Arnaud Bazin, président du CD 95: les départements de France n’accepteront pas d’être menés à l’abattoir

Arnaud Bazin

Il y avait débat d’orientation budgétaire à l’ordre du jour de la séance du Conseil départemental du Val d’Oise, mardi dernier.

Après le vote du compte administratif 2014 (le voir ici, le CD est “open data!), le président a ouvert les débats avant une présentation économique et financière faite par Gérard Seimbille, vice-président en charge des finances.

Dans son discours (que vous pourrez lire ici), le président n’y est pas allé de main-morte. S’insurgeant contre la baisse des dotations de l’Etat (qu’il a qualifié de “lâche”) et la hausse des dépenses obligatoires (RSA notamment, dont le nombre d’allocataires va en augmentant) il a prédit une résistance des Conseils: “les départements de France n’accepteront pas d’être menés à l’abattoir, je veux être très clair, comme ils refuseront d’endosser l’impopularité fiscale qu’un Gouvernement trop faible et trop velléitaire voudrait leur transférer“.

Ceci après avoir fustigé l’Etat :

La situation est quasi désespérée. Nous étions déjà mal en point. Sur fond d’inconséquence de l’Etat et de nos gouvernants, sur fond également de démagogie galopante envers les élus locaux, dénigrés comme jamais par les biens pensants, la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités nous achèvera tous dans quelques mois, dans quelques années pour les plus forts d’entre nous.

Que l’on me comprenne bien, les Départements peuvent agir pour retarder l’état de mort clinique budgétaire, et sans doute le feront-ils. Mais, quand ils auront épuisés tous les gisements d’économies, quand l’investissement sera à zéro, quand leurs dépenses contraintes correspondront à la quasi intégralité des budgets de fonctionnement, et, pire peut être, quand ils auront essorés leurs concitoyens propriétaires de leur logement à coup d’augmentation de la taxe foncière, mériteront-ils encore le nom de collectivité territoriale ? Et nous, Conseillers départementaux, élus du peuple, servirons nous vraiment encore à quelque chose ? Si rien n’est fait, en 2017, en 2018, pas beaucoup plus tard, les départements seront soit cliniquement morts, soit ils auront perdu leur âme, ce qui n’est pas franchement plus réjouissant”.

VOIR LE PWP , très bien fait (et salué par l’opposition de gauche):


Pas d’augmentation d’impôts

Il n’y aura pas cependant de hausses d’impôts pour ce budget de près d’un milliard d’euros. M. Muller, président du groupe d’opposition (PS) réduit à 8 conseillers (sur 42) est intervenu après le président Bazin. Son discours a été modéré, modeste même (ce qui changeait) mais aussi … terriblement fastidieux.Voyez -vous même en visionnant la séance en podcast ici.

Le vote du budget proprement dit aura lieu lors de la séance du 27 avril. Rappelons que l’on peut voir la séance en direct sur le site du Conseil dès 9H30. EV

Partagez cet article

Laisser un commentaire