Cérémonie du 76ème anniversaire de la libération de Louvres

Vendredi 4 septembre 2020, à 19h devant la mairie de Louvres, s’est tenue la cérémonie du 76ème anniversaire de la libération de la ville, ainsi qu’un hommage aux quatre jeunes FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), tués par les forces allemandes. La cérémonie s’est déroulée en présence d’Eddy Thoreau, maire de Louvres, Patrice Bessac, maire de Montreuil, Zivka Park, députée de la 9ème circonscription du Val d’Oise, Isabelle Rusin, maire d’Épiais-lès-Louvres et conseillère départementale en charge de la Commission d’Appels d’Offres, Anthony Arciero, conseiller départemental en charge de l’Emploi et du Grand Paris, de représentants des associations de la mémoire ainsi que des anciens combattants de Louvres et de Montreuil, du Conseil Municipal des Jeunes de Louvres, et d’une cinquante de personnes regroupant élus des deux villes et citoyens.

Au cours de la cérémonie, les stèles, se trouvant à l’entrée de Louvres et dans la rue de Paris, ont été honorées par un dépos de gerbes et par un appel aux morts. Dans un bref discours, Patrice Bessac a souligné le sacrifice de ces résistants, morts pour notre liberté et notre salut. Le cortège a fini sa marche jusqu’au cimetière, devant l’obélisque du monument aux morts. Les participants à la cérémonie étaient ensuite conviés à un vin d’honneur à la mairie, en visionnant un documentaire sur la libération de Louvres.

Retour sur cette période historique de la ville de Louvres. Le 29 août 1944, René Emile Remou, Roland Pommet et Paul René Boucherit, habitants de Montreuil (93), et Henri Duc, habitant de Vincennes (94), sont tous les quatre membres au groupe Panta du réseau Jade-Fitroy, une organisation clandestine de résistants opérant sur la région parisienne. Créé en 1940, le réseau Jade-Fitroy a connu de nombreux revers à la suite des arrestations de ses membres, au cours de l’occupation de la France par le 3ème Reich. Les deux fondateurs, Claude et Denise Lamirault, sont arrêtés en avril 1944, créant la désorganisation du réseau. Ce n’est qu’en juillet 1940, à l’initiative de l’industriel Georges Tournon, que le réseau Jade-Fitroy est reconstitué de manière autonome sous le nom de groupe Panta, qui est rattaché au BCRA et participe à la Libération de Paris en facilitant par une activité de renseignement l’entrée des troupes alliées dans la capitale. L’activité réelle de groupe de résistants ne reprend que le 20 août 1944. Georges Tournon envoie au-devant de la 2e DB, retrouvée à Rambouillet, Alain Bussard et Renée Lichtig porter les renseignements collectés sur les défenses allemandes dans Paris et les environs. Le groupe Panta facilite ainsi la progression des troupes de Leclerc vers la capitale. Dans cette dynamique, le 29 août 1944, quatre jeunes résistants sont envoyés à Louvres afin de contacter un groupe local. Malheureusement, une unité d’infanterie allemande, en repli, occupe la commune et les quatre résistants sont arrêtés, interrogés et puis exécutés. Ce drame se passa deux jours avant la libération de Louvres et de la Seine-et-Oise (ancien nom du Val d’Oise) par l’armée américaine. Leurs corps furent retrouvés aux abords de la ville, le 30 septembre 1944 par un luparien, M. Prudhomme.

Un témoin de la capture des résistants a été entendu par la gendarmerie et une déposition a été enregistrée le 28 juin 1945. Ce témoignage provient d’un habitant de Louvres, Georges Sainte-Beuve. Voilà sa déposition : « La veille de la Libération, le mardi 29 septembre, les allemands ont amené dans ma propriété quatre jeunes gens étrangers à la commune. Au bas de mon perron, à proximité de ma cuisine, ils ont subi un interrogatoire de 20 minutes. Etant enfermé dans ma cuisine et gardé par deux allemands depuis 7h du matin jusqu’à 7h du soir, je n’ai rien entendu de l’interrogatoire. Par les fenêtres de la cuisine, j’ai vu les Allemands emmener les quatre jeunes gens vers ma basse-cour. De là, ils sont montés en camion pour une destination inconnue. Quelques instants après, j’ai entendu des détonations, derrière les écoles voisines de ma propriété. J’ai appris leur sort et la découverte de leurs cadavres le lendemain par mon voisin. Je tiens à ajouter qu’à leur arrivée dans ma propriété, ces malheureux avaient les mains derrière la nuque, ils les ont gardées jusqu’à la montée dans le camion. »

Je remercie le Musée de la Résistance et le service de recherche des crimes de guerres qui m’ont aidé dans mes investigations afin de réaliser cet article en ce qui concerne cet évènement historique de la ville de Louvres. WM

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1 réflexion au sujet de “Cérémonie du 76ème anniversaire de la libération de Louvres”

  1. Merci pour ce très bel article qui nous rappelle le dévouement de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour notre liberté. Merci de préserver la mémoire et de faire connaître notre histoire.

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