La bataille de Badr… Son interview. Et il aime bien Macron. Et veut être libre

Badr Slassi

Ca ne s’arrange pas (ou ça s’arrange, suivant les points de vue)  au conseil municipal de Goussainville. Le maire Alain Louis (ex PS, DVG) avait déjà retiré sa délégation à Badr Slassi, 1er adjoint (revoir ici), pourtant artisan actif de sa victoire (pas évidente) aux municipales de 2014.

Il y a Conseil municipal ce soir et, parmi les points à l’ordre du jour, et comme la loi le prévoit, le Conseil doit se prononcer sur la destitution de Badr de sa fonction d’adjoint, suite au retrait de délégation. Visiblement, le maire a la majorité pour le faire. Mais Badr Slassi a pris les devants : il a officiellement démissionné jeudi dernier, tout en restant conseiller municipal.  Voici l’interview qu’il nous a accordée.  Il dénonce un  non respect du maire sur un accord “secret”, signé entre lui et Alain Louis en 2013 : voyez la 1ère page ici et la seconde là. Ce n’est pas banal ! Le maire s’engage à démissionner à son profit le 1er septembre 2014 !!!

Lisez l’interview, qui date d’hier !  (et un abonnement gratuit d’un an à Roissymail pour le premier lecteur qui me donne la raison du titre de cet article !)

RoissyMail :    Vous aviez été, je l’ai vu, un des artisans (directeur de campagne) de la victoire de la liste conduite par Alain Louis, qui a gagné les dernières élections municipales (2014)à Goussainville. Puis vous avez été élu par la majorité du Conseil municipal, sur proposition du maire, 1er adjoint. Puis, moins de deux ans après, vous entrainez  un nombre suffisant de conseillers pour que le budget 2016 ne soit pas adopté. Il y avait donc, avec vous, une « minorité de blocage »… Ce qui a permis l’intervention du préfet et de la Chambre régionale des comptes (CRC) qui, globalement, n’ont rien trouvé à redire audit budget et l’ont validé…  Pouvez-vous expliquer ces péripéties ?

Badr Slassi : Tout le monde reconnaît et dit que si Alain Louis est maire de Goussainville c’est à moi qu’il le doit. Surtout ceux qui, comme vous, ont suivi la campagne municipale de très près. D’ailleurs lui aussi le sait puisque, après de multiples trahisons humaines et politiques, il m’a demandé en février 2013 de le soutenir contre Luc Broussy. Ce que j’ai fais mais en contrepartie j’ai exigé de sa part qu’il signe un accord politique. Chose que nous avons rédigé et signé ensemble devant témoins.

Donc la rupture de confiance entre nous date de janvier 2015 quand il n’a pas voulu respecter son écrit. Le vote sur le budget n’est que la conséquence de cette trahison puisque j’en avais assez de masquer les incompétences de gestion et des  politique d’ Alain Louis. Nous avons donc mis en lumière la gestion désastreuse de la ville que même le 1er rapport de la CRC dénonçait en 2013-2014. Rapport que j’ai découvert en même temps que l’opposition. C’est dire la confiance qui existait entre Alain Louis et moi. La CRC après le rejet du budget a validé le budget mais à quel prix ? Elle nous a donné raison sur les emprunts, le budget de fonctionnement qu’elle a demandé à être rééquilibré. Nous avions donc raison sur toute la ligne.

RM:  Le maire vous a récemment retiré votre délégation, ce qui veut dire que les choses ne se sont pas arrangées. Vous m’avez appelé ce matin pour me dire  que vous démissionniez de votre fonction de 1èr adjoint. Or il est prévu, à l’ordre du jour du prochain Conseil (ce mercredi 9), arrêté par le maire, un projet de délibération visant, comme la loi le prévoit, à mettre fin à cette fonction d’adjoint.  Auriez-vous perdu votre « minorité de blocage » ?

BS: La minorité de blocage dont vous parlez, je ne l’ai pas activée car rester 1er Adjoint d’Alain Louis ne m’intéresse plus et j’avais même dit à certains collègues en juillet dernier que je démissionnerai de cette fonction avant décembre 2016. J’ai juste un mois d’avance. J’ai donc demandé aux élus qui m’ont contacté de voter pour cette délibération car je souhaite reprendre ma liberté. J’en ai assez de tenir la main d’Alain Louis pour éviter qu’il ne commette de lourdes erreurs politiques et de gestion. Cela fait 10 ans que je le fais. Je n’en ai plus envie. Je deviens simple conseiller municipale de la majorité municipale et cela me va très bien aussi. Je n’aurai plus besoin d’être, comme je le suis depuis 2009, le maire Bis. Les Goussainvillois le pensent depuis longtemps. Mais maintenant, j’entre dans une période de clarification politique entre Alain Louis et moi.

RM : Vous m’avez dit aussi, ce matin , qu’une chose vous chagrinait dans le dernier article (revoir ici )que j’avais publié à propos de la situation au Conseil municipal. Je me cite (s’agissant de vous) : « même s’il n’a pas laissé de bons souvenirs là où il est passé (Fontenay-en-Parisis, Taverny…) ». J’avais écris ça, peut-être d’une manière rapide, car effectivement, beaucoup de mes correspondants (de bonne foi, à priori, et de tous bords politiques). Voici pour vous une bonne occasion de faire une mise au point ici ?

BS :  On raconte beaucoup de choses sur mon compte car je n’ai jamais été soumis à personne. Donc je dérange. Taverny ? J’y ai passé mes 6 plus belles années professionnelles. J’ai démissionné en juin 2011 car Alain Louis voulait quitter son poste de maire. Mais il a changé d’avis en juillet 2011. Je me suis donc retrouvé sans emploi. Maurice Boscavert (ancien maire de Taverny,95 ndlr) ne voulait pas que je m’en aille mais je suis quand même parti et j’ai recruté mon successeur à sa demande. Fontenay-en-Parisis ? J’ai déposé une main courante à la gendarmerie de Louvres en mai 2013 pour dénoncer les agissements et comportements des élus contre moi car ils en voulaient surtout à Michele Greneau (ancienne maire PS de Fontenay, ndlr) . C’était un très bon maire mais je crois que les ambitions de certains élus de l’époque leur ont fait perdre les pédales. Je n’avais pas à supporter leurs invectives donc j’ai demandé à Michelle Greneau de quitter mes fonctions en août 2013. Je sais qui raconte cela mais là aussi et très bientôt je ferai cesser cela par une action en justice si nécessaire.

RM  : Vous resterez Conseiller municipal. Vous êtes jeune, vous avez du talent, notamment oratoire, que comptez-vous faire désormais, en politique ?

BS : Oh je ne suis pas malheureux au contraire ! J’ai une vie professionnelle riche et passionnante qui me permet de voyager en Europe et dans le monde. Et politiquement, je suis secrétaire national du PRG (parti radical de gauche, ndlr). J’aime bien aussi Emmanuel Macron et sa démarche politique. Donc dans les mois qui viennent je vais avoir l’occasion d’être impliqué à l’échelle nationale dans l’élection présidentielle. Cela sera passionnant et j’ai hâte. Pour Goussainville, je reste vigilant et je ne manquerai pas de dire en majorité municipale ou en Conseil municipal, ce que je pense. Et ça, c’était mon souhait le plus cher : être libre.

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2 réflexions au sujet de “La bataille de Badr… Son interview. Et il aime bien Macron. Et veut être libre”

  1. une allusion a la Grande Guerre sans doute ….la bataille de la Somme peut-être …

    Si vous êtes venu au conseil un autre élu a donné sa démission en plein conseil

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