Roissy Pays de France : ce coup-ci, c’est bien parti !

Le public était nombreux, jeudi dernier (16h), pour assister à la mise en en place des 105 délégués au  Conseil communautaire de Roissy Pays de France (RPDF), au point qu’il n’y avait pas assez de places pour tout le monde: beaucoup sont restés (longtemps) debout et même en dehors de la salle de l’Orangerie, pourtant plutôt grande. C’est de bon augure ! Faut dire RPDF rassemble 42 communes et presque 350 000 habitants.

Voyez aussi le reportage d' Alexandre Porcu et la vidéo d'Angélique Boilet et de Florent Beline sur VO News

Tout s’est bien passé, dans une ambiance apaisée, ce qui fait du bien au cœur, quand on pense aux crispations de ces derniers mois, dont j’ai témoigné, vous le savez, chers lecteurs, ici dans le détail.

Avant la réunion, les discussions allaient bon train, dans le hall de l'Orangerie. Ici Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry, avec Pierre Barros, maire de Fosses. A droite Y. Albarello

Avant de vous faire mon compte-rendu, je vais, sans aucun état d’âme,  faire des compliments à … moi-même (charité bien ordonnée…). J’avais prévu, à 99%, ce qui s’est passé ce jeudi. Pourquoi? Parce que je connais bien (par cœur, je dirai) le territoire, les acteurs, les élus, les enjeux. Et ça ne date pas d’hier…

Je me réjouis donc de cette issue heureuse. Même si, on s’en souviendra, j’avais, dès le premier jour, exprimé mon étonnement sur les intentions de l’État, non seulement de couper en deux le Grand Roissy (en mettant l’ensemble des communes concernées de Seine-Saint-Denis dans deux “territoires” de la Métropole du Grand Paris) mais aussi de dépecer la CC Plaines et Monts de France (PMF). Voyez, pour mémoire, ce que j’avais écrit en septembre 2014.  J’avais d’ailleurs signé la pétition contre ce démantèlement car j’ai toujours pensé que son territoire (37  communes) était cohérent.  Et, pour bien comprendre ce qui s’est passé en Seine-et-Marne, il n’est pas inutile, loin de là, de relire la lettre ouverte que j’avais écrite en son temps (février 2013) au député, maire de Claye-Souilly, Yves Albarello. Celui-ci, et on s’en réjouira, a nettement évolué depuis et à joué un rôle positif dans RPDF.

Et voilà le travail !

Mais il fallait bien faire contre mauvaise fortune bon cœur, la loi MAPTAM étant votée. Après tout, unifier, la partie Ouest-Nord-Est du Grand Roissy dans une grande interco, c’était toujours ça de pris, d’autant qu’une coopération pourra se faire avec Terres d’Envol, sa partie Sud. Les problématiques sont en effet identiques pour toutes les communes concernées : développement éco et aménagement, promotion du territoire, transports, formation et emploi, infrastructures diverses (dont le côté 77 manque beaucoup, mais ce n’est pas faute d’argent…) etc. Il était donc logique, puisque fusion était “imposée”, que l’ensemble de PMF soit dedans, et non les seules 17 communes choisies au p’tit bonheur la chance par l’ancien préfet du Val d’Oise. Et c’était possible, je l’ai toujours dit et écrit. De son côté, l’ancienne CA Roissy Porte de France avait également déploré ce démantèlement.

Une partie des délégués de Gonesse: Michel Jaurrey, Ilham Moustachir, Alain Pigot et Cédric Sabouret. Celle qui est debout, derrière, c'est Agnès Coudray, directrice de Roissy Développement

Malheureusement, cela  n’a pas été possible, en dépit de l’offre qu’avait fait, lors d’une dernière tentative de règlement, par le préfet de Région, d’inclure les 37. Ce qui avait été rejeté d’une pichenette par Bernard Rigault (revoir ici) : lui seul est responsable du démantèlement.

Rigault :  seul responsable de la crise

Des mois, sinon plus ont été perdus jusqu’à ce 31 mars. Beaucoup d’argent aussi : multiples recours couteux en avocats pour des  procès, des appels, des “études” et en, je ne dirai pas communication, mais propagande pour affoler les administrés de PMF. Sans parler du temps perdu par les administrations des anciennes communautés et même, par ricochet, des communes, réduites à gérer les affaires courantes depuis le 1er janvier. Bernard Rigault, en tant que président de PMF est le principal responsable de tout ce fiasco, et coupable d’avoir fait trainer les choses. Pour UNE SEULE raison: tenter, même d’une manière désespérée, de rester “président”. Il a, pour ce faire, entrainé dans un premier temps, l’ensemble des 37 communes de PMF, dont beaucoup, et pas des moindres, ont été naïves:  je pense notamment à Mitry (j’avais pourtant, à l’époque, prévenu sa nouvelle maire, depuis jeudi heureuse vice présidente de RPDF). Et en  faisant un chantage à la catastrophe, fiscale, crèches etc. avec la complicité de “syndicats” maison, si la fusion se faisait.

