Épidémie de coronavirus : le point sur la situation concernant le Grand Roissy

D’une crise sanitaire à une crise économique, il n’y a qu’un pas. Les pertes financières, engendrées depuis le début de la pandémie de coronavirus par les entreprises de l’aérien et du service, n’ont pas cessé de grimper. Comme évoqué lors du précédent article sur le sujet, bon nombre de ces sociétés et groupes impactés avaient pris des mesures, afin d’éviter toute propagation du virus en fermant les commerces non-essentiels, ainsi que les divers lieux de restauration, au sein de la zone aéroportuaire de Roissy Charles de Gaulle. Où en est la situation, à ce jour du 26 mars 2020 ?

La situation s’est clairement détériorée depuis la publication du précédent article (revoir ici ). Aéroport de Paris (ADP) a publié un communiqué de presse le mercredi 25 mars, annonçant la fermeture, voire quasi-fermeture, de ses infrastructures aéroportuaires. Les chiffres dévoilés font le constat d’ « un effondrement majeur et brutal du trafic aérien », selon la direction d’ADP. L’aéroport d’Orly, dans l’Essonne, accuse -92% de trafic en moins. Ce dernier, à l’exception du terminal 3, fermera dans la soirée du 31 mars jusqu’à nouvel ordre. Roissy CDG subit une baisse de -89% du trafic, avec la fermeture du Hall M, du T3 et du TG2 depuis une semaine. L’aéroport d’affaire du Bourget ne déroge pas à la règle d’une activité très restreinte, et l’aéroport de Beauvais, fermera ses portes et ses pistes à partir de ce jeudi 26 mars, pour une durée indéterminée.

Concernant l’activité hôtelière du Grand Roissy, 85% des hôtels sont fermés, assurant malgré tout un service minimum, 24H/24, afin de procéder à des annulations de réservations ou d’aider d’éventuels voyageurs rentrant en France tardivement et voulant récupérer leurs véhicules sur les parkings d’hôtels. Dans ces enseignes fermées de Roissy-en-France jusqu’au Mesnil-Amelot, il y a Hyatt, Sheraton, Best Western, les deux Campaniles, Golden Tulip et Courtyard. Seuls les hôtels Mariott, Mercure, Pullman et Crown Plaza restent ouverts, pour le moment. Ces derniers précisent que les salles types restaurant, bar et lounge ne sont plus accessibles à la clientèle par mesure sanitaire. Le room service reste cependant ouvert.

Pour finir, Air France et ses filiales low coast, à la suite du communiqué de la semaine dernière, ont réduit drastiquement leurs effectifs à hauteur de 90%. Pas de besoin d’en rajouter… Les images en disent bien plus que les mots, parfois. Du jamais vu pour le 10ème aéroport mondial en termes de passagers. De son côté, l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA) émet une première estimation des pertes de revenus dans le secteur de l’aviation civile à plus de 252 milliards de dollars, pour l’année 2020. Plus d’un million de réservations ont déjà été annulées jusqu’à juin, dans les 293 compagnies aériennes adhérentes de l’IATA. Son Directeur Général et CEO, Alexandre de Juniac, déclare dans un récent communiqué : « Restons forts ! Nous sortirons de cette crise et garderons le monde connecté ».

Nous vivons, assurément, un moment historique que sera dans les livres (ou eBook) d’Histoire. J’adresse un grand remerciement à Mr J. pour ces images inédites sur la situation actuelle à l’aéroport Charles de Gaulle. WM

Partagez cet article

Coronavirus : la vie économique du Grand Roissy fortement perturbée

photo Valérie Labadie pour ADP

L’épidémie de coronavirus sévit sur toute la France au moment d’un confinement strict de tous de les Français, les entreprises sont en première ligne, directement impactées depuis quelques semaines. Afin de réduire les pertes, Air France et sa filiale low coast Transavia ont annoncé une mise en activité partielle de leurs effectifs, réduisant leurs vols, de 70 à 90% pour une durée de 2 mois. La compagnie aérienne sœur, KLM, a également mis en place ce type de restrictions.

Concernant l’aéroport Roissy Charles de Gaulle, les boutiques qui ne sont pas de première nécessité sont fermées, soumises aux récentes mesures de confinement à l’échelle du pays. La fermeture provisoire des terminaux T2G et T3 et du Hall M a été  décidée, au cours de la semaine (voir ici le communiqué d’ADP). Côté transports, la RAPT et Keolis CIF maintiennent, pour le moment, leurs services à destination de la zone aéroportuaire.

