Violences tous azimuts : les gens sont excédés. On paye 30 ans (au moins) de laisser-faire

De nos jours, avant d’évoquer certains sujets, on est quasiment obligé de commencer par s’excuser : “je ne suis pas raciste, je ne suis pas ceci ou cela…”. Cette fois je ne vais pas m’excuser, parce qu’il y en marre. Les violences, la délinquance empirent chaque jour dans notre pays. Que dis-je, c’est plusieurs fois par jour, que ce soit dans notre région ou dans la France entière. Les récents “évènements” de Tremblay, dont l’agression de la proviseure du lycée Hélène Boucher (revoir ici) ont marqué les esprits. Heureusement, les 8 jeunes (7 mineurs, dont un de moins de 16 ans et un jeune adulte) ont été rapidement identifiés et arrêtés. Après une garde à vue prolongée, le mineur suspecté d’avoir frappé la proviseure a été écroué et les autres mis sous contrôle judiciaire (le procureur avait demandé l’incarcération de tous et le placement du  mineur de moins de 16 ans).

Mais il n’y a pas que Tremblay. Les agressions contre les enseignants se multiplient. Idem contre les policiers. Partout. A l’hôpital également. Et ça ne date pas d’hier. Voici 20 ans, j’étais à l’hôpital  Robert Ballanger (Aulnay) pour une suspicion d’AVC, et j’avais eu la surprise de voir dans la chambre une note de la Direction informant qu’elle portait désormais plainte pour toute agression, physique ou verbale. A la même époque je suivais, un soir, un reportage sur France Info. Des journalistes accompagnaient les pompiers dans un des quartiers nord d’Aulnay. Caillassages, jets d’objets lourds depuis les fenêtres, insultes, je n’y croyais pas… Faut que je retrouve ce reportage.

Depuis des années, au moins depuis Pasqua, tous les ministres de l’intérieur annoncent qu’ils vont en finir avec les zones de non-droit (Sarko et son karcher…). Et plus le temps passe, plus ça s’aggrave.

On paye des années de lâcheté, de verbiage creux, démagogique (il n’y a plus depuis longtemps, de mauvais élèves, il n’y a que des élèves en difficulté…). Le manque d’autorité à l’école (ça commence maintenant dès la maternelle) est un des aspects de ce délitement sociétal. Je parle en connaissance de cause. Lisez, en cliquant sur le texte ci-dessus mon témoignage sur mon passage, en 1989 au collège A. Malraux d’Asnières. Et j’avais, dans ce texte paru dans le journal Choses Publiques (2001) que j’éditais alors, retenu ma plume.

Quant aux voyous, on les a clairement encouragés, années après années, sous couvert d’une vision bizarre de la société (c’est de la faute au capitalisme…) et, plus récemment, d’un communautarisme exacerbé. Il faut y rajouter la conjonction des voyous avec l’islam “radical”. Lisez ou relisez, à la lumière de ce qui se passe maintenant, en cliquant ci-dessous ce que j’avais écrit, dans un édito (Bénéfice.net 14, 2002, où j’espérais alors qu’on pourrait “faire de la politique autrement)), s’agissant de Tremblay. Là encore, j’avais retenu ma plume.

Des exemples, j’en ai à la pelle. Je citerai simplement celui-ci : en 1994, j’étais en relation avec les commerçants de Villeparisis (c’était à l’époque du “combat” contre le centre commercial “Auchan” qui devait s’installer à la Villette-aux-Aulnes à Mitry-Mory”). J’avais remarqué que le patron d’une des brasseries de la place du marché (près du passage de l’Ourq), avait décidé de fermer son établissement (avec une belle terrasse) dès 19/20h. Intrigué, je lui avais demandé pourquoi. Pourquoi, m’avait-il répondu, parce dès cette heure les voyous arrivent, mettent le bazar (etc.) et les clients ne viennent plus. Que fait la police, la municipalité (à droite à l’époque), je lui redemande . Et le patron, las, de lever les bras au ciel.

“Il faut mener une vraie politique anti-racaille dans les banlieues”

Voyez...

Les réponses des politiques ne sont pas des réponses, c’est du bla-bla, et Sarkozy recherche son karcher tout neuf.

Sauf de rares exceptions, comme un Malek Boutih, député de l’Essonne, qui est constant sur ces sujets depuis des années. Voyez sur la vidéo ci-dessus et ce qu’il a dit le 20 octobre dernier: on y retrouve les même propos que je cite dans mon édito. Mais lui il “peut” parler : il a un nom arabe et est au PS . Sinon…

Les gens, je peux vous le dire, toutes catégories sociales confondues, sont pourtant excédés. Mais ces mêmes politiciens le savent-ils ? Vous me direz, quand on pense que le pain au chocolat est à 15 centimes…  En attendant, Marine Le Pen regarde le compteur chaque matin en se lavant les dents …  EV

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