De Juniac, au nom de l’IATA, a fait des propositions pour améliorer le transport aérien en Afrique

voir le blog d'A. de Juniac

Des nouvelles d’ Alexandre de Juniac ! Il avait été, on s’en souvient bien, PDG d’Air France puis d’Air France-Klm de 2011 à 2016. Et on se souviendra aussi que, las, il avait claqué la porte (revoir ici) en avril 2016. Il a ensuite été nommé DG  de l’IATA, l’organisation mondiale du transport aérien. On peut imaginer qu’il s’y éclate… En fait, je ne connaissais pas son parcours, que j’ai pu voir sur site de l’IATA. Voyez-le ici, c’est impressionnant !

voir le site de l'AFRAA

Il s’est exprimé le 26 novembre, à l’occasion  de la 50 ème assemblée générale annuelle de l’AFRAA, l’association des compagnies aériennes africaines. C’était au Maroc, à Rabat .

C’est très intéressant, à tous points de vue. Et j’ai appris des choses qui devraient intéresser nombre d’entre vous (voyez le speech de de Juniac ici, en anglais). Le trafic aérien en Afrique pèse 55.8 milliards de dollars, et 6.2 millions d’emplois (ce dernier chiffre m’étonne…). Mais il y a un problème de compétitivité, assure le chef de l’IATA. Environ 1.55 dollars est perdu pour chaque passager transporté. Il constate que l’Afrique est une place très chère pour “airlines to do business” et rappelle entre autres que le prix du kérosène est plus cher de 35% que dans le reste du monde. Et que les taxes et charges sont parmi les plus chères de monde.

Il a déploré aussi que trop de gouvernements africains voient le transport aérien comme un luxe plutôt qu’une nécessité. “Nous devons changer cette perception” a t-il ajouté. Il a aussi critiqué une partie des infrastructures aéroportuaires du continent, tout en rappelant que le nombre de passagers en Afrique va quadrupler ces 20 prochaines années.

Par ailleurs, si l’on en croit le compte-rendu de la réunion fait par le site, french.china.org (en français), Abdelhamid Addou, président de l’AFRAA  (et PDG de Royal Air Maroc) a déclaré : “Les compagnies non africaines continuent à s’accaparer l’essentiel du trafic du continent au moment où les transporteurs africains sont pénalisés par l’imposition réciproque de contraintes d’exploitation dans le cadre d’accords bilatéraux restrictifs”. Ce qui  veut tout dire et son contraire, à mon avis. Il n’y a pas “d’accaparement” ! Les États africains sont indépendants et font ce qu’ils veulent et aucune compagnie “n’impose” quoi que ce soit. Le Maroc est bien placé pour le savoir.

D’ailleurs c’est seulement depuis début 2018 qu’a été lancé le MUTAA (marché unique de transport aérien africain) mais visiblement les choses trainent. et ce n’est pas de la faute des “compagnies non-européennes”… Voir le bon article de Ristel Tchounand, la Tribune Afrique, intitulé : Transport aérien: malgré les bonnes intentions, l’Open Sky africain reste hors de portée…

On est bien en Afrique…  A ma connaissance, à part Royal Air Maroc, mais qui n’est pas vraiment représentative du continent,  South African Airlines (qui a été créée il y a longtemps…) et Ethiopian Airlines, il n’existe pas de compagnie africaine qui sorte d’Afrique. Quant aux liaisons intérieures, elles sont rares et extrêmement chères.

Tout ceci me fait penser à l’ex-Air Afrique (voir ce wikipédia, incomplet) . D’origine française, elle a été refondée en 1961, après les indépendances, par 11 pays africains, dont le Dahomey (aujourd’hui Bénin). Elle desservait la France, notamment. Je m’en suis servi plusieurs fois. Le problème c’est que la gestion a été catastrophique, année après années (effectifs pléthoriques, billets cadeaux en pagaille). A la fin, c’est même un Français, Yves Roland-Billecart, qui a été nommé PDG pour redresser la situation… Mails il n’a pu rien faire, malgré les… 37 milliards de Francs CFA, (56 millions d’euros !) accordés par la France pour tenter de sauver la compagnie. Elle a stoppé son activité en 2001 et en faillite en 2002). Mon dieu !! EV

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