Il avait fait le même coup, on s’en souviendra, en combattant avec la même hargne, les mêmes “arguments” (contre Mitry notamment, clairement ostracisée), les mêmes multiples recours couteux, PMF à 37, car il savait, avant les dernières municipales, qu’il ne pourrait en être président. Et quand ces mêmes municipales sont passées et qu’il pouvait espérer être président (ce qui s’est passé, à coup d’intrigues et d’alliances médiévales entre baronnets locaux, revoir absolument ici)  de PMF à 37, il avait  trouvé, comme par enchantement, le territoire des 37 finalement “cohérent”. Gageons que s’il avait pu, ce qu’à dieu ne plaise, être président de RPDF, il aurait trouvé ce territoire également cohérent. La cohérence, chez Bernard Rigault, c’est “moi président”.

Bernard Rigault participant à un vote de la CA, qu'il a décrit pendant plus d'un an comme un territoire impossible. Elle est pas mal, celle-là!

Aujourd’hui, après, pourtant, une excellente carrière de maire de Moussy-le-Neuf, il sort par le bas et ce n’est pas brillant. Ce qui l’a tué n’est autre que lui-même, son autoritarisme et son arrogance (revoir la lettre qu’il m’avait envoyée -imprudemment- ici, en 2012). Et il a été lâché, progressivement, par plusieurs maires de PMF, qui avaient fini par comprendre (et d’autres, voulant, comme d’hab, aller à la soupe). Il ne le savait pas, mais moi je le savais.

Mais comme le canard, il a essayé de courir encore. S’il n’a pas osé se présenter à un poste jeudi dernier (il aurait été banané correctement, même -surtout-par ses “amis”), il a quand même parlé. Moi, à sa place, après tout ce qu’il a fait, je ne me serais même pas fait élire conseiller, et j’aurais laissé la place à un adjoint ou un conseiller municipal. Mais bon…

Ce qu’il s’est passé jeudi

La séance fut ouverte par le doyen d’âge, le maire (DVG) de Le Thillay, l’excellent Georges Delhalt. les conseillers étaient disposés par commune, par ordre alphabétique (ce qui a donné parfois des voisinages inattendus…).

Y’a pas eu foto, lors du vote pour le président de RPDF. Patrick Renaud, président de l’Ex CA Roissy Porte de France, étant seul candidat à la fonction de président. Sur 105 conseillers installés, il a été élu par 102 (3 blancs) voix, autant dire à l’unanimité. Il a fait tout de suite une courte déclaration, remerciant les conseillers pour leur confiance massive et leur assurant sa disponibilité. Puis il a proposé de voter sur une seule liste (établie à l’avance, suite à des compromis) les 15 vice-présidents et les 10 conseillers délégués. Ce à quoi s’est opposé Gilles Chauffour, maire (LR) de Villeneuve-sous-Dammartin (77), qui a expliqué qu’il pourrait y avoir des candidatures isolées. Comme c’est de droit, l’élection s’est donc faite un par un, trois urnes tournant en permanence dans la salle.

Elizabeth Hermanville (Goussainville) votant. A droite, c'est Alain Louis, maire de Gouss'

Didier Vaillant (ancien maire (PS) de Villiers-le-Bel et ancien président de Val de France) a été élu 1er vice-président, en charge de l’administration générale. En deuxième eu lieu l’élection de Hervé Touguet, maire (LR) de Villeparisis. La surprise c’est que son ancien adjoint (UDI), passé dans l’opposition au Conseil municipal, Claude Sicre de Fontbrune, s’est présenté contre lui. Il a fait une déclaration (plutôt pathétique) avant le vote, déclaration qui a fait sourire beaucoup. Il a obtenu 3 voix…

Alain Aubry élu vice-président : c’était pas prévu

Il y eu un coup de théâtre. Alain Aubry, maire (LR?) du Mesnil-Amelot (77) n’était pas sur la liste des 15 vice-présidents pressentis. On peut imaginer que c’était à cause de la virulence particulière dont il avait fait preuve contre la nouvelle CA. Lorsqu’il s’est agit d’élire Daniel Dometz, maire (LR) de Saint-Mard (77), Alain Aubry s’est présenté contre lui, ardemment soutenu par Bernard Corneille, maire (DVG) d’Othis (77). Daniel Dometz n’a fait aucune déclaration. C’est peut-être à cause de ça qu’Alain Aubry a été élu, contre toute attente, avec 1 voix d’avance. “Et bien maintenant on va se mettre au travail” m’a t-il confié ensuite… Ben oui, évidemment…

Daniel Haquin, maire (DVD) de Juilly (77) a tenté  de se présenter comme vice-président mais il a échoué. Idem pour Gilles Chauffour.

