L’avenir du secteur de l’aérien s’obscurcit pour les mois à venir

Les premiers chiffres de l’année 2021 provenant du secteur aérien, sur les mois de janvier et février, viennent d’être publiés et ils ne sont pas encourageants, malgré l’optimisme que portent les acteurs du secteur vers une reprise d’activités au cours de l’année. Comme l’annonce nos confrères d’Air Journal dans leur article du 26 février 2021, le mois de janvier a enregistré une perte de trafic aérien de -74,9%, avec 3 millions de passagers contre 11,9 millions comparé à la même période en 2019, qui reste l’année de référence, selon les chiffres de Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). Cependant, bien que les vols internationaux représentent la majeure partie de cette baisse, une lueur d’espoir vers une reprise subsiste grâce aux vols domestiques qui se maintiennent au fil des semaines. Au cours du mois de janvier 2021, les vols en France métropolitaine représentent 38,5% de l’activité, chiffres relativement stables par rapport à ceux de décembre 2020. Sur les liaisons reliant la Métropole aux DOM-TOM, cette dernière s’établit à 82,2%, toujours comparé à la période de référence. Les vols internationaux, quant à eux, ne représentent que 18,6% de l’activité globale.

Dans ces 18,6% du trafic international au départ de la France, l’Afrique remporte la palme des destinations les plus prisées avec 36,1%, devant l’Amérique avec 19,5%, l’Europe (hors Union Européenne) avec 15,9%, l’Union Européenne avec 15,1% et l’Asie-Pacifique avec 13,4%, comme le souligne Air Journal.

Outre les compagnies aériennes, cette situation et le manque de visibilité pour les mois à venir impactent grandement tous les acteurs privés du secteur de l’aérien. Sur les 94.000 emplois directs de l’aéroport Charles de Gaulle recensés en 2019, 20 000 à 30 000 emplois pourrait être supprimés d’ici 2022, d’après Marc Deman, Directeur adjoint au sein de Paris CDG Alliance. « Des suppressions de postes auxquelles il faudrait ajouter 10 à 30.000 intérimaires », selon les syndicats qui crient « au génocide sur l’emploi ». Une catastrophe sociale qui comprend le PSE initié par le Groupe Aéroport de Paris, comme nous l’avions traité dans un précédent article sur Roissy Mail, disponible ici.

Du côté des compagnies aériennes européennes, ce n’est guère mieux. Pour le mois de février 2021, les chiffres restent inquiétants avec une baisse du trafic totale de -72%, comparé à 2019, selon la dernière publication d’Eurocontrol. En cette période de pandémie, Air France reste l’une des compagnies les plus actives avec 359 vols par jour (-65% d’activités), derrière Turkish Airlines qui opère 603 vols par jours (-52% d’activités). En troisième position, la compagnie néerlandaise KLM enregistre 241 vols journaliers (-63% d’activités). Les grands perdants de cette crise sanitaire sont les allemands de la Lufthansa qui ont subi une perte d’activités de -86%, effectuant 213 vols par jours, suivi de la compagnie scandinave SAS avec -83% d’activités pour 142 vols journaliers. La compagnie aérienne la plus impactée est British Airways, qui paie le prix des mesures sanitaires drastiques décidées par le gouvernement anglais, n’effectue que 102 vols par jours, enregistrant une sévère baisse d’activités de -89%. WM

 

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Les acteurs du voyage d’affaires restent optimistes pour une reprise en 2021

En ces temps où la pandémie de COVID-19 et de ses variants sont toujours d’actualités, les frontières de la France et de nombreux pays ont été fermées afin de limiter les déplacements des voyageurs, potentiellement vecteurs d’importation du virus. Une situation qui impacte grandement le secteur de l’aérien, après une année 2020 ayant entraîné une chute d’activités avoisinant 70% comparé à l’année précédente. L’année 2021, quant à elle, ne s’annonce également pas brillante au premier regard. Dans cette situation peu encourageante qui laisse un grand nombre de personnes dans le flou, la question est : « en 2021, la reprise du voyage d’affaire s’éloigne-t-elle ? »

Pour y répondre, l’Association Française du Travel Management (AFTM), première association en France à représenter les responsables des déplacements professionnels, présidée par Michel Dieleman, a organisé un webinaire en compagnie des acteurs du secteur. Dans les intervenants qui étaient présents, il y avait Valérie Sasset, Managing Director pour BCD Travel et Vice-présidente d’EMEA, Soline de Montremy, SVP Global sales and commercial Partnership pour Air France KLM, François Laurain, Group International Key Account Sales Director pour Europcar Mobility Group, et Cédric de Martimprey, Directeur Commercial chez Notilus. Saskia Chevallier, Global Travel Manager pour SBM Offshore, était prévue comme intervenante mais des soucis techniques ont eu raison de sa présence. Le webinaire était animé par François-Xavier Izenic, journaliste et conférencier.

Tous ces acteurs gravitant autour de l’aérien, ayant pris part à la visio-conférence, s’accordent sur deux points, le tourisme d’affaires pourrait reprendre à partir de septembre 2021 et, que ce soit pour le business ou pour les loisirs, la vaccination devrait être un accélérateur pour une reprise des activités. Les prévisions pour le 1er trimestre sont estimées à 10% en ce qui concerne l’activités, comparé à l’année référence 2019, mais elles annoncent aussi une hausse à environ 50% pour le 3ème trimestre. « Le domestique se maintient. Les vols en France et en Europe ont été relativement stables en 2020. Mais depuis les annonces de Jean Castex en janvier 2021, l’Europe n’est plus accessible avec la fermeture des frontières », dit Valérie Sasset.

« Beaucoup de clients corporate sont revenus vers nous, en disant qu’ils pensent que certains déplacements de salariés étaient inutiles, avant la pandémie. Une réunion de deux heures à l’autre bout du monde peut largement être compensée par une réunion en visio-conférence. Ceci représente également une importante économie pour les entreprises », ajoute-t-elle.

