Le projet de lignes TGV et TER « Roissy-Picardie » se fera

Roissy Mail suit le dossier depuis 2010 (https://www.roissymail.fr/2010/07/16/le-projet-de-schema-national-dinfrastructures-de-transport-a-ete-publie/) et avait, également, suivi de très près les réunions de concertation préalable du projet ferroviaire Roissy-Picardie qui avaient eu lieu : le 10 décembre 2019 à Roissy-en-France (https://www.roissymail.fr/2019/12/13/le-projet-de-liaison-tgv-roissy-picardie-ne-convainc-toujours-pas-les-elus-de-la-communaute-d%e2%80%99agglomeration-de-roissy-pays-de-france/), le 28 janvier 2020 à Fosses (https://www.roissymail.fr/2020/02/10/concertation-sur-le-projet-de-liaison-ferroviaire-roissy-picardie-tres-animee-a-fosses/) et le 4 février 2020 à Vémars (https://www.roissymail.fr/2020/02/10/derniere-reunion-de-concertation-sur-le-projet-roissy-picardie-a-vemars-sous-haute-tension/).

La nouvelle est tombée à l’issue d’une décision ministérielle prise le 28 août 2020 par Barbara Pompili, Ministre de la Transition Ecologique, et par Jean-Baptiste Djebbari, Ministre délégué de la Transition Ecologique chargé des Transports. Le projet ferroviaire Roissy-Picardie verra bien le jour.

Par suite de cette décision, SNCF Réseau a reçu le feu vert pour finaliser le dossier d’enquête d’utilité publique afin de le présenter au cours de l’année 2021. Ce projet se veut contribuer à renforcer l’attractivité et le développement des territoires de l’Amiénois, du sud des Hauts-de-France et du nord-est du Val d’Oise. Il s’inscrit dans les investissements prioritaires par le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) et la loi d’orientation des mobilités (LOM), mais également dans la politique de développement durable. La ligne Roissy-Picardie devrait être mis en service après une première phase de travaux à l’horizon 2025.

« Cette ligne ferroviaire est une très bonne nouvelle pour le territoire Picard. Roissy est un bassin d’emploi majeur et grâce à cette avancée attendue de longue date, le quotidien des nombreux habitants qui y travaillent, sera durablement facilité », a déclaré Barbara Pompili dans le communiqué de presse du ministère de la Transition Écologique, consultable ici (https://www.ecologie.gouv.fr/ligne-nouvelle-roissy-picardie-0) .

Nul doute que la joie des Picards peut se comprendre, ( 30% environ des travailleurs de la plateforme aéroportuaire sont Picards), mais les habitants de Vémars et de Villeron ne voient guère cette décision d’un bon œil. « Je suis en colère. Le combat ne fait que commencer et nous allons tout mettre en œuvre pour nous faire entendre, sur les plans administratifs et judiciaires », déclare Frédéric Didier, maire de Vémars. Dans l’état du projet, le tronçon double voies de 6,5 km de la future ligne Roissy-Picardie doit s’implanter à proximité de la ville et scinder le territoire entre Vémars et Villeron.

De son côté, Pascal Doll, maire d’Arnouville-lès-Gonesse et président de la Communauté d’Agglomération Roissy Pays de France (CARPF), se veut un peu plus mesuré dans ses propos, tout en restant ferme, mais laissant sa porte ouverte au dialogue envers les protagonistes du projet afin qu’ils modifient leur copie : « Il y a un tracé qui doit passer entre les communes de Vémars et de Villeron, où des gens ont acheté des pavillons et personne ne leur a dit qu’une ligne ferroviaire grande vitesse serait construite à cet endroit. Il y a des gens qui sont installés et qui ont le droit à un confort de vie minimum. Je serai très attentif que les dispositions prises par les décideurs et les exécuteurs de ce projet, pour que toutes les normes liées aux bruits et à la gène soient parfaitement respectées et que les aménagements paysagés de ce secteur, soient particulièrement affinés. On nous a dit qu’en matière de financement, tout n’était pas bouclé. Alors ce que j’aimerais bien, c’est que l’on boucle tout ça et qu’on nous dise ; voilà à quoi ressemble le projet, esthétiquement et financièrement, et qu’il soit plus équitable pour les Val d’Oisiens avec une passerelle permettant l’utilisation de la ligne par ces derniers », a déclaré le président de la CARPF, lors d’une interview donnée par nos confrères de chez Val d’Oise News 95. L’interview vidéo complète de Pascal Doll, réalisée il y a quelques semaines à l’issue de sa nomination en tant que président de la CARPF, est disponible ici (https://95.telif.tv/2020/09/14/la-liaison-roissy-picardie-definitivement-validee-par-le-gouvernement/). WM

l’AVIS d’EV

Je ne  serai pas aussi affirmatif que WM quand il écrit que le projet se fera, ayant suivi de près ce dossier fleuve qui traine depuis, un jour autorisé, un jour annulé etc. Mais bon, on verra…

