La ville de Vémars (re) dit « non » au projet LGV-TER Roissy-Picardie

Décidemment, nous n’avons pas fini d’entendre parler du projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie. Entre engouement pour les habitants des Hauts-de-France et mécontentement des habitants du Nord-Est du Val d’Oise, le sujet déchaîne les passions. Comme Roissy Mail l’a évoqué dans un précédent article, disponible ici, l’enquête publique a commencé depuis ce début d’année. À la suite de cet évènement, la ville de Vémars réitère son opposition au projet via un communiqué publié le 15 mars 2021.

« Les Vémaroises et Vémarois seront les premiers touchés par ce tracé. J’ai toujours milité et me suis fermement opposé à ce projet, et ce, depuis 2013. Aujourd’hui, nous sommes plus que jamais déterminés à dire NON à ce projet nuisible, couteux et inutile. », déclare Frédéric Didier, Maire de Vémars, en ouverture du communiqué. En effet, la grogne des habitants de Vémars, concernant la future liaison ferroviaire Roissy-Picardie, ne désempli pas, et cela peut se comprendre. La commune n’est pas épargnée par les trains, en comptant le tracé du LGV Nord, ainsi que l’interconnexion reliant la gare de Roissy CDG, aux abords de la commune. Bien que le bruit de ces derniers fût atténué dans le temps par la construction de talus anti-bruit, le futur tracé Roissy-Picardie, tel qu’il est présenté à ce jour, est la goutte qui fait déborder le vase.

Les arguments évoqués, par Frédéric Didier, sont sans équivoque. « Des nouvelles nuisances sonores inacceptables, une destruction de l’environnement vémarois, une perte de confort et de valeur pour les habitations, et une destruction de bois et terres agricoles. Sans oublier, une injustice sociale pour les populations du Nord-Est du Val d’Oise qui n’ont qu’un bus pour aller sur la plateforme aéroportuaire », selon lui. Dans ce projet ferroviaire, toujours tel qu’il est présenté actuellement, Vémars, ne voulant pas être le dindon de la farce, ne profitera pas d’une gare qui pourrait permettre aux habitants de la commune de pouvoir se rendre directement sur la plateforme aéroportuaire, tout en subissant les contraintes énumérées par Frédéric Didier, ci-dessus.

« Ce tracé signifie pour Vémars des rails en aérien à 12 m de hauteur minimum qui passeront à 400 m de la crèche et de la salle des fêtes, à 500 m du stade, et qui enjamberont une départementale et l’Autoroute A1. C’est une soixantaine de passages de TGV et des TER de 5h du matin à 23h, à 160 km, 365 jours de l’année ! Un ouvrage, immense, disproportionné, défigurant bois et terres agricoles ! De plus, cette enquête publique en pleine période de crise sanitaire concerne un investissement de plus de 370 millions d’euros d’argent public, qui aurait pu être mieux employé pour l’enseignement, la santé, le social, le bien-vivre. », ajoute-t-il.

Enfin, afin de faire entendre leurs voix, Frédéric Didier lance un appel à la mobilisation avec une pétition « prise de position contre la ligne LGV Roissy-Picardie », proposé à tous les habitants de Vémars. Un registre rassemblant toutes les prises de position sera remis officiellement au Commissaire Enquêteur lors de l’audience du 6 avril 2021, qui aura lieu à la Salle des fêtes de la ville. WM  

 

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Projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie : l’enquête publique a débuté

 Voilà un dossier que Roissy Mail suit depuis plusieurs années et qui intéresse de nombreux lecteurs, du fait de l’importance du projet, mais également par son impact sur le cadre de vie des habitants du territoire Nord du Grand Roissy. La future liaison ferroviaire LGV-TER Roissy-Picardie vient d’enter dans une nouvelle étape avec l’ouverture de l’enquête publique, qui se déroule du mardi 23 février au mardi 6 avril 2021. Dans la continuité des réunions de concertation qui ont eu lieu pendant la période hivernale 2019-2020, dont vous pouvez retrouver les articles sur celles de Roissy-en-France, Fosses et Vémars en cliquant sur le nom des villes, cette enquête publique est diligentée par une commission d’enquête composée de Ronan Hebert, en tant que Président, et de quatre membres titulaires, Claude Andry, Alain Giaroli, Michel Gauthier et Patrick Jayet. Le siège de cette commission d’enquête est basé dans les locaux de la Sous-préfecture de Sarcelles.

