Cérémonie de commémoration des 20 ans du crash du Concorde à Gonesse

20 ans déjà, que le Concorde du vol Air France 4590, à destination de New York, s’est écrasé sur le site de la Patte-d’Oie à Gonesse, avec en cause principale une lamelle métallique laissée sur la piste par l’avion qui précédait le Concorde, emportant les vies de 113 personnes et ayant révélé un défaut de conception de l’appareil supersonique. Le jour de ce dramatique accident aérien, le 25 juillet 2000, 100 passagers (en grande partie de nationalité allemande), neuf membres d’équipage, ainsi que trois employés de l’hôtel Hotelissimo et un touriste, périrent dans le crash. Afin de célébrer la mémoire de ces disparus, le samedi 25 juillet 2020, s’est tenue une cérémonie de commémoration sur le site du crash, à l’endroit où a été érigée une stèle en automne 2006. En présence d’une cinquantaine de personnes ayant fait le déplacement, dont de nombreux élus locaux, maires et députés, mais également d’associations comme le Conseil municipal de la Jeunesse et le Conseil des Sages de Gonesse, la cérémonie a débuté par un dépôt de gerbes de fleurs au pied du monument, avant qu’une minute de silence en mémoire des victimes soit observée.

Zivka Park, députée (LAREM) de la 9ème circonscription du Val d’Oise, a ensuite prononcé un discours chargé d’émotions : « Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est pour honorer la mémoire des 113 personnes qui ont péri un 25 juillet 2000. Je n’avais, à cette date-là, que 15 ans. Mais je m’en rappelle encore très bien. Je n’étais pas en France et j’ai pu lire dans la presse, dans les médias, cette terrible tragédie. Parce que si elle a fait quelque chose, c’est nous marquer tous ».

« Quand je lis sur le monument, le Concorde s’est écrasé et a brisé la vie de 113 personnes. En réalité, elle a tué 113 personnes mais a brisé les vies des familles de toutes ces gens qui sont décédés, et je pense qu’aujourd’hui nous devons également leur rendre hommage. Nous devons ne pas oublier ce genre de tragédie et rester vigilants sur la sécurité dans le domaine de l’aérien », ajoute-elle, avec un ton solennel.

Lui succédant au pupitre, Jean-Pierre Blazy, maire de Gonesse, dit : « il y a 20 ans, à 16h44, s’écrasait le Concorde du vol Air France 4590, provoquant la mort de 113 personnes. Cette catastrophe s’est produite 90 secondes après le décollage de l’appareil, alors que le pilote tentait un atterrissage d’urgence au Bourget, comme l’indique les enregistrements radio et les boîtes noires. Aujourd’hui 20 après, nous sommes ici réunis pour rendre hommage aux victimes de cette catastrophe aérienne. Cette tragédie a marqué l’histoire de Gonesse et de ses habitants, plus largement l’ensemble du territoire de Roissy ».

« Notre traumatisme est toujours vivace, pour ceux qui en ont été les témoins, cette journée du 25 juillet 2000 est dans toutes les mémoires et Gonesse n’a pas oublié. Le choc, la vision de mort et de désolation reviennent en chacun d’entre nous, dés que l’on évoque cette accident », déclare le maire de Gonesse.

« Concorde était un bel avion, un prototype jamais construit en série, mais il n’a jamais su surmonter son handicap afin d’être exploité de façon commerciale et de façon sécure », dit-il en réclamant plus de sécurité pour l’aviation civile, afin de tirer les conséquences d’un tel drame. Vous pouvez voir l’intégralité des discours de Zivka Park et de Jean-Pierre Blazy, en cliquant sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=1lOXuZmKvJQ.

Comme l’a dit le maire de Gonesse dans sa prise de parole, le traumatisme est encore présent pour les habitants, mais aussi pour celles et ceux qui ont échappé à la mort de justesse ainsi que pour les témoins du crash. On peut comprendre qu’une majorité d’entre eux ne soient pas venus pour cette cérémonie du tristement 20ème anniversaire de la tragédie. Cependant, je vous conseille vivement de lire deux articles du Parisien, récemment publiés, au sujet de Lucyna Duriez, qui travaillait dans un hôtel voisin : https://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/crash-du-concorde-lucyna-54-ans-survivante-depuis-vingt-ans-24-07-2020-8358345.php, et de Michèle Fricheteau, responsable de l’Hôtelissimo au moment de l’accident : https://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/crash-du-concorde-michele-se-sent-toujours-coupable-d-avoir-survecu-24-07-2020-8358354.php. Dans ces deux poignants entretiens, les deux femmes évoquent les souvenirs de cette journée du 25 juillet 2000 où elles ont côtoyé la mort de très près, entre effroi et tristesse. Elles abordent également leurs traumatismes et le fardeau de survivre à ce genre de tragédie. WM

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