Pour le Groupe Air France KLM, qui arrive à tirer son épingle du jeu pendant la crise de l’aérien, la situation aurait pu être plus désastreuse. En effet, malgré une perte sèche de 10 millions d’euros par jour, le Groupe a profité d’un maintien des vols domestiques pour la France et l’Europe durant la période entre les deux confinements de 2020. Pour le cargo, Air France KLM a connu une hausse d’activités, devenant le secteur d’activités principal. Actuellement, nous constatons un arrêt des voyages d’affaires. Dans notre scénario de reprise, les voyages liés aux loisirs repartiront à la hausse plus vite que le corporate. Le Groupe reste, cependant, optimiste pour une reprise des voyages d’affaires, avec une augmentation des vols pour juin 2021 », annonce Solinne de Montremy.

Autre service satellite fortement impacté, les locations de voitures qui ont chuté de -45%. « Le business travel souffre. Europcar constate une mutation très significative des clients, vers les véhicules utilitaires comme les véhicules de fonction. Pour les prévisions de reprise les plus optimistes, un retour à 80% du chiffre d’affaires 2019, avec des réservations plus longues, mais pas avant 2 à 3 ans. C’est très difficile de prévoir, néanmoins il y aura un changement de paradigme », déclare François Laurain.

Tous sont unanimes. Le vaccin et les certificats demandés avant l’embarquement sont une bonne chose pour une reprise significative. Concernant le passeport vaccinal, les acteurs du secteur de l’aérien sont un peu plus mitigés, attendant des décisions gouvernementales à l’échelle de la planète afin d’uniformiser les règles de sécurité et de traçabilité, strictes pour lutter contre les fraudes, entre tous les pays. Mais avec l’augmentation des cas de contaminations aux différents variants sur le territoire français, rendant certains vaccins inefficaces, le bout du tunnel pourrait encore être loin.

Fait d’actualités, la suppression du projet du Terminal 4, décidée par le Gouvernement dans un communiqué publié dans la matinée du 11 février 2020, le même jour que la diffusion du webinaire. « Ce projet n’est plus en adéquation avec les enjeux environnementaux, ni avec un trafic aérien ébranlé par la crise sanitaire », selon Barbara Pompili, Ministre de la Transition écologique. Lors de la visio-conférence, Solinne de Montremy a apporté un commentaire sur le sujet : « Je pense que la suppression du projet de T4, est une décision raisonnable ». Si vous voulez voir l’intégralité du webinaire, cliquez ici. WM

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La CSAE continue sa transition énergétique malgré la crise de l’aérien

L’écologie est, et sera, l’un des thèmes majeurs de ce XXIe siècle. Longtemps pointé du doigt pour ses émissions de CO2, le secteur de l’aérien progresse d’année en année dans sa transition énergétique. Les constructeurs aéronautiques étudient le futur du vol propre, comme avec les réacteurs à hydrogène qui ont été présentés au cours de 2020. Mais le secteur de l’aérien ne regroupe pas que les avions en ce qui concerne les émissions de CO2, bien que ces derniers occupent la part la plus importante d’émissions (17% pour les avions en parking APU et 64% pour les avions en roulage). Les engins de services, se trouvant sur le tarmac des aéroports, aussi nommés les assistants en escale, représentent, quant à eux, 6% des émissions de CO2. Dans cette démarche, la Chambre Syndicale de l’Assistance en Escale (CSAE) continue sa transition écologique, en remplaçant progressivement le parc de véhicules. Le 26 janvier 2021, la CSAE, en partenariat avec la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande (FNAM), a publié un communiqué de presse relatant une publication des chiffres-clé environnement 2020.

Que faut-il retenir de ce communiqué de presse ? Dans un premier temps, la CSAE évoque une baisse d’activités de plus 70% dans le secteur de l’aérien, depuis de la crise sanitaire liée au COVID-19. Bien que le secteur continue de bénéficier des dispositifs d’activité partielle et des Prêts Garantis par l’État, qualifiés d’aides vitales pour le secteur, les conséquences se font déjà sentir avec plus de 7 000 postes supprimés en 2020, sur les 40 000 emplois localisés dans les territoires aéroportuaires que représentaient l’assistance en escale en 2019. Et les perspectives ne sont pas très réjouissantes pour les prochaines années, dans l’état de la situation économique actuelle.

« Malgré ce contexte économique défavorable, les assistants en escale réduisent continuellement leur consommation de carburant, diminuant ainsi les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques locaux, grâce au renouvellement continu de leur flotte d’engins de piste aéroportuaires thermiques au profit de motorisations plus propres (électriques, hybrides ou gaz) », souligne la CSAE dans son communiqué. La CSAE met également en lumière ses efforts, en publiant les chiffres-clé 2020 en ce qui concerne l’environnement, comptabilisés sur 13 aéroports du territoire français. Sur un total de 3 214 engins de tarmac non-immatriculés, 37% des engins sont dits propres, utilisant des motorisations électriques, hybrides ou à gaz.

Autre détail très intéressant du rapport, une liste des engins d’assistance avec leur fonction, qui ne manquera pas de parfaire vos connaissances en aéronautique. « Acteurs souvent méconnus de la chaine de valeur du transport aérien, les assistants en escale sont pourtant à la croisée des activités aéroportuaires, faisant le lien entre les compagnies aériennes et les exploitants d’aéroports. C’est dans cette logique de collaboration accrue entre les partenaires, combiné à des mécanismes de soutien à la conversion de leur flotte dans ce contexte de crise, que des gains substantiels de réduction d’émissions pourront être obtenus, permettant ainsi la reprise durable du secteur aérien », conclut la CSAE. WM

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Le Paris Air Forum 2020, entre pessimisme et optimisme

L’événement, qui aurait dû se tenir le vendredi 20 novembre 2020 à la Maison de la Mutualité dans le 5e arrondissement de Paris, a été maintenu et réorganisé pour sa 7e édition, pour les raisons de restrictions sanitaires que nous connaissons tous. Ce salon annuel regroupe les acteurs du secteur de l’aéronautique et du spatial français, mais également international. Créé en 2013 à l’initiative du média La Tribune avec le Groupe Aéroport de Paris (ADP) en guise de parrain fondateur, s’entourant de partenaires comme Forum Media, Airbus, Safran, Accenture, Michelin, BCG, Collins Aerospace, Nexter, MBDA, Thales, Bain Company, la Région Île-de-France, le Groupe Air France KLM, Safetyn et le Groupe Naval, cet événement est devenu en peu de temps un événement intournable pour les professionnels du secteur. Pour cette année très spéciale, les organisateurs ont décidé de réaliser un salon entièrement numérique, via l’accessibilité de vidéos conférences sur la chaîne Youtube La Tribune TV Events, qui étaient diffusées en direct du vendredi 20 au mercredi 25 novembre 2020.