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Dernière réunion de concertation sur le projet Roissy-Picardie à Vémars sous haute tension

le maire de Vémars, Frédéric DIDIER est farouchement opposé au projet, depuis le début

Le mardi 4 février 2020 s’est tenu le dernier débat sur la concertation préalable au sujet du projet de la liaison ferroviaire Roissy-Picardie, dans la salle des fêtes de la ville de Vémars. La soirée s’est déroulée en présence de Laurence Rosset, Responsable de la concertation pour le compte de la SNCF, André Bayle, Chef de la mission SNCF Roissy-Picardie, Armand Thomas, Responsable foncier et urbanisme, Luc Buisson, Responsable juridique et environnement. Cette réunion était encadrée par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), avec en présence Sylvie Denis-Dintilhac et Michel Riou, et animée, comme pour toutes les soirées de concertation précédentes, par Emilie Walker, de l’Agence Eker. Cette ultime soirée d’information et de concertation fait suite à celles organisées en décembre 2019 à Roissy-en-France et à Fosses la semaine dernière (voir les anciens articles ici). Afin d’apporter plus de détails au futur projet, de nouveaux intervenants se sont ajoutés au débat comme Mikaël Beck, Directeur grands projets ARCADIS, Pierre-Alexis Romarie, Chef de projet acousticien ARCADIS, et Franck Spinelli, Directeur Agence Nord-Ouest ECOSPHERE.

La soirée promettait des remous, la futur ligne TGV TER impactant directement les riverains des communes de Vémars ainsi que de Villeron, et ce sentiment fût avéré dès le début de la séance. La salle pouvait compter sur la présence de plus d’une centaine de personnes, avec des habitants du territoire et de nombreux élus locaux ayant fait le déplacement. S’affichant ouvertement contre le projet, Frédéric Didier, Maire de Vémars, donne la température dans son discours d’ouverture : « Je tiens d’abord à dire, que bien le sujet soit grave, nous devons garder le respect lors du débat et respecter le droit républicain de la liberté de parole, en restant respectueux de chacun. Pour commencer, nous ne sommes pas dupes, cette concertation est un leurre. Nous avons à faire au rouleau compresseur de la SNCF, qui petit à petit, impose un projet que nous avons déjà rejeté, il y a une décennie. Rappelons que la loi, votée le 24 décembre 2019, a relancé le projet Roissy-Picardie. Je suis, pour ma part, fermement opposé à ce dernier ».

Comme pour chaque réunion, les intervenants de la SNCF se succède afin d’expliquer le projet, mais très vite un dialogue de sourd s’engage entre l’assistance et représentant de la SNCF Réseau. « On s’en fout ! », hurle une personne dans le public. « Revenez nous voir quand le RER D fonctionnera correctement ! », scande un autre, au fond de la salle. La majeure partie du public est hostile au futur tracé ferroviaire, qui devrait voir le jour aux portes des villes de Vémars et Villeron. Les préoccupations principales des riverains sont concernant les nuisances sonores et la défiguration du paysage.

cliquez pour voir la vidéo tournée par nos soins. Ça a chauffé !

« Il y a 5 ans, j’ai quitté Paris pour le calme et le cadre agréable qu’offre Vémars. Et là, on nous annonce le Terminal T4 et le Roissy-Picardie. Ce n’est pas possible ! », dit une femme. La question du foncier fait irruption, par le biais d’un autre habitant : « J’ai acheté récemment. C’est un patrimoine qui va être dévalorisé par votre projet. Prévoyez-vous un fond afin de dédommager ceux qui seront directement impactés ? », demande-t-il.

La population locale ne sent pas entendue et reproche aux représentant de la SNCF de sortir un discours trop orienté sur le côté « marketing » du projet, plus proche de l’acceptation que de la concertation. Diverses associations écologiques de l’Oise, ayant fait également le déplacement, s’inquiète pour la biodiversité du territoire et accusent la SNCF, ainsi que les prestataires comme ARCADIS, de mettre en route un projet jugé inutile et non-viable, néfaste pour la nature.

