Retour sur le giratoire de Roissy. Un drôle de “(mala) droit de réponse” d’Alex Labejof

voyez la vidéo tournée par le Conseil départemental

L’article (le revoir ici) que j’avais publié le 26 septembre dernier sur l’inauguration  (voyez ci-dessus la vidéo du Conseil départemental du Val d’Oise) du rond-point de la RD 902a a été dès l’envoi de la newsletter l’article le plus, jusqu’à ce jour.  J’en ai été étonné.  J’ai appelé Alex Labejof (l’auteur de la “décoration” du rond point) pour lui signaler ça. Il ne l’avait pas vu.  Quelques minutes après, je reçois un email de sa part intitulé ” (mala)droit de réponse”. Je lis ça, et le contenu m’étonne. Je suis carrément mis en cause pour avoir nommé son œuvre “décoration” (c’est une œuvre d’art selon lui). Mais aussi d’avoir écris que certains Roisséens n’appréciait pas ladite décoration (je maintiens).  Ce qui est vrai, ayant reçu, pendant sa construction (l’an passé), plusieurs coups de fil  de lecteurs habitants Roissy, qui trouvaient l’œuvre “moche”, qui me demandaient pourquoi je n’avais pas fait d’article à ce sujet. Je ne savais pas, à l’époque, que c’était Labejof qui était à la manœuvre.

J’ai rappelé Alex après avoir lu sa prose, lui disant que ce n’était pas la peine d’invoquer le droit de réponse (fusse t-il maladroit comme il le dit lui même). Dans un premier temps je lui ai conseillé de le mettre dans les commentaires de l’article, ce qu’il a fait. Quant à l’emploi du mot “décoration”, Labejof m’a rappelé que j’avais déjà employé ce mot dans un article sur l’inauguration d’une de ces œuvres, en 2012 à Epiais-lès-Louvres, ce  qui est vrai (revoir ici).

Lisez donc ci-dessous sa prose (il n’y va pas avec le dos de la cuiller, et je suis accusé, MDR, d’appeler au lynchage, pas moins) , que je considère au moins comme un plaidoyer pro-domo. On est jamais si bien servi que par soi-même… Quant à l’allusion à Roissymail feuille de chou à scandale, Alex ne doit pas se souvenir que, voici quelques années, il avait souhaité y travailler comme journaliste…  EV

(mala)droit de réponse.
Confondre décoration et création artistique c’est comme confondre journal d’informations et feuille de chou à scandales. Ce n’est pas que le terme me vexe mais ce raccourci est une erreur, la sculpture comme la musique sont des pratiques artistiques qui visent au mieux vivre des gens et surtout à améliorer (aller de l’avant) le monde dans lequel on vit. L’art est inutile (peut-être) mais il est surtout indispensable. Si j’avais souhaité plaire à une majorité de gens j’aurais fait des nains de jardin, de la décoration.
On a le droit de ne pas aimer, bien sûr, mais quand un journal ne parle que des bruits de couloir négatif en se faisant l’écho de quelques personnes qui n’ont pas aimé, et qu’ensuite il pose la question de savoir ce que les lecteurs pensent de cette « décoration », c’est presque un appel au lynchage, un encouragement populiste pour éliminer toute forme d’art, dans la même lignée que ceux qui détruisent sous prétexte de religion le patrimoine mondial architectural.
Pour ma part j’ai justement restitué au domaine public des vestiges d’un château qui étaient destinés à boucher des trous par exemple sur le réseau routier pour lequel « les gens normaux » payent volontiers des impôts sans se soucier de la saturation et de la planète qui part en vrille.
Dans mon installation, oui ce sont deux colonnes qui forment une porte donc une ouverture (laquelle peut être d’esprit), il y a beaucoup de vide entre les pierres pour insister sur l’usure du temps qui passe, et puisque mon but n’était pas de reconstituer l’édifice détruit j’ai insisté sur les absences.
De même la clé au milieu est absente mais en mettant une serrure j’ai supposé que « les gens » sont suffisamment intelligents pour penser virtuellement à une clef, en tout cas à la chercher comme on cherche à résoudre un problème existentiel. Il y a un proverbe qui dit « quand le sage pointe le ciel avec son doigt, le fou regarde le doigt.
Pour répondre au cahier des charges qui souhaitait que l’œuvre s’attache à évoquer les notions d’accueil et d’ouverture, de passé et d’avenir d’une commune en pleine croissance qui veut garder son caractère rural et sa vie de village, si j’avais voulu faire de la décoration j’aurais planté un panneau publicitaire en inscrivant en capitales bleu blanc rouge le mot bienvenue et j’aurais dessiné une grosse clef pour vous faire plaisir avec une baguette de pain pour véhiculer l’image de marque hors frontières.
Voilà rapidement mon droit de réponse pour vos lecteurs, d’ailleurs attention : savoir lire c’est dangereux, ça peut inciter des gens à prendre connaissance de mots qui ont la coupable prétention d’améliorer la vie de tous les jours. Ah quoi bon ?! quand il est si simple de brancher son poste et regarder « plus belle la vie », ça c’est les gens normaux.





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2 réflexions au sujet de “Retour sur le giratoire de Roissy. Un drôle de “(mala) droit de réponse” d’Alex Labejof”

  1. Il est vrai qu’avec un coût de revient entre l’oeuvre et le gros oeuvre pour la mise en place (400 000 euros environ). On peut plutôt parler de “tragédie financière”.

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  2. Alors que tant de Français sont en difficulté financière, il est rare que l’expression gabegie financière soit aussi bien adaptée.
    Mais à qui profite le crime?…
    Doit on en rire ou en pleurer…

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