Pour l’édition du Paris Air Forum, 85 intervenants se sont succédés pendant 6 jours sur le plateau de La Tribune tels que Valérie Pécresse, Présidente du conseil régional d’Île-de-France, Bertrand Piccard, Président de Solar Impulse, Augustin de Romanet, Président-Directeur général du Groupe ADP, Anne Rigail, Présidente générale d’Air France, Philippe Petitcolin, Directeur général de Safran, Karima Delli, Députée européenne et Présidente de la Commission des transports et du tourisme, Jean-Baptiste Djebbari, Ministre des transports, le Général Michel Friedling, Commandant du commandement de l’espace et de l’Armée de l’air, Françoise Dumas, Présidente de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées à l’Assemblée Nationale, Emmanuel Chiva, Directeur de l’Agence de l’innovation et de la défense, Dirk Hoke, Président du BDLI et Directeur général délégué d’Airbus Defense and Space, Alexandre De Juniac, Président-directeur général de l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA), le Général Philippe Lavigne, Chef d’Etat-Major de l’Armée de l’air et de l’espace, Mohammed Al Ahbabi, Directeur général de l’Agence Spatiale des Emirats Arabes Unis, Nathalie Stubler, Présidente-Directrice de Transavia, Stéphane Mayer, Président-Directeur général de Nexter et CO-CEO de KNDS, Guillaume Faury, Directeur général d’Airbus, Hervé Derrey, Président-Directeur général de Thales Alena Space, le Général André Lanata, Commandant suprême allié pour la transformation de l’OTAN, Naser Al Rashedi, Directeur de la politique et de la réglementation spatiales pour l’Agence spatiale des Émirats Arabes Unis, Michel Dubarry, Président de Rolls-Royce Europe et Afrique du Nord, Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, et Ben Smith, Président-Directeur général du Groupe Air France KLM, pour ne citer qu’eux.

Lors de ces conférences et débats, les intervenants ont abordé la situation actuelle inédite que traverse le secteur de l’aéronautique à l’échelle de la planète. Les prévisions ne sont guère réjouissantes avec un potentiel retour à la normale de l’économie autour de l’aviation pour 2030.  En note optimiste, le futur du secteur a également été abordé avec des projets alliant sécurité, écologie et performance comme l’utilisation de moteurs à hydrogène pour les prochains Airbus. Du côté du spatial, entre la défense, les communications et l’environnement, le plan de route semble plus clair que pour l’aéronautique. Le secteur du spatial n’a jamais autant été sollicité en ce début de XXIe siècle, les perspectives étant en forte progression d’année en année. Pour le futur dans ce domaine, la France et l’Europe font preuve de réalisme et d’anticipation, se plaçant au-delà du secteur de la défense, par l’exploration et l’exploitation des ressources minières au sein de notre Système Solaire. Un sujet fort passionnant qui démontre que le futur nous réserve de grandes surprises. Un vaste programme, comme pourrait le dire un illustre général français.

Dans son édito à propos de l’événement, Max Armanet, Président du Comité scientifique du Paris Air Forum et Président de Forum Media, déclare : « Rapprocher les hommes et les femmes de notre planète, améliorer le quotidien de chacun, ouvrir sans cesse de nouveaux horizons à l’humanité, voici la mission qui incombe à l’aéronautique et au spatial. Une mission que cette filière s’est toujours attachée à remplir sans discontinuer, créant une dynamique d’innovation permanente qui a donné un visage à l’idée de progrès ».

Ci-dessous, retrouvez la liste des vidéos par ordre chronologique du Paris Air Forum 2020.

Au micro Jean-Baptiste Djebarri et à sa gauche Augustin de Romanet, PDG d’ADP

Vendredi 20 novembre :  interview de Jean-Baptiste Djebbari, Ministre des Transports https://www.youtube.com/watch?v=UQ93YokdPqQ&list=PLSmprhIl1uYg7MXfYV6UETX7QZZlFRJ6A&index=1. Intégralité du direct de la première journée : https://www.youtube.com/watch?v=oZm0Uv83WQ8&list=PLSmprhIl1uYg7MXfYV6UETX7QZZlFRJ6A&index=3.

Samedi 21 novembre : Interview de Patrick Ky, Directeur général de l’EASA. Animée par Florine Galeron, journaliste à La Tribune. Quelle aviation pour demain ? La vision d’un grand équipementier américain. Avec Steve Timm, Président-Directeur général de Collins Aerospace Animée par Tim Hepher, Global Aerospace Industry Editor chez Reuters. Exploitation des ressources dans l’espace : de la science-fiction à la réalité ? Avec Jean-Jacques Dordain, ex-Directeur général de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), Bruno Pagliccia, CEO et Fondateur de SeisBEE, et Marc Serres, Directeur de l’Agence Spatial du Luxembourg (LSA). Animée par Stefan Barensky, rédacteur en chef d’Aerospatium :  https://www.youtube.com/watch?v=UkYUBiM3FqU&list=PLSmprhIl1uYg7MXfYV6UETX7QZZlFRJ6A&index=4.

Dimanche 22 novembre : Le monde d’après sera-t-il un vrai tremplin pour le New Space ? Avec Nicolas Capet, Président d’Anywaves – David Henri, co-Fondateur et Directeur général d’Exotrail, Antoine de Chassy, co-Fondateur et Président de Loft Orbital Technologies, Clément Galic, co-Fondateur et Directeur général d’Unseenlabs, Olivier Piepsz, Président-Directeur général et co-Fondateur de Prométhée. Animé par Stefan Barensky, rédacteur en chef d’Aerospatium. Qu’apportera la 5G dans les aéroports ? Avec Guillaume de Lavallade, Directeur général de Hub One et Sergio Colella, Président de Sita Europe. Animé par Pierre Manière, journaliste à La Tribune : https://www.youtube.com/watch?v=AI-qj-zsb34&list=PLSmprhIl1uYg7MXfYV6UETX7QZZlFRJ6A&index=5.