Se défendant de ces accusations, André Bayle dit : « Le projet a été relancé par l’Etat. Il y a aussi des réalités économiques auxquelles nous ne devons pas ignorer. Les Haut-de-France n’ont pas accès à Roissy par les transports et la ligne Roissy-Picardie peut répondre à ce besoin. Ce sont des enjeux de différents niveaux ». Le public se met fortement en colère, reprochant un hors sujet de l’interlocuteur et qu’ils ne sont pas concernés par les propos tenus. Ils ne veulent être les dindons de la farce, héritant que des côtés négatifs du projet.

« Si ! Il y a une solution ! C’est une ZAD ! », crie un homme, excédé par le manque de réponses rassurantes envers les riverains inquiets.

« On vous demande de revenir lorsque l’on aura un RER D convenable. Ensuite on pourra parler du barreau Roissy-Picardie », déclare Anthony Arciero, élu à Survilliers et Conseiller départemental du Val-d’Oise. A de nombreuses reprises, l’ancien projet du barreau de Gonesse est évoqué, alternative que les Vémarois et Villeronnais trouvent plus efficient, sans sacrifier une partie de leur territoire.

Durant plus de deux heures, le débat fût bien difficile entre les représentants du projet et l’assistance, ne trouvant aucun terrain d’entente et n’apaisant nullement la colère généralisée et les inquiétudes. En guise de conclusion à cette réunion, après les messages de défiances venant des habitants, Frédéric Didier dit : « Cette colère, elle n’est pas dirigée contre vous mais contre ceux qui devraient être à votre place, les membres du gouvernement. C’est Madame la Ministre qui devrait être là, devant nous aujourd’hui. Mais entendez bien cette conversation ! Et faites-la remonter à ceux et celles qui ne viennent jamais nous voir. Et dites leur bien : nous, on n’en veut pas ! Nous sommes bien déterminés à utiliser tous les moyens et recours à notre disposition, pour mettre fin à ce projet tel qu’il se trouve être actuellement ! ». WM

L’avis d’EV

Scénario habituel… Quand on pense que les premières “concertations” s’étaient déroulées il y a… 10 ans. J’avais assisté à plusieurs d’entre elles, c’était déjà pas triste. Je redis, encore, que ce genre de “concertation” ne sert à rien, sinon à donner l’impression à ceux qui y participent, qu’ils peuvent s’y opposer. Et c’est la CNDP, toujours grassement rémunérée pour organiser ce genre de truc, qui pousse à la roue (on se souviendra des réunions épique sur EuropaCity). Je serai toutefois d’accord avec certains opposants (parfois excités comme des puces): le problème du RER D, qui dysfonctionne (comme le B) depuis des lustres. Ni l’Etat, ni la Ratp, ni la SNCF n’ont rien fait depuis tout ce temps. Et je peux vous dire que c’est la galère pour les usagers qui sont obligés de prendre ce satané RER.

Bon… SNCF Réseau a remis en ligne le site (qui avait disparu) du projet. C’est à voir en cliquant ci-dessous.

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Concertation sur le projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie très animée à Fosses

Le mardi 28 janvier 2020 en soirée, dans la salle principale de l’Espace Germinal à Fosses,  s’est tenu le débat sur la concertation préalable au sujet du projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie, sous l’égide de Laurence Rosset, Responsable de la concertation pour le compte de la SNCF, André Bayle, Chef de la mission SNCF Roissy-Picardie, Laurence Debrincat, Directrice Prospective et Etudes au sein d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), Laura Mathieu et Aurélie Rigault, Conseil Départemental du Val d’Oise. Cette soirée était encadrée par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), avec en présence Sylvie Denis-Dintilhac et Michel Riou, et animée par Emilie Walker, de l’Agence Eker. Cette soirée de concertation fait suite à celle organisée en décembre 2019, à Roissy-en-France (voir l’ancien article ici). La salle était quasiment pleine, avec bon nombre d’usagés de la ligne du RER D, ainsi qu’en présence d’élus locaux, directement concernés par le futur projet ferroviaire.

Commençant avec 15 mins de retard, le ton est donné dès le départ. Juste avant que la séance débute, un usagé fortement excédé débarque dans la salle et s’en prend directement à la délégation SNCF Réseau : « Ça fait 3 ans que je vous écris ! Vous ne faîtes rien pour le RER D ! Ça suffit ! », hurle l’homme, en brandissant un dossier contenant ses courriers. Un des policiers municipaux, présents pour la sécurité de la soirée, est alerté par les organisateurs du débat et fait irruption dans la salle, afin de calmer l’homme, qui est invité à sortir de l’Espace Germinal. L’homme part, sans se faire prier, laissant une grande partie de l’assistance interrogatif et dubitatif, devant la colère de l’homme.

