pour le département de la Seine St Denis, c’est 11 641 nouveaux logements par an.Celle du département des Hauts de Seine, c’est 11 600 nouveaux logements par an. Vous trouvez peut être anormal qu’on fixe le même objectif au département le plus pauvre d’Ile de France, déjà plus que largement pourvu en logements sociaux, et au plus riche, dont le budget est égal à celui de la Grèce ? Pas eux !

C’est éclairant sur la façon dont une approche technocratique peut zapper purement et simplement la question du rééquilibrage des territoires, incontournable dès lors qu’on veut plus d’égalité en Ile de France.

Et puis ils ont continué à faire marcher la calculette au niveau des villes!

Pour ce qui nous concerne, l’objectif assigné au CDT Tremblay/ Villepinte / Roissy, c’est 950 logements nouveaux par an pendant 15 ans ! On leur a fait remarquer que toute la commune de Roissy et une partie de Tremblay sont en zone de bruit et qu’on n’a pas le droit d’y construire de logements nouveaux. Dommage, ils n’y avaient pas pensé !

Ils nous ont ensuite demandé pourquoi on ne prévoyait pas de logements dans la nouvelle zone Aérolians, qui comme vous le savez est une zone d’activités et non d’habitation, et qui est située à proximité immédiate de l’aéroport. C’est quand même assez effrayant de se dire qu’ils pourront demain décider à notre place.

Le dernier point que je voulais aborder très rapidement, c’est le fait que les communes, les communautés d’agglomération ne demandent qu’à travailler ensemble pour le développement de notre région. L’exemple du consensus autour du projet de métro du Grand Paris, des Contrats de Développement territorial conclus entre villes et Agglomérations d’appartenances politiques différentes le montrent amplement.


Édifiant, en effet…  Le Conseil a ensuite entendu une information donnée par le maire sur le futur redécoupage des cantons en Seine-Saint-Denis, actuellement en cours d’élaboration. Le canton de Tremblay (le ville est aussi un canton) serait intégré dans un canton plus vaste, vers le sud (avec Coubron, Vaujours, Montfermeil, toutes à droite). Le conseil municipal a préféré proposer un canton commun à Tremblay et à Villepinte, plus cohérent avec le bassin de vie.

EV

NB : dans son compte-rendu du conseil paru le lendemain, la (vraie) journaliste du Parisien, Gwenaël Bourdon écrit que “les élus de Tremblay réclament la maintien du canton actuel: Tremblay-Villepinte”. Pan! sur le bec…


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