Lundi 23 novembre : Quel avenir pour le pavillon français ? Avec Alain Battisti, Président de la FNAM et Président de Chalair, Jean-François Dominiak , Président du SCARA – Directeur général d’ASL Airlines France, Marc Rochet, vice-Président du conseil d’administration d’Air Caraïbes et Président de French Bee et Pascal de Izaguirre, Président Directeur général de Corsair International. Animé par Fabrice Gliszczynski, rédacteur en chef aéronautique civile / transports à La Tribune. Covid-19 : quels retours d’expérience sur les forces et faiblesses de l’industrie de défense ? Avec Bruno Even, Directeur général d’Airbus Helicopters, Pierre-Eric Pommellet, Président-Directeur général de Naval Group, Eric Béranger, Président-Directeur général de MBDA et Hervé Grandjean, Conseiller pour les affaires industrielles auprès de la Ministre des Armées. Animé par Michel Cabirol, rédacteur en chef Industrie et services à La Tribune. Covid-19, compliance, concurrence, ITAR… comment pérenniser les exportations Made in France ? Avec Thierry Carlier, ingénieur général de l’armement, Directeur du développement international, Philippe Keryer, Directeur général adjoint, Stratégie, Recherche et Technologie chez Thales, Alexandre Ziegler, Directeur Groupe International et Relations Institutionnelles de Safran, et Cédric Perrin, vice-Président de la commission des affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat. Animé par Caroline Bruneau, journaliste chez Aerospatium. Comment reconstruire la connectivité aérienne ? Avec Thomas Juin, Président de l’UAF, Olivier Jankovec, Directeur général de l’ACI Europe, Carlos Munoz, Fondateur et Président-Directeur général de Volotea, et Nathalie Stubler, Présidente-Directrice générale de Transavia. Animé par Fabrice Gliszczynski, rédacteur en chef aéronautique civile / transports à La Tribune : https://www.youtube.com/watch?v=flr8Y6nKcXU&list=PLSmprhIl1uYg7MXfYV6UETX7QZZlFRJ6A&index=6.

Mardi 24 novembre : Souveraineté : quelle stratégie et quels outils pour préserver la BITD française ? Avec Antoine Bouvier, Directeur de la stratégie, des fusions acquisitions et des affaires publiques chez Airbus, Thomas Courbe, Directeur général des entreprises, François Mestre, Chef du Service des affaires industrielles et de l’intelligence économique à la DGA, et Françoise Dumas, Présidente de la commission de Défense nationale et des Forces armées de l’Assemblée Nationale. Animé par Caroline Bruneau, journaliste à chez Aerospatium. Quel accompagnement des banques et des fonds pour les entreprises françaises ? Avec Jean-Louis Girodolle, Directeur général de Lazard, Marwan Lahoud, Président du directoire d’ACE Management, Emmanuel Viellard, Directeur général de Lisi Group, et Jean-Louis Thiérot, Député de Seine-et-Marne Animé par Caroline Bruneau, journaliste à chez Aerospatium. Un avion à hydrogène en 2035 : est-ce vraiment possible ? Avec Jean-Brice Dumont, Executive Vice President, Head of Engineering chez Airbus et Président du CORAC, Bruno Sainjon, Président-Directeur général de l’ONERA, et Pierre-Etienne Franc, vice-Président de la branche d’activité mondiale Hydrogène énergie d’Air Liquide. Animé par Fabrice Gliszczynski, rédacteur en chef aéronautique civile / transports à La Tribune. Les low-costs vont-elles vraiment gagner la partie en Europe ? (VF) Avec Jozsef Varadi, Directeur général de Wizz Air. Animé par Tim Hepher, Global Aerospace Industry Editor chez Reuters : https://www.youtube.com/watch?v=_AWWrp7glLw&list=PLSmprhIl1uYg7MXfYV6UETX7QZZlFRJ6A&index=7.

Mercredi 25 novembre : Un an après sa création, le commandement de l’espace a-t-il les moyens de son ambition ? Avec le Général Michel Friedling, Commandant du commandement de l’espace Armée de l’air, Emmanuel Chiva, Directeur de l’Agence de l’innovation et de la défense, Franck Poirrier, Président-Directeur général de Sodern, représentant des équipementiers au COSPACE, et Philippe Gautier, Président d’Hemeria. Animé par Stefan Barensky, rédacteur en chef d’Aerospatium. Comment l’industrie aérospatiale saisit-elle les opportunités technologiques ? Avec le Général André Lanata, Commandant suprême allié pour la transformation de l’OTAN, Guillaume Poupard, Directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, le Général Grégoire de Saint Quentin, Président d’un cabinet de conseil chez Petra advisors, et Stéphane Mayer, Président-Directeur général de Nexter. Animé par Thierry Dubois, journaliste chez Aviation Week. Carburants alternatifs : A quand le coup d’accélérateur ? Avec Constance Thio, vice-Présidente Sustainability & Compliance Air France-KLM, Nicolas Jeuland, Responsable prospective environnementale et carburants bas carbone chez Safran, Paul Stein, CTO de Rolls Royce – Claire RAIS-ASSA, cheffe du bureau du climat, de la qualité de l’air et des sujets émergents DGAC, et Chris Raymond, Directeur du développement durable et membre du comité exécutif de Boeing. Animé par Thierry Dubois, journaliste chez Aviation Week. Extraterritorialité : l’instrumentalisation du droit par les grandes puissances. Avec Frédéric Pierucci, Fondateur d’IKARIAN, Raphaël Gauvain, Député de Saône-et-Loire, Sophie Scemla, Avocate aux Barreaux de Paris et de New York, associée du cabinet Gide Loyrette Nouel, vice-Présidente du comité anti-corruption de l’IBA et membre du comité spécial sur les enquêtes internes du Comité National des Barreaux, et Nicolas Ravailhé, Professeur à l’Ecole de Guerre Economique. Animé par Michel Cabirol, rédacteur en chef Industrie et service à La Tribune : https://www.youtube.com/watch?v=RqbJ_XPiugo&list=PLSmprhIl1uYg7MXfYV6UETX7QZZlFRJ6A&index=2. WM