A Roissy-en-France, les riverains peuvent encore avoir accès aux commerces de première nécessité comme la boulangerie, le tabac-presse, l’épicerie et la pharmacie. Les habitants de Roissy, comme pour toutes les villes de France, sont invités à limiter leurs déplacements et respecter les consignes données par l’Etat. Les restaurants, bistrots et commerces sont fermés jusqu’à nouvel ordre, afin d’éviter toutes propagations du COVID-19. Cependant, les hôtels ne sont pas concernés par les mesures, à ce moment où l’article est écrit.

Le centre commercial Aéroville tombe aussi sous cette règle. Uniquement la boulangerie Paul et l’hypermarché Auchan restent ouverts pour y assurer l’apport alimentaire. Les horaires d’ouverture de ces deux commerces n’ont pas changé et sont disponibles en cliquant ici (https://www.aeroville.com/store/AUCHAN). Le cinéma Pathé est, quant à lui, officiellement fermé depuis le 15 mars. WM

Partagez cet article

Un avion nommé Roissy-en-France

Ça avait été annoncé et c’est fait ! Comme elle l’avait promis Air France a baptisé un de ses avions du nom de Roissy-en-France. Cérémonie sympa pour l’occasion, la semaine dernière, dans un des hangars de la compagnie, sur le territoire de la commune.

André Toulouse ,Anne-Sophie Le Lay, secrétaire générale d’Air France KLM et Patrick Renaud

 

Partagez cet article

T4 et vols de nuit : joli lapsus linguae (écrit), de Jean-Pierre Blazy. Mais… Il n’a pas tort…

Voyez le site spécial d’ADP sut le projet T4

Décidément, le projet de Terminal 4 n’en finit pas de faire parler de lui.  Et tant la situation préélectorale que la fièvre verte n’arrangent pas les choses.  Récemment, une lettre, signée par une soixantaine d’élus de la région parisienne (dont Anne Hidalgo ! et le maire d’Andilly qui l’a signée en tant que président de l’Union des maires du Val d’Oise…) a été envoyée au président Macron (la voir ici) pour lui demander de retirer le projet T4. Jean-Pierre Blazy, maire de Gonesse ne l’a pas signée, mais a répondu (voir sa lettre ici) aux signataires en leur disant qu’il attendait des mesures d’accompagnement du gouvernement, faute de quoi il s’opposerait aussi au T4.

Le lendemain (le 24 janvier) il a publié un communiqué résumant cette lettre (le voir ici). D’une manière étrange, dans le 3ème paragraphe, il est écrit: “la Communauté d’agglomération Roissy Pays de France propose dans la position qu’elle a voté dès le 31 janvier 2019 l’application de mesures de restriction opérationnelles avec l’interdiction de tout mouvement commercial entre 23 heures et 5 heures sur la plate-forme...”.

Or la Communauté n’a jamais voté ça. Il faut croire que J-P Blazy s’est laissé emporter.

Il a, depuis, publié un nouveau communiqué (le voir ici) , le 11 février, dans lequel cette fois il s’oppose au T4…

Cela étant, je comprends bien l’énervement de J-P Blazy, que je connais depuis longtemps. Il avait toujours été anti-aéroport. Ça a commencé alors que, candidat à la députation pour la première fois dans la 9ème circonscription du Val d’Oise (suite à la” dissolution Chirac”en 1997), il s’était opposé violemment CDG. La gauche (PS et PCF), à l’époque (qui n’avait rien à se mettre sous la dent), hurlait contre le projet de deux nouvelles pistes. Mais la gauche, contre toute attente, avait gagné les législatives. Blazy fut donc élu sur ces bases, ainsi qu’une candidate (PS, son nom va me revenir) sur la circonscription voisine de Seine-et-Marne, du genre, votez pour nous, y’aura pas de bruit….