Vous pourrez voir (ou revoir) la liste des vices présidents et des conseillers délégués ici et leurs attributions respectives. L’équilibre à la fois politique (même si les étiquettes ne sont pas très importantes dans ce domaine intercommunal) et territorial est plutôt respecté. A noter que, si J-P Blazy député (PS) et maire de Gonesse et François Pupponi, député (PS) et maire de Sarcelles ont été élus conseillers délégués, Yves Albarello, député (LR), maire de Claye-Souilly a préféré ne pas se présenter, laissant ainsi la place à son 1er adjoint, Jean-Luc Servieres.

Pendant le bureau, Isabelle Rusin, entourée de J-P Blazy et de Pierre Barros

A noter aussi qu’Isabelle Rusin (notre bien aimée maire d’Epiais-les-Louvres et conseillère départementale) a été élue conseillère  déléguée, chargée du tourisme, auprès du président Renaud, lui-même chargé du développement économique : c’est cohérent.

Une fois les élections terminées (ce fut long…), le président Renaud a réuni le bureau (vice-présidents et conseillers délégués) séance tenante . Les comptes-rendus des délibérations des ancien conseils (Val de France et Roissy Porte de France) ont été approuvés. Et un compte-rendu des décisions de la délégation spéciale (qui avait géré les affaires courantes jusqu’à  ce jeudi) a été présenté. Puis des membres du bureau ont été désignés pour représenter la CA dans divers organismes. A noter qu’Ilham Moustachir (Gonesse) qui venait d’être élue vice-présidente en charge de l’emploi et de la formation représentera la CA à Roissy Développement. Le régime des indemnités des vice-présidents et conseillers délégués a été voté (pour un montant global de 48 000 € brut par mois). A noter que les conseillers communautaires qui ne sont ni vice-présidents ni conseillers délégués percevront une indemnité mensuelle de 200 € brut. Ça, c’est nouveau car prévu par la loi NOTRe. Et c’est bien, je pense.

Et c’est là que je suis parti…  On vous signalera les comptes-rendus complets de cette réunion (historique, quand même, pour le territoire) dès qu’il seront en ligne sur le site de la CA. Prochaine réunion le 14 avril, consacrée au premier budget.

Éloge de Patrick Renaud, pensées pour André Toulouse

Bis repetita, je me réjouis, pour le Grand Roissy, de cette conclusion. Il va y avoir beaucoup de grandes et belles choses à faire dans les années qui viennent. Et la nouvelle CA (une des plus importantes d’Ile-de-France) aura les moyens de peser. Et le fait que Patrick Renaud en soit le président, va faciliter grandement les actions. Il a l’expérience, les connaissances, la compétence et je rajouterai la vision nécessaires. C’est un homme que j’aime beaucoup. Je le connais depuis longtemps, il est toujours disponible, et nos relations sont aussi cordiales que professionnelles. Il a succédé à la présidence de la CC Roissy Porte de France à André Toulouse, maire de Roissy-en-France, qui l’avait créée : la communauté, une des toutes premières de France (la 2ème exactement, la première étant sa voisine, nommée alors “Cœur du Pays de France”), comptait à ses débuts 6 communes.

Depuis tout ce temps, Patrick Renaud a su créer, au sein de Roissy Porte de France, une ambiance de travail basée sur la recherche du consensus. Et il a toujours été réélu président, à l’unanimité (et dans l’enthousiasme) par les délégués des communes, pourtant très différentes, que ce soit en taille ou en couleur politique.

André Toulouse, bien pensif, dans les rangs du public.

J’ai eu (il était dans le public) plusieurs pensées pour André Toulouse (je l’ai encore appelé vendredi), maire de Roissy-en-France. Il avait pris à l’époque son bâton de pèlerin pour convaincre les 6 premières communes pour créer la CC. Que de chemin parcouru depuis ce temps ! André Toulouse est le premier élu (avec P. Renaud, qui est son premier adjoint depuis longtemps) a avoir”senti” le Grand Roissy. Il suit attentivement et activement tous les dossiers. Félicitations à tous les deux ! EV (content)

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