 

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Air France voit son activité baisser de 70% depuis le début de la pandémie

Le constat est terrible ! Depuis mars 2020, début de la crise sanitaire mondiale liée au COVID-19, la compagnie aérienne Air France a enregistré une baisse de 70% de son activité et les perspectives pour les prochains mois, voire les prochaines années, restent sombres. Une faible reprise a été constatée en juillet et août, principalement pour les vols sur le territoire français et européen, donnant une note d’espoir à l’entreprise et à son personnel de bord. Cependant, le nombre de voyageurs a fortement chuté en septembre, revenant à un flux de voyageurs comparable à la période du déconfinement en mai-juin de cette année.

Dans un communiqué du 30 septembre 2020, Anne Rigail, Directrice Générale d’Air France, déclare : « Depuis le début de la crise, je sais que la patience de certains d’entre vous a été mise à rude épreuve lors de demandes de remboursement et d’avoir. Nous avons multiplié par 10 nos équipes commerciales en charge des remboursements, 700 personnes sont dédiées à cette activité. Nous avons traité plus de 2 millions de demandes et remboursé 1,1 milliard d’euros. La totalité des demandes n’a pas pu être encore traitée, mais soyez sûrs que les équipes font le maximum pour vous répondre dans les meilleurs délais ».

« J’ai bien conscience que cette crise a bouleversé nos habitudes, et que l’instabilité de la situation peut freiner vos projets de voyage », ajoute-t-elle, dans le communiqué.

La compagnie aérienne à la dérive d’empennage tricolore s’engage à une politique commerciale garantissant plus de sécurité et de résilience envers ses clients. De ce fait, quelle qu’en soit la raison, les clients peuvent bénéficier d’un avoir remboursable ou d’un report de dates sur leurs billets, et tout ça sans frais supplémentaire.  Air France encourage, grandement, de consulter le site https://airfrance.traveldoc.aero/ afin de vous informer sur les conditions sanitaires et les modalités qui vous attendent, si vous deviez voyager avec la compagnie dans les prochains mois.

Du côté des terminaux sur l’aéroport Charles de Gaulle, le T2, partiellement ouvert, reste le plus actif. Le T1, quant à lui, est toujours fermé depuis mars. Une reprise d’activités de ce dernier peut être envisagée pour mars 2021, si les anticipations de reprise s’y prêtent au printemps. En attendant, le T1 a été transformé en parking pour les longs courriers de la flotte Air France. Régulièrement, les techniciens inspectent et font tourner les réacteurs, afin de ne pas laisser les avions s’encrasser sur le tarmac et d’avoir des problèmes mécaniques par la suite, tel un véhicule que l’on aurait délaissé pendant plusieurs mois. Un roulement entre les appareils est également entrepris, garantissant une activité à minima. Mais la situation reste irréaliste comme me l’a confié, récemment, une connaissance lors d’un vol Paris – New York, où ils n’étaient qu’une trentaine de passagers dans un avion pouvant en contenir 468. Nous vous rappelons qu’à ce jour, les terminaux 1, 3, 2D et 2G sont fermés jusqu’à nouvel ordre. WM

 

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Cérémonie de commémoration des 20 ans du crash du Concorde à Gonesse

20 ans déjà, que le Concorde du vol Air France 4590, à destination de New York, s’est écrasé sur le site de la Patte-d’Oie à Gonesse, avec en cause principale une lamelle métallique laissée sur la piste par l’avion qui précédait le Concorde, emportant les vies de 113 personnes et ayant révélé un défaut de conception de l’appareil supersonique. Le jour de ce dramatique accident aérien, le 25 juillet 2000, 100 passagers (en grande partie de nationalité allemande), neuf membres d’équipage, ainsi que trois employés de l’hôtel Hotelissimo et un touriste, périrent dans le crash. Afin de célébrer la mémoire de ces disparus, le samedi 25 juillet 2020, s’est tenue une cérémonie de commémoration sur le site du crash, à l’endroit où a été érigée une stèle en automne 2006. En présence d’une cinquantaine de personnes ayant fait le déplacement, dont de nombreux élus locaux, maires et députés, mais également d’associations comme le Conseil municipal de la Jeunesse et le Conseil des Sages de Gonesse, la cérémonie a débuté par un dépôt de gerbes de fleurs au pied du monument, avant qu’une minute de silence en mémoire des victimes soit observée.

Zivka Park, députée (LAREM) de la 9ème circonscription du Val d’Oise, a ensuite prononcé un discours chargé d’émotions : « Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est pour honorer la mémoire des 113 personnes qui ont péri un 25 juillet 2000. Je n’avais, à cette date-là, que 15 ans. Mais je m’en rappelle encore très bien. Je n’étais pas en France et j’ai pu lire dans la presse, dans les médias, cette terrible tragédie. Parce que si elle a fait quelque chose, c’est nous marquer tous ».

« Quand je lis sur le monument, le Concorde s’est écrasé et a brisé la vie de 113 personnes. En réalité, elle a tué 113 personnes mais a brisé les vies des familles de toutes ces gens qui sont décédés, et je pense qu’aujourd’hui nous devons également leur rendre hommage. Nous devons ne pas oublier ce genre de tragédie et rester vigilants sur la sécurité dans le domaine de l’aérien », ajoute-elle, avec un ton solennel.

Lui succédant au pupitre, Jean-Pierre Blazy, maire de Gonesse, dit : « il y a 20 ans, à 16h44, s’écrasait le Concorde du vol Air France 4590, provoquant la mort de 113 personnes. Cette catastrophe s’est produite 90 secondes après le décollage de l’appareil, alors que le pilote tentait un atterrissage d’urgence au Bourget, comme l’indique les enregistrements radio et les boîtes noires. Aujourd’hui 20 après, nous sommes ici réunis pour rendre hommage aux victimes de cette catastrophe aérienne. Cette tragédie a marqué l’histoire de Gonesse et de ses habitants, plus largement l’ensemble du territoire de Roissy ».