J’entends à la radio que JC Gayssot (PCF) est nommé ministre des transports et D. Voynet (Les Verts) , ministre de l’environnement et de l’aménagement du territoire.  Je me souviens bien de cet instant. J’étais en train de préparer la première carte du Pôle de Roissy et donc de commercialiser les espaces publicitaires. Je me dit m…. S’ils ne font pas les pistes, s’en est fini du dynamisme du pôle. Or les annonceurs achètent les espaces publicitaires pour “coller”leur image à ce dynamisme… Je réfléchis 10 mn… Et je me dis: non, ils vont les faire, ces pistes, malgré leur promesse électorale. Et c’est ce qui s’est passé, rapidement…

Jean-Pierre Blazy, après ça, n’a eu de cesse de critiquer l’aéroport. Entre autres, contre Fedex, et avait développé pendant des années une idée saugrenue : mettre “le fret à Vatry” ! Idée qu’il a fini par abandonner en 2012, sous les critiques de votre serviteur (revoyez ce grand moment ici). 

Et, depuis qu’il a soutenu le projet EuropaCity, ses ardeurs anti aéroport se sont calmées.

Il faut croire que l’abandon brutal d’EuropaCity (au bout de 10 ans de préparation) ait réveillé ses vieux démons.  Mais je ne lui donne pas tort : le gouvernement ne peut rayer d’un trait de plume EuropaCity, au nom de  “l’écologie, et même temps soutenir la projet de T4, qui aura forcément un impact important en matière d’environnement.

J’ai parlé de tout ça avec J-P Blazy, la semaine dernière.  EV

Partagez cet article

Fedex va investir 30 millions en France, dont 20 sur son Hub de CDG

Au centre, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances. A coté d’elle, Rajesh Subramaniam est à  gauche, Julien Ducoup à droite.

A l’occasion de la Journée Choose France, qui s’est tenue le 20 janvier, la secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher est venue visiter, le matin, le Hub de Fedex de CDG. Pour l’occasion le grand chef mondial du leader US du transport express, Rajesh Subramaniam (voir sa biographie ici) avait fait le déplacement. Julien Ducoup, le directeur du Hub était aussi là, bien sûr. Dans un communiqué (à lire ci-dessous), Fedex a annoncé des investissements en France d’un montant de 30 millions au cours des exercices fiscaux 2020 à 2022, dont 20 sur le Hub de CDG, le plus grand hub du monde, en dehors des USA. Il s’agira de “créer de nouvelles installations dédiées au transport de fret lourd et des équipements de pistes ariennes”.

C’est bien. Visiblement, Fedex ne regrette pas d’avoir choisi CDG (plutôt que Francfort) voici 35 ans. Je m’en souviens bien, j’avais été un des premiers à avoir l’information à l’époque (et c’est moi qui en avait informé André Toulouse, le maire de Roissy-en-France). EV

cliquez pour le communiqué

 

Partagez cet article

Ce qui s’est passé à Aigle Azur

cliquez pour lire l'article
Aigle Azur, récemment (et rapidement) liquidée, a eu un moment son siège social à Tremblay-en-France, dans la zone d’activité communale Tremblay CDG . Par sa rapidité, la faillite a surpris tout le monde, car on n’avait rien entendu sur la situation de la compagnie. Fabrice Gliszczynky, journaliste (vraiment) spécialiste du transport aérien, a publié (merci à lui) le 12 octobre, dans La Tribune, un article très complet, expliquant les raisons de la chute. A lire!  EV

Partagez cet article

Transport aérien: les professionnels font “trois recommandations pour accroitre les bienfaits de l’aviation en France “

La réunion du 13 mai

L’Association du transport aérien international (IATA) estime que le nombre de passagers aériens pourrait doubler en 20 ans, passant de 3,8 milliards en 2016 à plus de 7 milliards en 2035. Au niveau européen, c’est une croissance de l’ordre de 40% d’ici 2030 qui est attendue : de 150 millions de passagers aujourd’hui à plus de 210 millions dans 12 ans.”

