“Incroyable”! Paternotte s’était rapidement désisté de sa plainte contre moi, et s’est fait remboursé 6744.99 € par les contribuables de Sannois

Dans l’antre qui me sert de bureau à Epiais-lès-Louvres, mes visiteurs sont souvent surpris de voir cette foto de Paternotte (ex député du Val d’Oise, ex maire de Sannois), épinglée sur un mur, bien en évidence.

En fait c’est… un pense-bête, histoire de ne rien oublier (le temps passe si vite).

On se souviendra de la lettre ouverte que j’avais envoyée à Axel Poniatowski, président de l’UMP du Val d’Oise, juste avant la campagnes des législatives de 2012, lettre ouverte dans laquelle je lui demandais de ne pas accorder l’investiture à Paternotte, député UMP sortant de la 9ème circonscription du Val d’Oise, compte-tenu de son comportement. Avec des arguments, vous pensez bien. Revoyez tout ça ici, pour mémoire, ainsi que la lettre à Ponia.

Suite à cela, je reçois, datée du 25 mai 2012 (en pleine campagne donc, une lettre de l’avocat parisien Rémi-Pierre Drai, m’informant que Paternotte avait décider de porter plainte contre moi, avec constitution de partie civile (ce qui n’est pas rien, voyez-ça ici), pour atteinte grave à la présomption d’innocence de son client, pas moins.

Et l’avocat de m’inviter à publier sa lettre sur RoissyMail, ce que je me suis empressé de faire, vous pensez bien (revoyez ça ici svp), non sans avoir adressé un mail audit avocat en lui souhaitant bien du courage dans cette affaire, sachant très bien que je n’avais  jamais dit ni écrit que Paternotte était coupable d’abus de faiblesse au détriment de la  vieille dame de Sannois (décédée depuis) , mais que, je le redis aujourd’hui encore, que je considérais comme indigne, pour un maire, d’accepter à titre personnel un bien (immobilier en l’espèce)  d’une de ses administrées, vieille ou pas d’ailleurs. Ce qui lui avait valu une longue procédure, dont il s’est finalement tiré en appel (après 10 ans de procédure , faute pour l’accusation (le neveu de la vieille dame, décédée depuis, et le parquet) d’avoir pu prouver que la vieille dame en question était en situation de faiblesse (revoir ici)  à ce moment-là . Il avait été condamné en première instance (revoir ici).

J’attendais depuis ça les suites de sa plainte, de pied ferme (comme je l’avais écrit au moment de son procès en appel, mais j’ignorais à l’époque qu’il s’était désisté de sa plainte), même si j’avais d’autres choses à faire. En fait, je me délectais et me voyais déjà à la barre. Ça aurait fait pschitt rapidement.

Et puis… rien ne vint….

En octobre 2012, je reçois une lettre (papier) d’un citoyen de Sannois, m’informant que Paternotte, encore maire de Sannois (il a été battu depuis aux dernières municipales par… un de ses adjoints UMP, Bernard Jamet –revoir ici– !) avait fait voter par le conseil municipal une prise en charge des frais de justice engagés (contre moi). J’ai gardé précieusement le courrier, me promettant de voir ça un de ces jours.

L’année dernière, en regardant la foto de Paternotte sur  mon mur, je prends le temps d’appeler le cabinet du nouveau maire pour en savoir plus. Je tombe sur une dame plutôt charmante, lui expose l’affaire. Elle  me promet de me rappeler. Ce qu’elle n’a jamais fait. Du coup, je n’y pense plus.

Et, comme un visiteur me demandait à nouveau, la semaine dernière, pourquoi Paternotte était épinglé sur le mur, je repense à tout ça. Je rappelle le cabinet du nouveau maire de Sannois, et demande à parler à la dame (qui s’était présentée comme directrice de cabinet à l’époque, j’avais gardé son nom). Inconnue au bataillon… Je redis mon histoire (je cherchais la fameuse délib’) à la nouvelle interlocutrice du cabinet. Vraiment sympa, elle me passe la direction générale des services. Autre dame, je lui raconte à nouveau l’objet de ma requête et là, je tombe carrément sur le cul ! Elle : “c’était en 2012, donc?” Moi “ben oui”. Je l’entends tapoter sur son écran. Avec mon nom, elle trouve tout de suite (bravo les logiciels municipaux) la délibération. Je lui demande de me l’envoyer, ce qu’elle fait illico. Je reçois, ravi, le mail et la fameuse délib’ qui a été adoptée le 24 septembre 2012.