« Notre traumatisme est toujours vivace, pour ceux qui en ont été les témoins, cette journée du 25 juillet 2000 est dans toutes les mémoires et Gonesse n’a pas oublié. Le choc, la vision de mort et de désolation reviennent en chacun d’entre nous, dés que l’on évoque cette accident », déclare le maire de Gonesse.

« Concorde était un bel avion, un prototype jamais construit en série, mais il n’a jamais su surmonter son handicap afin d’être exploité de façon commerciale et de façon sécure », dit-il en réclamant plus de sécurité pour l’aviation civile, afin de tirer les conséquences d’un tel drame. Vous pouvez voir l’intégralité des discours de Zivka Park et de Jean-Pierre Blazy, en cliquant sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=1lOXuZmKvJQ.

Comme l’a dit le maire de Gonesse dans sa prise de parole, le traumatisme est encore présent pour les habitants, mais aussi pour celles et ceux qui ont échappé à la mort de justesse ainsi que pour les témoins du crash. On peut comprendre qu’une majorité d’entre eux ne soient pas venus pour cette cérémonie du tristement 20ème anniversaire de la tragédie. Cependant, je vous conseille vivement de lire deux articles du Parisien, récemment publiés, au sujet de Lucyna Duriez, qui travaillait dans un hôtel voisin : https://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/crash-du-concorde-lucyna-54-ans-survivante-depuis-vingt-ans-24-07-2020-8358345.php, et de Michèle Fricheteau, responsable de l’Hôtelissimo au moment de l’accident : https://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/crash-du-concorde-michele-se-sent-toujours-coupable-d-avoir-survecu-24-07-2020-8358354.php. Dans ces deux poignants entretiens, les deux femmes évoquent les souvenirs de cette journée du 25 juillet 2000 où elles ont côtoyé la mort de très près, entre effroi et tristesse. Elles abordent également leurs traumatismes et le fardeau de survivre à ce genre de tragédie. WM

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Avions et aéroports : une réponse de Jean-Pierre Blazy

Suite à mon dernier article, nous avons reçu cette réponse de M. Blazy (que vous pourrez aussi voir en PDF ici). Puisqu’il m’interpelle, je prendrai le temps de lui répondre ici.  EV

 Droit de réponse à M. Eric Veillon, directeur de la publication de Roissymail

« Avions et aéroports : Blazy décidément incorrigible ! »

(Eric Veillon, Roissymail, 25/04/20)

par  Jean-Pierre Blazy

Maire de Gonesse

Président de Ville et Aéroport

Gonesse, le 30 avril 2020

Monsieur,

Je tiens à réagir à l’article ci-dessus publié récemment dans Roissymail et je souhaiterais que vous puissiez en faire part à vos lecteurs. Votre article fait suite à la diffusion de la newsletter 72 de l’association nationale d’élus Ville et Aéroport, que je préside, et qui portait notamment sur les demandes de contreparties de 250 ONG aux gouvernements dans le cadre des plans d’aides accordés aux acteurs du transport aérien, en particulier les compagnies aériennes.

M.Veillon vous savez que je ne suis pas contre l’avion, contre le transport aérien. En tant qu’élu local d’une commune située dans l’axe des pistes de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle depuis 1995, j’ai toujours défendu l’idée que le transport aérien est un secteur qui doit être mieux réglementé et selon une approche équilibrée entre l’économie, le social et l’environnement. Ce sont les trois piliers du développement durable qu’il faut traiter ensemble. C’était déjà le cas avant la crise sanitaire du Covid-19 et ça l’est encore plus aujourd’hui et demain.

Après la phase de confinement et une fois que la pandémie sera passée, Ville et Aéroport continuera d’être force de propositions auprès des pouvoirs publics afin que des engagements sur le volet écologique comme sur le volet social soient demandés aux compagnies aériennes. En effet, nul ne peut imaginer que les choses reprendront comme avant. Les élus des collectivités riveraines d’aéroports font, encore plus qu’hier, de l’environnement et de la santé des populations une priorité. L’étude épidémiologique DEBATS pilotée par l’ACNUSA et qui sera publiée cette année le démontrera. La cartographie de Bruitparif l’a déjà fait début 2019. Les zones aéroportuaires en Ile-de-France sont celles ou le nombre de mois de vie en bonne santé perdus est le plus élevé.

Dès lors, le transport aérien français et mondial ne peut plus s’exonérer de ces urgences sanitaires et environnementales. Il doit prendre sa part. Cela passe par le respect de l’Accord de Paris et la réduction des pollutions sonores et atmosphériques. Après cette crise sanitaire sans précédent, le modèle économique du Hub comme à Paris-Charles-de-Gaulle trouve ses limites. On ne peut plus favoriser la concentration des flux aériens et des personnes en un même point. Cela s’avère désastreux sur le plan environnemental et sanitaire. C’est donc tout le système aéroportuaire français qu’il faudrait repenser dans le cadre d’un schéma aéroportuaire national dans lequel les grandes orientations de l’Etat seraient inscrites. Vous conviendrez M. Veillon que je défendais cette idée avant le Covid-19 et qu’il est désormais temps d’avoir un Etat stratège et régulateur sur ce sujet.

Je ne suis pas le seul à le dire. Les garants de la CNDP dans les conclusions de leur bilan post concertation sur le projet de Terminal 4 de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle (juin 2019) ont repris cette idée d’un état stratège et régulateur et leurs recommandations reprenaient largement celles formulées par Ville et Aéroport.

Cette idée fait son chemin. D’ailleurs le gouvernement par la voix de ses ministres de l’économie, et de l’écologie ensuite a lui-même demandé à Air France des engagements écologiques précis dans le cadre d’un plan d’aides de 7 milliards d’euros accordé par l’Etat. Mme Borne a ainsi précisé lundi dernier sur Europe 1 qu’il s’agissait pour la compagnie de « réduire les émissions de CO2 du passager, réduire de 50% les émissions de CO2 sur les vols domestiques d’ici 2024, l’utilisation de biocarburant… ». « Cela passe aussi par une réflexion sur le réseau d’Air France dans le pays, en particulier lorsqu’il y a des alternatives ferroviaires de moins de 2h30 », a-t-elle ajouté.

