Les agriculteurs et les élus du territoire se mobilisent contre les dépôts sauvages d’ordures

Depuis deux semaines, bon nombre d’usagers de la D317 ont pu constater la présence de deux énormes tas de détritus à hauteur du rond-point de l’Europe, situé au-dessus de la Francilienne entre Goussainville et Louvres. Ce dépôt de déchets (ci-dessus) a été mené par plusieurs agriculteurs du territoire du Grand Roissy, excédés par les dépôts sauvages sur leurs terres agricoles. Ces deux imposants tas, représentant plusieurs tonnes de déchets, n’est que la partie immergée de l’iceberg. Représentant un véritable fléau, ce phénomène touche malheureusement tout le pays et est en constante augmentation depuis 30 ans. Cela détériore les cadres de vie, pollue les sols et est une menace directe pour les agriculteurs, qui retrouvent ces dépôts sauvages en plein milieu de des champs, pouvant abîmer les machines agricoles.

Cette action est largement soutenue par les élus locaux, qui tirent la sonnette d’alarme sur de telles pratiques s’apparentant à un écocide. Dans ces élus en colère, Chantal Romand, maire de la commune de Mareil-en-France (95) qui a décidé d’agir en faveur d’une chasse aux pollueurs aux abords de sa ville. « C’est un gros problème, un véritable fléau ! Dans ces dépôts sauvages, il y a énormément de gravas et des restes de matériels de chantiers. Mais, on y trouve aussi des produits toxiques, dangereux pour la santé et l’environnement. Même si nous les enlevons, les déchets reviennent de plus belle », déclare Chantal Romand, lors de l’entretien téléphonique.

« Ici à Mareil-en-France, nous avons récemment décidé de passer à l’offensive avec l’installation de caméras, se déclenchant aux moindres mouvements sur les sites de dépôts sauvages. Dès ce mercredi 7 octobre, une de nos caméras a pris sur le fait des individus venus déposer une carcasse de camionnette sur un plateau », ajoute-t-elle. La capture est ci-dessus.

La maire de Mareil-en-France, comme ses homologues élus, attendent des moyens et des actions des pouvoirs publics, avec un durcissement de la loi afin de combattre ce fléau. Pour rappel, tout dépôt de déchets (dont les abandons d’épaves) est interdit sur l’espace public et sur le terrain d’autrui (art. R.632-1 et 635-8 du code pénal). Tout contrevenant est passible d’une amende de 35 euros (article R 632-1 du code pénal), et si l’infraction est commise au moyen d’un véhicule, le montant de l’amende est de 1500 euros (article R635-8 du code pénal). Une sanction qui pourrait paraitre bien dérisoire pour dissuader les pollueurs.

Autre commune du Val d’Oise ayant rencontré ce genre de situation et ayant pris des initiatives contre les dépôts sauvages, Vémars, qui avait des tas de déchets à la sortie de la ville, à proximité de la route longeant le stand de tir. Une voie de service donnant accès à l’autoroute A1 servait de dépotoir clandestin jusqu’à ce que la mairie décide de condamner cette dernière avec un grillage et des blocs de béton, comme le montre la photo ci-dessus. Méthode radicale mais efficace.

Que ce soit en lisière de bois ou en plein champ, cette année a été fortement marquée par une hausse des dépôts sauvages, en ce qui concerne le territoire du Grand Roissy, malgré la création ces dernières de plusieurs déchetteries comme celle située entre Survilliers et Plailly https://www.smdoise.fr/dechetteries/dechetterie-de-plailly/. En attendant un regain de sanctions envers ces actes d’incivilité, qu’ils soient particuliers ou professionnels, les pollueurs sont rarement les payeurs. WM

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