Retour sur la réunion IATA / FNAM / BAR France du 13 mai dernier

Le transport aérien augmente toujours, dans le monde entier. A l’occasion de la sortie d’une étude de l’IATA sur l’état et les perspectives du transport aérien français (voir tout ça ici), une réunion s’est tenue à Paris le 13 mai, avec la FNAM et le Bar France.

cliquez pour voir le résumé de l'étude sous forme de graphique

Extrait du communiqué de presse  (à voir en entier ici) :

« L’aviation est l’industrie de la liberté, et elle procure déjà à la France des bienfaits considérables. Mais la position compétitive de la France au sein de l’Europe est faible en ce qui concerne les coûts d’infrastructures, l’efficience de la gestion du trafic aérien, la qualité de la réglementation et les coûts des charges sociales. Il y aurait d’énormes possibilités de création d’emplois et de croissance économique si ces faiblesses étaient corrigées. Les Assises nationales du transport aérien ont exploré ces enjeux, mais il n’y a pas eu de mesure de suivi substantielle pour stimuler la compétitivité. Le lancement de ce rapport sur la compétitivité, en collaboration avec la Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM) et BAR France, est l’occasion de renforcer les fondations de la Stratégie nationale du transport aérien 2025 annoncée par la ministre des Transports, Mme Élisabeth Borne, aux Assises », a déclaré Rafael Schvartzman, Vice-Président régional de l’IATA pour l’Europe”.

Pour bien comprendre : il  y a une critique à peine voilée contre Elisabeth Borne ( on se souviendra de la mauvaise appréciation, c’est le moins qu’on puisse dire, de la FNAM sur ces Assises qui ont duré un an…. revoir mon article à ce propos).

Suite de l’extrait : “Actuellement, l’aviation contribue pour environ 100 milliards d’euros au PIB et elle procure 1,1 million d’emplois en France. En optimisant la compétitivité du secteur aérien, on pourrait voir ces chiffres augmenter à près de 160 milliards d’euros et 1,6 million d’emplois d’ici 2037. Les trois principales recommandations du rapport pour la France sont :

1.Réformer la réglementation économique, par exemple en renforçant le régulateur économique indépendant, afin que les redevances soient proportionnées aux coûts et efficientes.

2.Instaurer une stratégie française de gestion du trafic aérien pour optimiser sa capacité et son efficience

.3.Adopter les principes de réglementation intelligente, par exemple en favorisant la compensation plutôt que la taxation pour contrer les émissions de CO2 de l’aviation”.

Y’a du boulot ! EV

consulter le site Flight tracker, toujours impressionnant (vols mondiaux en direct)

Partagez cet article

La guerre des hubs. A regarder à tout prix !

cliquez pour la vidéo d'Arte

Simple, instructif, bien fait (le Dessous des Cartes, confiance…) récent, ce film qui raconte à la fois l’évolution du transport aérien mondial et la bataille entre les grands aéroports mondiaux. On voit bien sûr la place de Paris  et j’aurai  appris (j’avais pas suivi ça on en a peu parlé) que Londres Heatrow, (à ce jour 1er européen) va (enfin) construire une troisième piste (voir aussi ici) . Une info aussi dans le film : l’évolution incroyable de nombre de passagers aériens depuis 1970 (et à venir). Tout ça grâce à la libéralisation initiée par les USA (à laquelle Air France et ses syndicats  et la France s’étaient, par confort opposés, en vain, heureusement).  Et, s’agissant de hub, je me souviens que l’ancien PDG d’Air France (1997/2008), J-C Spinetta, un homme de gauche, ne croyait pas aux hubs. Résultat :10 ans de retard pour créer celui d’Air France à CDG (un coucou au passage, à Chantal Romand, qui fut la première directrice de ce hub). Et Spinetta ne croyait pas non plus aux compagnies low coast… Et, en 2018, on lui a demandé de rendre un rapport sur… la SNCF  ! Ah le génie français!!

Mais regardez, regardez !! EV



Partagez cet article

Terminal 4: les “indignations” ne datent pas d’hier…

Cliquez pour bien lire

En  attendant un article plus complet sur la concertation en cours  (la voir ici) à propos du projet de Terminal 4 sur CDG, il n’est pas inutile de rappeler ce courrier d’une lectrice paru dans RM n° 19 , en 2004, que j’ai recouvert par hasard (dans l’ancienne version 2004-2010, dont vous pourrez retrouver tous les numéros ici). Il s’agit d’une contribution de Kate Fuentes  PDG de ACTION FREIGHT SERVICES (à CDG) qui s’insurge contre ceux qui critiquent l’aéroport, alors qu’ils en retirent beaucoup d’avantages (taxes versées aux collectivités locales, emplois -et pas seulement à CDG, celui- jouant un rôle attractif pour les entreprises qui s’installent dans l’ensemble du Grand Roissy etc.). EV

Partagez cet article