Fin de l’EPA Plaine de France : une drôle de “conférence-débat”

Je suis allé faire un tour, jeudi 15, à l’expo de l’EPA Plaine de de France, à la Villette, à l’occasion du “grand débat” (annoncé avec comme tel) sur le thème Quels leviers pour une mutation urbaine ? Quel avenir pour la Plaine de France dans le Grand Paris ?

C’était à 15h…  Il n’y avait personne (25 en tout, et encore, du sérail), c’était prévisible (et pourquoi, grands dieux faire cette expo à cet endroit et à cette heure ?). A la tribune, de gauche à droite Patrick Renaud, président de Roissy Portes de France, le préfet Duport, Jacques Paquier, (le rédac-chef du Journal du Grand Paris, qui animait), Frédéric Gilli, géographe et économiste, Patrick Braouzec, président de Plaine Commune et Franck Cannarozzo, adjoint au maire, qui représentait Bruno Beschizza, maire d’Aulnay et président de Terres d’Envol.

M. Duport, (ancien préfet de Seine Saint-Denis et ancien préfet de la région Ile-de-France, voir sa longue carrière ici)) a parlé en premier, longuement, longuement… . Il a refait un peu l’histoire, s’agissant de la création de l’EPA, qu’il connait bien pourtant. A l’origine (j’avais bien suivi ça), un EPA devait (en tout cas il en avait été question) être consacré au territoire du Pôle de Roissy, comme on l’appelait à l’époque. C’était suite aux travaux de la “mission Roissy” à l’époque de la révision du SDRIF 1994.

En fait, Conseil général de Seine-Saint-Denis, encore à majorité communiste, qui ne s’était jamais préoccupé de “Roissy”, a œuvré, avec la bénédiction de J.C Gayssot, alors ministre (PCF) des Transports pour faire le territoire actuel de l’EPA, avec le secret espoir de partager la taxe professionnelle de “Roissy”. C’était ce que nous avait confié Robert Sammut (désigné par Gayssot, pour initier la mission Plaine de France, qui succédait à la mission Roissy, et qui allait accoucher de l’EPA) dans une interview publiée dans notre Bénéfice.net n° 5. Le territoire de cet EPA au début, Patrick Renaud n’a pas manqué de le rappeler pendant le débat, coupait la communauté de commune Roissy Porte de France et excluait les communes concernées de Seine-et-Marne! Si l’ensemble de la communauté en question a fini par être intégré à l’EPA, rien a été fait pour les communes 77. Péniblement 12 communes de ce département ont été “rattachées” plus tard, mais pas d’une manière officielle: on a attendu le décret pendant trois ans, comme l’a encore rappelé P. Renaud (et je ne crois pas qu’il soit paru), les communes (et le président du conseil général 77 siégeaient en tant que “observateurs”.

Je fais ici une parenthèse : lors de la préparation des grandes intercos, le préfet du Val d’Oise chargé du dossier, s’était renseigné auprès de l’EPA et c’est là qu’il a eu l’idée d’intégrer des 12 communes dans la future CA Roissy Pays de France. C’est lui même qui me l’avait dit…

Lire ce que j’avais écrit en 2002 : “EPA Plaine de France : l’État crée un machin”.

En février 2002, j’avais publié un article de 3 pages dans Bénéfice.Net n°13. Je vous conseille vivement de le lire ou le relire ici comme je l’ai fait : vous y trouverez tout quant à la genèse de l’EPA. Il rajouter que, si ma mémoire est bonne, mais c’est à confirmer, il n’y avait pas eu de débat au sein de l’assemblée du Conseil général du Val d’Oise pour son adhésion et celle des communes 95 concernées audit EPA.

“Métamorphose urbaine”?

Patrick Braouzec puis Franck Cannarozzo ont aussi pris la parole, puis ce fut autour du fameux géographe (un génie, m’avait-on dit). Un long flux de paroles! Ça partait dans tous les sens. C’est Monsieur je sais tout ! Pénible à entendre. J’ai arrêté d’écouter (je souffrais) quand il a commencé” à “expliquer” que, finalement, les gares du Grand Paris Express sont plutôt une mauvaise chose car le prix des logements va augmenter (ou quelque chose comme ça).

Du coup je suis parti, en regrettant d’être venu… Un bilan de l’action de l’EPA reste à faire. Mais une chose est sûre : ça n’aura pas été “l’Histoire d’une métamorphose urbaine”, comme l’indiquait le titre de l’exposition de la Villette.

A noter: à partir du 2 janvier, Grand Paris Aménagement quittera son siège historique (AFTRP…) de la rue de Bercy pour son nouveau siège au Parc du Pont de Flandres, 11 rue de Cambrai, Paris 19. L’équipe de l’EPA y sera aussi et quitte donc son siège de Saint-Denis. EV

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