Témoin de la scène et voulant que la soirée, qui a pour thème les mobilités autour du projet Roissy-Picardie, se passe dans les meilleures conditions possibles, Pierre Barros, Maire de la ville de Fosses, ouvre la séance par un discours : « En tant que maire, je suis conscient de la grogne de mes concitoyens à propos du RER D, vraie galère pour les usagés de cette ligne, et de leurs interrogations sur le projet. C’est normal, mais nous devons aussi avancer et être constructifs avec ce dernier, avec beaucoup de travail et de collaboration. C’est un grand moment pour notre territoire ». Des voix se font entendre dans le public, aussitôt Pierre Barros assit. On peut entendre : « Nous voulons d’abord parler du RER D » ou « N’y a-t-il pas des priorités, avant un raccordement TGV ? ». La salle montre, majoritairement, une vive opposition dès le début de séance.

Sylvie Denis-Dintilhac rappelle qu’au vu des circonstances actuelles, le débat sur la concertation du projet a été repoussé jusqu’au 18 février de cette année, étant à la base  prévu initialement fin janvier. « Nous avons consciences de vos craintes et autres doléances que vous pouvez nous adresser. Il y a beaucoup d’attente, d’où le dispositif reporté. Nous voulons simplement construire des solutions », déclare-t-elle.

M.Bayle, chargé du projet à la SNCF

C’est dans une atmosphère assez lourde qu’André Bayle et Laurence Rosset amorcent la présentation du projet Roissy-Picardie, qui fera le raccordement du TGV entre la gare de Fosses et la gare de l’aéroport Charles-de-Gaulle, couvrant une distance de 6,5 km. « Ce projet d’amélioration, retenu par l’Etat, entre dans le contexte de la loi d’orientation des mobilités (LOM), en débat depuis 2017 et votée le 24 décembre 2019, avec pour dominante les transports du quotidien. C’est un long processus avec pour maître d’œuvre, la SNCF Réseau. Cela s’inscrit dans un renforcement des transports par la création d’un ligne nouvelle et d’un double service, TGV -TER », dit André Bayle.

« L’estimation pour ce projet est de plus de 356 millions d’euros, à ce jour. Le raccordement TGV permettra au sud de l’Oise de profiter de Roissy CDG, bassin de vie et d’emplois. Amaury de Saint-Quentin, actuel Préfet du Val d’Oise, est en charge de la planification face aux enjeux par la multiplication des travaux », ajoute-t-il, défendant le projet avec enthousiasme et confiance.

Passant ensuite aux questions-réponses avec le public, les avis s’enchaînent… et se ressemblent. De manière générale, les gens ne se sont pas convaincus par le projet. « Ce n’est pas notre besoin. Il y a de gros problèmes sur la ligne du RER D, depuis plusieurs années, et ça ne fait que se détériorer. N’y a-t-il pas d’autres priorités ? », demande un des usagés en colère.

Présent dans l’assistance, Pascal Doll, Maire d’Arnouville, prend la parole : « Je rejoins la grogne des usagés et je réitère mes propos durant la concertation à Roissy-en-France, en décembre. Je ne connais pas un élu, qui soit pour ce projet. Vous êtes à la limite de la provocation. J’aurai 50 questions pour vous mais une seule pourrait résumer ma pensée. Est-ce une réunion de concertation ou une réunion d’acceptation ? Je me pose de sérieuses questions », dit-il.

« Le RER D est une catastrophe. Il y a trop de problèmes avec des trains qui n’arrivent pas à l’heure, quand ils ne sont pas supprimés, sans parler de la sécurité sur cette ligne. Ne nous parlez pas de mobilités », s’exprime à son tour Eric Plasman, Maire de Chennevière-lès-Louvres.

Voyant que certaines questions ne sont pas abordées et développées, certaines personnes du public quittent la salle. Laurence Debrincat essaie d’apporter quelques réponses. « Nous comprenons vos arguments. Je vous rejoins sur le fait que le réseau RER D est vétuste, occasionnant des retards. Le principal problème a été l’inaction et le RER D a souffert du manque de financement, au cours du temps. Nous mettons le paquet pour améliorer cela, afin de restaurer la qualité de services sur une fourchette qui se situe entre 2030 – 2035 », déclare la Directrice Prospective et Etudes de l’IDFM.