Oui, mais… M. Veillon vous savez comme moi que contrairement aux autres secteurs, le secteur aérien n’a pas de véritable plan de réduction de ses émissions pour les 15 prochaines années. De plus il table sur des technologies qui n’existent pas encore. La compensation des émissions carbonées et l’achat de droits à polluer sont des leurres inacceptables qui montrent les limites d’un système qui ne s’est pas engagé dans la réduction des émissions.

Je considère comme d’autres qu’une fiscalité écologique doit s’appliquer au transport aérien. Je pense à la taxation du kérosène au même niveau que les carburants automobiles, à un prix de billet révisé incluant mieux l’impact environnemental estimé par la Commission européenne à 33 milliards d’euros par an pour les 33 principaux aéroports européens. Il faut également abandonner l’idée de développer toujours plus les infrastructures existantes (ex : projets d’extension de certains grands aéroports français avec la construction de nouvelles pistes ou de terminaux supplémentaires). La promotion du ferroviaire (TGV et train de nuit) est à encourager pour les trajets de courte et moyenne distance (jusqu’à 3 heures). Cela réduirait le nombre de vols. Enfin, sur la question des vols de nuit l’instauration de couvre-feux spécifiques à chaque plateforme et s’appliquant aux vols commerciaux doit être négociée.

Sur la question de l’impact du trafic aérien sur l’environnement sonore et la pollution de l’air des progrès importants sont attendus. A la faveur de la crise sanitaire du Covid-19 nos concitoyens ont pu mesurer la différence entre un environnement pollué et un environnement apaisé. Au niveau européen, le bruit est encadré par une directive et un règlement mais sans aucun objectif pour les Etats membres. Il faut que cela change. Tout comme certaines associations, Ville et Aéroport demande qu’un indice événementiel type NA65 fondé sur la répétitivité de l’émergence du bruit aérien (cause principale de la gêne ressentie par les populations riveraines) soit pris en compte en ajout des indices de mesure du bruit utilisés aujourd’hui tels que le Lden. Il s’agit pour Paris-CDG d’abandonner l’IGMP, indice insincère qui ne rend pas compte de la gêne ressentie. L’Etat devrait fixer en concertation avec les acteurs du transport aérien des objectifs de réduction de bruit chiffrés pour toutes les catégories d’aéronefs. Bien sûr il faut interdire les avions les plus bruyants mais il faut aussi réglementer le trafic en définissant pour chaque plateforme un plafonnement sur la base du nombre de mouvements annuels.

Sur le volet pollution atmosphérique, il y a également à faire pour améliorer la situation et c’est urgent. L’ADEME elle-même dans son rapport de 2018 formule des propositions pertinentes. Il faut notamment que soient prises en compte des opérations au sol incluant également les approches et départs d’aéronefs, soit le cycle « LTO » (atterrissages et décollages sous l’altitude de 915 mètres). Il serait opportun qu’Airparif fasse une expertise sur la contribution de l’aérien aux particules PM10 et PM2,5.

Maintenant je souhaite vous poser une question M. Veillon : dans les années qui viennent, reviendra-t-on à la « normale », c’est-à-dire à une croissance du marché aérien selon les critères du seul libéralisme économique ? Si c’est le cas, ce retour au rythme de croisière d’avant-crise porterait selon moi le risque de nouvelles crises pandémiques mondiales. En prendre conscience pourrait donc amener à une rupture, exactement comme les attentats du 11 septembre 2001 l’ont été dans la réorganisation de la sécurité aérienne.

Puisque vous vous attachez à rappeler l’histoire, dois-je vous rappeler M. Veillon que l’aviation civile a réussi à s’affranchir de la lutte contre la pollution en 1997 à Kyoto ? Le lobbying de l’IATA avait été efficace puisque les « soutes internationales » avaient été exclues des calculs des émissions de gaz à effet de serre. L’argument avait été de dire qu’on ne saurait attribuer des quotas nationaux d’émission aux compagnies puisque celles-ci ont des activités principalement internationales : faudrait-il taxer le pays siège de la compagnie, celui de l’aéroport de départ ou d’arrivée, ou encore l’espace aérien du pays survolé ? Depuis 1997, au gré des COP successives, les « soutes internationales » ont ainsi continué à se défendre avec succès. Mais cette exception apparaît de moins en moins tenable alors que la prise de conscience du risque climatique s’accroît.

J’entends bien que les compensations carbone sont revendiquées par certaines compagnies aériennes mais celles-ci ne peuvent constituer qu’un pis-aller, car l’ampleur qu’il faut leur donner et les effets que l’on en attend sont difficiles à mesurer en toute objectivité.

M. Veillon je ne suis pas un anti-avion vous l’aurez compris. Vous me qualifiez d’ « incorrigible » mais la correction voudrait que malgré nos possibles désaccords sur le sujet, vous finissiez par le reconnaître. En tant qu’élu local depuis 1995, j’ai toujours eu le souci de mieux protéger les populations riveraines d’aéroports. Cela passe avant tout par une réglementation du secteur. Je ne sais pas si l’avion propre et silencieux existera un jour mais dans l’immédiat il est de notre responsabilité de plafonner l’activité tout en poursuivant les progrès techniques permettant de limiter la consommation par passager transporté/kilomètre parcouru.

Bien cordialement, Jean-Pierre BLAZY

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Avions et aéroports : Blazy décidément incorrigible !

 

 

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J’en reviens encore pas… L’association “Ville et Aéroport“créée et présidée par Jean-Pierre Blazy, maire (PS) de Gonesse fait la promotion, dans le communiqué ci-dessus, d’une lettre ouverte accompagnée d’une pétition “internationale” publiée par une incroyable organisation “anti-avions” nommée Stay Grounded (“restez à terre”). Vous pourrez voir ici la version française de cette pétition qui profite de la situation pour réclamer une baisse drastique du transport aérien, critique les soutiens financiers des États au secteur aérien. Extraits :

Priorité aux employés 
Au lieu de voler au secours des cadres dirigeants et des actionnaires, toute aide financière devrait faire bénéficier les travailleur.euse.s de solides protections en matière de travail et de santé et assurer un revenu de base suffisant au personnel de bord, au sol, dans les services de restauration ainsi qu’aux pilotes et à tou.te.s les autres travailleur.euse.s touché.e.s.

