Louvres : l’entreprise historique Tobler SAS dans la tourmente

Créée en 1945 par Mr. Tobler en Suisse, la société Tobler est spécialisée dans la confection de pièces de haute précision et de qualité, telles que les serrages inters et exters (mandrins et entraîneurs frontaux). En 1960, une unité de production s’est établit à Louvres, pour des raisons stratégiques et afin de se rapprocher de ses clients français. L’entreprise a su se développer et satisfaire ses clients à l’échelle international, partageant un savoir-faire reconnu dans différents domaines (automobile, aéronautique, agricole, médical, etc…). Frappé par la crise et les changements économiques dans les années 2000, comme beaucoup d’autres entreprises du secteur, la société Tobler a toujours su s’adapter et obtenir des soutiens de la part de groupes internationaux, tels que Mori Seiki (présente à Roissy-en-France) , entreprise japonaise, de 2008 à 2017. En 2017, suite à une perte de marché, un second souffle arrive provenant du Groupe Altifort qui rachète l’entreprise. Lors de cette acquisition, une baisse des effectifs est entamée par le non-remplacement des départs en retraite. Tobler SAS qui comptait en 180 employés dans les années 70, puis 140 dans les années 90, se retrouve à ce jour à 54 employés, pour un chiffre d’affaire trimestriel approchant les 1 million d’euros au carnet de commandes.

  En juillet 2019, le Groupe Altifort, basé à Ham dans la Somme, est en cessation de paiement et placé en redressement judiciaire, affectant l’industrie française. Une extension trop rapide et le marché de l’automobile en souffrance seraient les causes de cette situation, mettant en péril toutes les entreprises appartenant au Groupe. Ainsi, la société Tobler se retrouve également dans la tourmente, mise à son tour en redressement judiciaire en septembre 2019. L’administrateur judiciaire désigné par le Tribunal est le cabinet Abitbol & Rousselet. Concernant le Groupe Altifor, il a définitivement mis la clef sous porte, radié du registre du commerce fin 2019.

  Ce jeudi 6 février, les salariés et membres du CSE (comité social et économique) de Tobler ont convié les journalistes et élus de la ville de Louvres à une conférence de presse, afin d’alerter le plus grand nombre de personnes sur leur situation. A la table, Anne-Marie Chevallier, Responsable ADV, Steve Guichard, Responsable bureau d’étude, Alain Gandegan, Secrétaire CSE, Michèle Vauquier, Secrétaire adjointe CSE, Isabelle Santerre, bureau d’étude, Jean-Yves Lambor, Responsable production, José Da Costa, Responsable des salariés, et David Thiessart, suppléant CSE. Frédéric Navas, Adjoint au Maire chargé de l’Urbanisme et des travaux et candidat aux prochaines élections municipales, et Florian Lehadouey, Directeur de Cabinet du Maire, ont fait le déplacement pour affirmer le soutien de la commune, suite aux difficultés rencontrées par l’entreprise. Youssef Hassani, Directeur actuel de Tobler, était, quant à lui, absent de la conférence de presse car en voyage d’affaire au Maroc.

  « C’est un drame social qui se prépare. La mairie apporte sont soutien total à l’entreprise Tobler. Ce qui m’inquiète, c’est la disparition d’une entreprise locale historique et de son savoir-faire. Une fierté locale est en danger », déclare Frédéric Navas.

  Les employés, réunis autour de la table, défendent leur entreprise en mettant en avant le «Made in France» et l’artisanat industriel, mais aussi la reconnaissance de leurs clients dans le monde. Plongés dans l’incertitude, ils s’inquiètent de leur avenir, avouant que depuis quelques mois, c’est avec la boule au ventre qu’ils continuent de travailler afin d’honorer le carnet de commande, ne pouvant utiliser la trésorerie de la société. « Nous montrons les meilleures volontés et continuons de faire tourner le site, afin de séduire un éventuel repreneur. Mais pour le moment, le seul qui s’est présenté n’a pas les finances à disposition », dit Anne-Marie Chevallier.

   « Aujourd’hui, nous attendons un repreneur qui nous permettrait de sauver nos emplois. Cela devient urgent car nous repassons devant le Tribunal de Commerce de Paris pour statuer sur notre avenir. S’il n’y a pas de repreneur, ce sera la liquidation de la société Tobler. Le 20 février 2020, c’est la fin de la candidature à la reprise. Nous passons ce message afin de demander l’aide de l’Etat, pour qu’il nous aide à trouver un repreneur, et ainsi continuer notre activité et garder nos emplois », ajoute-t-elle. WM

 

Partagez cet article

2 réflexions au sujet de “Louvres : l’entreprise historique Tobler SAS dans la tourmente”

Laisser un commentaire