« Dans un temps plus bref, 140 nouveaux trains, dernières générations, commencera à remplacer les anciens trains à partir de 2021, sur l’ensemble du réseau franciliens. Ces futurs trains sont climatisés, avec de plus grandes portes afin d’optimiser le flux de passagers et ainsi diminuer le temps d’attente en gare. L’amélioration des mobilités, c’est aussi les travaux d’aménagement qui sont actuellement en cours, gare de Fosses et gare de Louvres. Enfin, le nouveau système de signalisation, NEXTEO, verra le jour à partir de 2026 sur le tronçon Paris intramuros et il s’étendra au reste du réseau dans les années qui suivront », déclare-t-elle, au rythme des images présentées sur l’écran géant.

Dans une seconde phase de questions-réponses, une minorité de gens se sentent concernés par les propositions, venant des intervenants de la concertation. Quelques personnes, habitants dans le sud de l’Oise, approuvent le projet mais ceci ne représente pas l’intégrité de la salle, qui est plutôt à la défiance, ne retrouvant pas vraiment dans le projet. Les mots fusent : « Saloperie de RER D ! », « Pourquoi les trains omnibus n’existent plus ?! » ou « C’est le bordel cette ligne, ça se voit que vous ne prenez pas les transports ». Bernard Loup, écologiste et Président du Collectif pour le Triangle de Gonesse, ne cache pas ses inquiétudes concernant ce projet qui risque d’impacter l’environnement et les terres agricoles. « Je propose que ce projet soit sous l’égide de Francis Rol-Tanguy, qui s’occupe également des concertations sur le devenir du Triangle de Gonesse, après l’annulation d’Europa City », déclare-t-il.

En conclusion, cette soirée de concertation a été mouvementée pour les organisateurs de cette réunion, qui s’est value avant tout informative, mais n’arrivant pas à convaincre l’auditoire pendant les deux heures d’échange. Après s’être confrontés aux élus durant la réunion de décembre, la SNCF et le CNDP se retrouvent face à des usagés en colère, hostiles au projet ferroviaire Roissy-Picardie. La prochaine réunion de concertation aura lieu le mardi 4 février, à la salle des fêtes de Vémars, 19h. Cette réunion promet une hostilité maximale, la ville de Vémars étant directement impactée par le futur tracé TGV qui doit se trouver sur son territoire, à proximité d’un récent quartier d’habitation. WM

l’avis d’EV

Mon dieu :

Nous mettons le paquet pour améliorer cela, afin de restaurer la qualité de services sur une fourchette qui se situe entre 2030 – 2035 », déclare la Directrice Prospective et Etudes de l’IDFM“.

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Le projet de liaison TGV Roissy-Picardie ne convainc toujours pas les élus de la Communauté d’Agglomération de Roissy Pays de France

Toujours remonté, Patrick Renaud

Dans le cadre de la (nouvelle…) concertation préalable concernant le projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a organisé une réunion publique afin d’informer et de prendre les avis des habitants, qui seront impactés par le projet. La réunion s’est tenue le mardi 10 décembre 2019, dans la salle polyvalente Marcel Hervais à Roissy-en-France, devant des élus de la Communauté d’Agglomération de Roissy Pays de France et quelques habitants des villes de Vémars et Villeron ayant pu faire le déplacements, encadrée par Sylvie Denis-Dintilhac et Floran Augagneur, tous les deux garants de la concertation pour la CNDP, ainsi que de Laurence Rosset, Responsable de concertation pour la SNCF et André Bayle, Chef de la mission SNCF Roissy-Picardie. A noter que parmi les élus locaux présents, il y avait Patrick Renaud, Président de la Communauté d’Agglomération de Roissy Pays de France, André Toulouse, Maire de Roissy-en-France, Pascal Doll, Maire d’Arnouville, Jean-Noël Moisset, Maire de Survilliers, Dominique Kudla, Maire de Villeron, Frédéric Didier, Maire de Vémars, Michel Jaurrey, 2ème Adjoint au Maire de Gonesse à l’urbanisme, Marie-Christine Robert, 3ème Adjoint au Maire aux affaires culturelles et associatifs, et Daniel Mella, 4ème Adjoint au Maire de Marly-la-Ville à l’urbanisme. Le débat fut animé par Emilie Walker, de l’Agence Eker.