Et celui-ci : Le sauvetage financier des compagnies ne doit pas permettre au secteur aérien de reprendre ses activités habituelles une fois la crise du Covid-19 terminée. L’argent public doit être utilisé en priorité pour les travailleur.euse.s et le climat. 

Et encore cette perle : Les gouvernements doivent soutenir une transition juste : modifier les réseaux de transport de façon systémique, garantir l’accès à des alternatives abordables (telles que le transport ferroviaire) et permettre aux travailleur.euse.s de quitter les emplois dépendant des combustibles fossiles pour des emplois décents et compatibles avec le climat.  

L’utilisation systématique et exacerbée de l’écriture “inclusive” (travailleur.euse.s touché.e.s, je la connaissais pas celle-là)  et deux, trois incantations klimatiks montrent bien l’origine “idéologique” des aut.eur.e.s …

Tous ces gens-là veulent moins de transport aérien (les voyages en avion doivent donc être réduits… ). Ce sont des égoïstes. La libéralisation du transport aérien (initiée par les USA pour rappel et que la France avait voulu, en vain heureusement, combattre…), fut une démocratisation formidable,  qui a permis à leurs générations et à leurs enfants de pouvoir voyager dans le monde entier. Aujourd’hui ils dénient ce droit aux générations futures.

Mais je reviens à J-P Blazy. Franchement, il est incorrigible. On se souviendra qu’il avait été élu député (PS) en 1997, en ayant fait campagne (comme toute la gauche) “contre” la construction” des deux nouvelles pistes de CDG. Pas de chance, la gauche, gagnante imprévue des législatives, s’est précipitée, notamment par l’intermédiaire du nouveau ministre (PCF), Jean-Claude Gayssot,  pour autoriser lesdites pistes (comme je m’en étais douté à l’époque).

Depuis, se souvenant de son élection basée “contre l’aéroport”, il n’avait cessé de se dresser contre le transport aérien. Contre Fedex, contre ceci, contre cela… Une des plus belles de ses trouvailles étant “le fret à Vatry” (qu’il a renoncé à prôner, un peu grâce à moi, revoyez ce grand moment de 2012 ici) . Il s’était néanmoins un peu calmé à partir de cette date, car il soutenait ardemment le projet Europa City. Celui-ci étant enterré par le gouvernement, les vieux démons de Blazy resurgissent. Incorrigible, je vous dit… EV

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Épidémie de coronavirus : le point sur la situation concernant le Grand Roissy

D’une crise sanitaire à une crise économique, il n’y a qu’un pas. Les pertes financières, engendrées depuis le début de la pandémie de coronavirus par les entreprises de l’aérien et du service, n’ont pas cessé de grimper. Comme évoqué lors du précédent article sur le sujet, bon nombre de ces sociétés et groupes impactés avaient pris des mesures, afin d’éviter toute propagation du virus en fermant les commerces non-essentiels, ainsi que les divers lieux de restauration, au sein de la zone aéroportuaire de Roissy Charles de Gaulle. Où en est la situation, à ce jour du 26 mars 2020 ?

La situation s’est clairement détériorée depuis la publication du précédent article (revoir ici ). Aéroport de Paris (ADP) a publié un communiqué de presse le mercredi 25 mars, annonçant la fermeture, voire quasi-fermeture, de ses infrastructures aéroportuaires. Les chiffres dévoilés font le constat d’ « un effondrement majeur et brutal du trafic aérien », selon la direction d’ADP. L’aéroport d’Orly, dans l’Essonne, accuse -92% de trafic en moins. Ce dernier, à l’exception du terminal 3, fermera dans la soirée du 31 mars jusqu’à nouvel ordre. Roissy CDG subit une baisse de -89% du trafic, avec la fermeture du Hall M, du T3 et du TG2 depuis une semaine. L’aéroport d’affaire du Bourget ne déroge pas à la règle d’une activité très restreinte, et l’aéroport de Beauvais, fermera ses portes et ses pistes à partir de ce jeudi 26 mars, pour une durée indéterminée.

Concernant l’activité hôtelière du Grand Roissy, 85% des hôtels sont fermés, assurant malgré tout un service minimum, 24H/24, afin de procéder à des annulations de réservations ou d’aider d’éventuels voyageurs rentrant en France tardivement et voulant récupérer leurs véhicules sur les parkings d’hôtels. Dans ces enseignes fermées de Roissy-en-France jusqu’au Mesnil-Amelot, il y a Hyatt, Sheraton, Best Western, les deux Campaniles, Golden Tulip et Courtyard. Seuls les hôtels Mariott, Mercure, Pullman et Crown Plaza restent ouverts, pour le moment. Ces derniers précisent que les salles types restaurant, bar et lounge ne sont plus accessibles à la clientèle par mesure sanitaire. Le room service reste cependant ouvert.

Pour finir, Air France et ses filiales low coast, à la suite du communiqué de la semaine dernière, ont réduit drastiquement leurs effectifs à hauteur de 90%. Pas de besoin d’en rajouter… Les images en disent bien plus que les mots, parfois. Du jamais vu pour le 10ème aéroport mondial en termes de passagers. De son côté, l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA) émet une première estimation des pertes de revenus dans le secteur de l’aviation civile à plus de 252 milliards de dollars, pour l’année 2020. Plus d’un million de réservations ont déjà été annulées jusqu’à juin, dans les 293 compagnies aériennes adhérentes de l’IATA. Son Directeur Général et CEO, Alexandre de Juniac, déclare dans un récent communiqué : « Restons forts ! Nous sortirons de cette crise et garderons le monde connecté ».

Nous vivons, assurément, un moment historique que sera dans les livres (ou eBook) d’Histoire. J’adresse un grand remerciement à Mr J. pour ces images inédites sur la situation actuelle à l’aéroport Charles de Gaulle. WM

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