Putain ! Presque 7000 euros votés pour une plainte retirée, j’y crois pas ! Je lui envoie un mail de remerciements et je la rappelle (en la félicitant, ce genre de service rapide, sans ouvrir de parapluie, est rarissime) pour lui demander les détails du vote. Je tombe sur une de ses collègues (je ne lui avais pas demandé son nom), me représente … Elle, visiblement ravie : “Ah oui, M. Veillon, je vous la passe!”. La première me renvoie dans l’heure le détail des votes (voir ici). J’en reviens encore pas, mais je sais que ces bonnes attitudes sont révélatrices… Et  je me dit que j’ai bien fait d’épingler la tête de Paternotte sur mon mur (je vais la garder, car c’est pas fini, il reste Carex…) !

“Ne citez pas mon nom…”

Du coup j’appelle l’avocat Drai. Je fini par l’avoir au bout de deux coups de fils, ce qui n’est pas mal et, révélateur aussi. Il fait semblant de ne pas se souvenir de moi au début, mais je ne suis pas dupe. Je voulais savoir s’il avait été payé de cette somme (ses honoraires, les frais d’huissier -qui n’avaient pas dû être élevés, et l’éventuel dépôt d’argent pour la plainte, dont j’ignore encore à ce jour si elle avait été demandée par le juge d’instruction). On a du coup une discussion fort civile (à défaut d’avoir été correctionnelle…), avec de l’humour même. Je l’informe de mon intention de publier cet article. Il me demande gentiment de ne pas citer son nom. Je lui réponds : “vous rigolez? Quand vous m’aviez demandé de publier votre lettre, vous m’avez pas demandé de ne pas citer votre nom ! Non seulement je le ferai par devoir d’information, mais en plus, si je n’avais que ça à faire, je me poserais la question de vous attaquer vous, à mon tour, parce que dans votre lettre, d’une manière imprudente, vous même m’avez accusé d’avoir “mis en cause gravement la présomption d’innocence” de votre éphémère client. On a un peu rigolé ensuite et je n’ai pas insisté, même si ça serait intéressant pour moi (et les contribuables de Sannois) de savoir quel a été le travail effectivement fourni pour 6744 euros, sachant que les honoraires de l’avocat en question  (selon ce qu’il m’a dit, en pleurant presque la misère), se montent à 300 euros de l’heure  (purée, j’aurais dû terminer mon droit pour faire avocat !) soit 23 h de boulot pour une plainte retirée le 26 juin 2012, soit un mois après le dépôt ! Peut-être que Maître Drai nous en dira plus une fois cet article lu…

Pour être complet dans cet article, j’ai voulu voir le compte-rendu intégral de la fameuse séance du conseil municipal du 24 septembre 2012 (à voir ici). On peut y voir (je l’ai donc appris ce matin) qu’un conseiller (à l’époque secrétaire de la section PS de Sannois) M. Pitiot, rappeler, tenez-vous bien: “lors du CM du 28 juin une délibération nous était déjà proposée pour activer la protection fonctionnelle et ce en rapport au contentieux avec Monsieur Veillon. Cette délibération retirée lors de la séance, sans explication et sans qu’il n’en soit fait mention dans le compte rendu de séance revient à la séance d’aujourd’hui…“. Pitiot et l’opposition avaient voté contre.

Epilogue  (provisoire donc)

Et bien tout ça c’est pas terrible. Une précision tout de même, je ne remets pas en cause la “protection fonctionnelle” des élus, et en l’espèce des maires, souvent confrontés à toutes sortes d’attaques judiciaires. Mais celle-ci est subordonnée à l’accord des conseil municipaux, et il conviendrait, il me semble, que ceux-ci, avant d’engager l’argent des contribuables, étudient bien les dossiers, ce qui ne fut pas le cas, visiblement, à Sannois.

Quant à Paternotte, qui aura été maire de Sannois pendant 22 ans, son bilan n’est pas terrible du tout . La ville croule sous les dettes. Il a été battu par un des adjoints (UMP) donc aux dernières municipales.  Ici, dans la 9ème circonscription du Val d’Oise ou même dans le département, les gens, même ses ex- partisans, ne pensent même plus à lui (sauf moi donc, ce jour), et c’est pas plus mal. Quand on pense qu’il était libéral (à l’UDF…) avant de rejoindre l’UMP par pur opportunisme… Et qu’on a fréquenté le même collège à Toul (54). Il aurait pu faire une grande carrière politique, mais il est tellement orgueilleux et “M. Je sais tout” (encore maintenant) , qu’il s’est piégé lui-même. Décevant … EV

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