Comme un préambule annonçant l’humeur générale de la réunion de concertation, Patrick Renaud prend le micro et déclare : « Pour commencer, je tiens à dire que je ne suis pas content. La manière n’est pas respectable. Dans l’état du projet, je suis contre. Cette nouvelle concertation tombe au plus mal. Aux noms des 42 communes dont je représente, cette annonce nous contrarie grandement. Nous avons rien contre la Picardie, rassurez-vous, mais depuis ces dernières semaines, après l’annulation d’Europa City, la Communauté d’Agglomération de Roissy Pays de France se sent lésée, sachant que nous ne serons pas ceux qui en profiterons, bien qu’en ayant les infrastructures sur notre territoire ».

au micro, Dominique Kudla, maire de Villeron, est en première ligne contre le projet

Pour rappel, ce projet d’un montant estimé à plus de 300 M€ aura surtout vocation à connecter les Hauts de France au réseau TGV, en passant par la gare CDG.  Et permettra dans la foulée de faciliter l’accès pour les habitants des Hauts-de-France aux emplois de la plateforme aéroportuaire de Paris-Charles de Gaulle. Mais la CA Roissy Pays de France ne l’entend pas de cette oreille. Dans ce contexte, une motion contre ce projet avait été votée à l’unanimité lors du conseil communautaire du 27 septembre 2018 (la voir ici).

“Inclusif”…

Floran Augagneur, à l’écoute des propos exprimés par le Président de la Communauté d’Agglomération, lui répond : « Nous entendons votre discours. Sachez que la CNDP est organisme indépendant. Notre rôle de garant en ce qui concernent ce projet, se fait dans un principe d’équivalence, de transparence, en utilisant le principe d’argumentation et en établissant une cartographie des arguments. Grâce à ce dispositif participatif, inclusif, nous restons à l’écoute de tous ».

Pendant environ une heure, s’est ensuite déroulée une présentation du projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie, où André Bayle a défendu ce dernier. « Notre objectif est l’amélioration du service au quotidien et la desserte du Pôle de Roissy. Par ce fait, nous construirons un raccordement à double voie de 6,5 km pour le TGV, entre la gare de Survilliers-Fosses et les voies TGV existantes à proximité de Vémars. La création de quais en gare de Roissy CDG et divers aménagements sur les gares en amonts sont également prévus », dit-il.

“foutage de gueule”

« Nous avons besoin de plus de temps ! », s’insurgent les élus. La salle devient subitement bruyante, une grande partie de l’assistance semble assez mécontente des informations dévoilées par le représentant projet de SNCF Réseau. « De toute façon, les dés sont pipés ! C’est du foutage de gueule ! » ou « Ce n’est pas une concertation, vous attendez simplement notre validation ! », sont les phrases qui fusent dans les airs, profitant du léger brouhaha ambiant. André Bayle tente de rassurer les élus : « Rien est figé. C’est pour cela que nous sommes réunis aujourd’hui et que la concertation est ouverte jusqu’au 31 janvier 2020. Nous avons besoin de connaître vos besoins et vos retours ».

Directement impactés par le futur raccordement ferroviaire, les maires de Villeron et Vémars fustigent le projet : « Ce n’est pas clair tout ça, il y a beaucoup de zones d’ombre. Aucune communication concernant le trafic de nuit et les nuisances sonores. Nous avons amorcé la construction de plusieurs zones habitables, vous ne prenez pas en compte nos projets actuels. Et pourquoi une concertation envoyée à la dernière minute, pendant cette période ? », demande Dominique Kudla. « C’est un leurre !  L’idée n’est plus aux questions, c’est un manque de respect aux élus et aux citoyens. Je suis opposé à ce projet, déjà ficelé, qui prévoit une partie du massacre du bois et des terres agricoles. De plus, votre communication est douteuse », ajoute Frédéric Didier.

C’est avec une certaine agitation que les échanges se déroulent, les élus globalement d’accords entre eux ne se cachent pas pour montrer leurs inquiétudes. L’échange arrive rapidement dans une impasse. Le débat s’enlise et les questions d’habitants, évoquant les nuisances phoniques et la détérioration de leur cadre de vie, ne viennent pas arranger les choses.

L’écologiste Bernard Loup, Président du “Collectif pour le Triangle de Gonesse”, expose son avis : « Je suis contre le projet (en 2011 il était pour, NDLR). Ce sont les acteurs économiques, les responsables », avant d’être rapidement interrompu par le Président d’Agglomération de Roissy Pays de France. « Ah oui ! C’est sûr ! Vous êtes contre tout ! C’est en partie grâce à des gens comme vous qu’Europa City a été abandonné », lui dit-il. Rajoutant à la fin d’une courte joute verbale, Patrick Renaud reprend l’expression à haute voix : « Vous le savez… quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ».

Les élus ne se gênent pas de rappeler à André Bayle que le Barreau de Gonesse, projet similaire datant du début des années 2000, a été annulé au profit de ce nouveau projet s’apparentant à un Barreau de Picardie. Ils y voient comme une provocation à leur encontre.

En conclusion, ce n’est pas cette réunion publique de 2h qui aura réussi à répondre aux questions et à réduire les inquiétudes des riverains. Beaucoup de points clefs n’ont pas été abordés et les élus y voient clairement un forcing du projet, durant une période qui ne leur laisse pas énormément de temps de réaction. Comme il avait ouvert la réunion par sa prise de parole, Patrick Renaud reprend le micro pour y apporter sa conclusion : « C’est bien gentil tout ça mais même vos chiffres ne sont pas clairs. Pécresse nous a dit qu’il n’y a plus d’argent, pas d’aide. Alors qui va payer le déficit ? Moi, je n’ai plus de recette ! En plus, vous savez que les mairies sont très occupées pour la période des vœux et dans la préparation des prochaines municipales. L’angoisse est palpable. Donc, ce n’est pas fini, j’ai 42 maires à réunir et j’entends bien nous faire entendre, car là, c’est le projet imposé de trop ».

Vous aussi donnez votre avis par écrit : en contribuant sur le site internet www.roissy-picardie.fr via le formulaire ou en écrivant via email à SNCF Réseau : concertation-roissy-picardie@reseau.sncf.fr ou par courrier au : SNCF Réseau, Direction de la Stratégie du Réseau, Mission Roissy-Picardie, 18 rue de Dunkerque, 75010 Paris. La concertation se déroule du 2 décembre 2019 au 31 janvier 2020. WM

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Roissy Picardie : quand j’avance, tu recules…

cliquez pour voir le site Roissy Picardie

C’est incroyable ! Un truc bien français…. Le projet de raccordement de la Picardie au réseau TGV (liaison directe Picardie Roissy, qui implique la construction d’une nouvelle voie (un barreau sur 6 km, sur le territoire de la CA Roissy Pays de France), revient sur la table. Avec une nouvelle “concertation”, alors qu’un débat public avait eu lieu, organisé par la CNDP, pas moins) en 2010 ! J’avais suivi plusieurs réunions, qui ne furent pas tristes (faites Roissy Picardie dans le moteur de recherche de Roissymail, en haut, à droite). En fait le Val d’Oise est contre, singulièrement la CA Roissy Pays de France, et l’ensemble de la classe politique picarde (Verts compris) est pour. Et puis on a plus entendu parler du projet pendant des années, avec des déclarations contradictoires des différents ministres des transports.

C’est reparti donc. Avec une réunion publique notamment à Roissy-en-France, mardi dernier. Peu de monde, surtout des élus (voir le compte rendu de WM ci-dessus). Voyez la page wikipedia consacré au barreau. Et, en cliquant ci-dessous, mon avis sur la question, notamment sur l’opposition de la CA RPDF. EV

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Picardie-Roissy : c’est reparti ! La Région Hauts de France a voté sa part de financement

voir l'annonce du Conseil régional des Hauts de France

Je veux également insister sur la dimension importante que jouent les transports dans le contrat que nous venons de signer. L’accessibilité de votre agglomération dans cette nouvelle grande région est plus que jamais une condition de son développement. J’ai tenu à rendre irréversible la réalisation si longtemps attendue de la liaison ferroviaire qui reliera votre territoire à la plateforme aéroportuaire de Roissy. Grâce à cette nouvelle ligne les principaux pôles d’emplois picards et franciliens entreront en communication et de nouvelles activités pourront se développer autour des savoir-faire industriel et du tourisme d’affaires notamment. Je tenais beaucoup à ce que ce barreau fût fait. Il est déterminant pour le désenclavement d’Amiens, ilest fondamental pour le développement économique de la région et je n’ai absolument rien à retirer, au contraire, j’ai tout à conforter de ce qui vient d’être dit à l’instant par les élus régionaux et locaux qui viennent de s’exprimer. Notre soutien est total.
C’est la raison pour laquelle l’État financera ce projet de plus de 300 millions d’euros à hauteur de 51,5 % aux côtés de la région des Hauts-de-Seine, des collectivités de la Somme, de l’Oise et de SNCF RÉSEAU. Le protocole d’intention que nous nous apprêtons à signer permettra que l’enquête publique ait lieu l’hiver prochain et que les travaux soient lancés en 2020 en vue d’une mise en service de cette nouvelle liaison en 2024. Voilà très précisément pour le calendrier et pour le chiffre.

C’est ce qu’ a annoncé, le 16 mars dernier, le Premier ministre, lors de son déplacement à Amiens. Les choses sont claires !

La région Hauts de France est très contente : elle a, le 30 mars, voté 105.6 millions pour sa part (plus du tiers du montant global) pour ce vieux projet,  jusqu’ici en stand by, de liaison ferroviaire “Picardie Roissy”, qui permettra aux trains (TGV et TER) de l’ancienne Picardie de rejoindre directement le réseau des lignes à grande vitesse en arrivant à la gare de Roissy CDG. Cela passe par la construction du fameux “barreau picard” : 6 km de voies nouvelles entre Louvres (95) et CDG, qui avait fait, à l’époque, hurler les élus locaux du Val d’Oise et ceux de la CA Roissy Porte de France en particulier le barreau passe sur son territoire). Mais cette fois, à ce jour, il n’y a pas eu de réactions officielles. EV

cliquez pour voir l'annonce du conseil régional
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Le ministre dément le report de la ligne Roissy Picardie

La vraie presse se faisait l’écho, voici une dizaine de jours, d’un report à 2030 de la ligne Roissy Picardie qui doit permettre l’arrivée directe des TGV d’Amiens à Roissy. 2030 pouvait-on lire un peu partout. Le secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies a démenti ce report. C’est à lire ici. EV

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Au centre d’affaires EGB du Plessis-Belleville

K. Yamashita, votre serviteur, O. Jacqueau et B. Dellinger pour la foto souvenir

J’étais, jeudi 29 midi, au Centre d’affaires EGB du Plessis-Belleville (60), à l’invitation de son directeur, (l’excellent) Olivier Jacqueau. Pour préparer un article à venir sur les 20 ans du Centre (je tiens à le faire car notre glorieuse agence VPP fête aussi ses 20 ans). M. Jacqueau en a profité pour m’inviter à déjeuner dans le restaurant du Centre, en compagnie de Kanurazi Yamashita, responsable France de la célèbre entreprise japonaise Tamron (objectifs photographiques), qui est installée et s’est développée à EGB depuis 18 ans, et de Bruno Dellinger, directeur du développement économique de la Communauté de communes Pays de Valois, (dont le Plessis-Belleville fait partie) que je connaissais au téléphone, mais que je n’avais jamais rencontré. Un homme d’expérience (qui a travaillé plusieurs années au Japon, ça tombait bien) et plein d’humour (denrée rare de nos jours).

On a parlé du Grand Roissy (dont Pays de Valois fait indéniablement partie, même si elle est un peu excentrée. Il conviendrait d’ailleurs que les différentes instances de développement du Grand Roissy la mette davantage dans la boucle), en commentant la dernière édition de notre Carte. Et  M. Yamishita, qui parle très bien français, après nous avoir fait gouter un saké de grande qualité, nous a fait un cours complet de civilisation et de mentalité nippones. Un grand moment ! Et nous sommes tous repartis avec un cadeau : du miel récolté et mis en pot au Centre même. Je ne suis pas très miel, mais ma femme m’a dit qu’il était excellent !  A bientôt sur le reportage des 20 ans d’EGB ! EV

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La grande région Hauts de France choisit son logo

La nouvelle région Hauts de France (ex régions Nord-Pas de Calais + Picardie) est en train de choisir  son logo. Jusqu’à ce soir minuit, les internautes “hautsdefrançais” (?) et autres, ont jusqu’à ce soir minuit pour choisir entre 7 projet de logos. Découvrez-les en cliquant ci-dessus. J’ai choisi le numéro 6 (même s’ils sont majoritairement connotés “nord-Pas de Calais”).

Beaucoup n’y pensent pas : une partie du Grand Roissy est dans la région Hauts de France. Un exemple : le supermarché “Leclerc” de Fosses, comme on l’appelle, n’est ni à Fosses ni dans le Val d’Oie, mais sur la commune de La Chapelle-en-Serval,donc dans l’Oise, donc dans l’ex-Picardie, donc dans Hauts de France. EV

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