 L’enquête publique a pour objectif d’informer et de présenter aux citoyens les modalités, ainsi que le tracé, qui ont été choisis par la SNCF. Un registre est à disposition afin de recueillir les observations de tous, en ligne et en présentiel lors de permanences dans les villes concernées. Les dates de ces dernières, pour les communes du Grand Roissy, sont les suivantes : Chennevières-les-Louvres, le jeudi 25 mars de 15h00 à 18h00 et le jeudi 1er avril de 14h00 à 17h00, à la mairie au 5 place de l’Eglise. Epiais-les-Louvres, le jeudi 18 mars de 15h00 à 18h00, à la mairie au 8 rue du Manoir. Fosses, le mercredi 24 mars de 9h00 à 12h00 et le vendredi 2 avril de 14h00 à 17h00, à la mairie au 1 place du 19 Mars 1962. Mesnil-Amelot, le vendredi 19 mars de 14h00 à 17h00, à la mairie au 2 rue du Chapeau. Marly-la-Ville, le samedi 20 mars de 9h00 à 12h00 et le jeudi 1er avril de 9h00 à 12h00, à la mairie au 10 rue du Colonel Fabien. Saint-Witz, le samedi 20 mars de 9h00 à 12h00, à la mairie au 1 place Isabelle de Vy. Tremblay-en-France, le mardi 6 avril de 9h00 à 12h00, à la mairie au 18 boulevard de l’Hôtel de Ville. Vémars, le samedi 20 mars de 9h00 à 12h00, à la mairie au 5 rue Léon Bouchard, mais également le mardi 6 avril de 14h00 à 18h00, à la salle des fêtes de la rue de la Tour Carrée. Villeron, le jeudi 11 mars de 15h00 à 18h00 et le mercredi 31 mars de 13h00 à 16h00, à la mairie au 25 rue Saint-Germain.

 Pour les habitants qui ne peuvent pas assister aux permanences présentielles, la SNCF a mis à disposition tout le dossier du projet Roissy-Picardie dont le bilan du débat public et de la concertation, disponible ici au format PDF (Pièce G). Pour communiquer toutes vos observations ou avis sur le projet, vous pouvez toujours le faire en ligne via le registre dématérialisé, en cliquant sur ce lien ici. Vous pouvez aussi envoyer vos observations par email au roissy-picardie@enquetepublique.net ou par courrier à l’adresse suivante : Sous-préfecture de Sarcelles, 1 boulevard François Mitterrand, 95200 Sarcelles, à l’attention du Président de la commission d’enquête. WM

L’avis d’ EV

Purée, ça fait plus de 10 ans que ça dure !

 

  

   

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Abandon du projet T4. Triangle de Gonesse : mes P’tits loup toujours pas morts

infographie Le Parisien

Compte-tenu de la situation, il n’était pas étonnant de voir le projet de T4 renvoyé aux calendes grecques.Du pain béni pour Barbara Pompili, sous-ministre de l’écologie (qui n’a pas grand chose à mettre dans sa besace verte) qui a annoncé non la suspension du projet mais son arrêt définitif.

Le calendrier initial

De leurs cotés, mes P’tits Loup (une poignée) avaient décrété récemment une ZAD (“zone à défendre”) et occupé une petite partie du Triangle de Gonesse pour réclamer l’abandon de la future gare de la ligne 17 du Grand Paris Express. Le tribunal de Pontoise a ordonné leur expulsion vendredi dernier. Ils ont annoncé leur intention de faire de la résistance… Ils n’ont vraiment rien à faire, ces égoïstes. EV

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Dernière réunion de concertation sur le projet Roissy-Picardie à Vémars sous haute tension

le maire de Vémars, Frédéric DIDIER est farouchement opposé au projet, depuis le début

Le mardi 4 février 2020 s’est tenu le dernier débat sur la concertation préalable au sujet du projet de la liaison ferroviaire Roissy-Picardie, dans la salle des fêtes de la ville de Vémars. La soirée s’est déroulée en présence de Laurence Rosset, Responsable de la concertation pour le compte de la SNCF, André Bayle, Chef de la mission SNCF Roissy-Picardie, Armand Thomas, Responsable foncier et urbanisme, Luc Buisson, Responsable juridique et environnement. Cette réunion était encadrée par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), avec en présence Sylvie Denis-Dintilhac et Michel Riou, et animée, comme pour toutes les soirées de concertation précédentes, par Emilie Walker, de l’Agence Eker. Cette ultime soirée d’information et de concertation fait suite à celles organisées en décembre 2019 à Roissy-en-France et à Fosses la semaine dernière (voir les anciens articles ici). Afin d’apporter plus de détails au futur projet, de nouveaux intervenants se sont ajoutés au débat comme Mikaël Beck, Directeur grands projets ARCADIS, Pierre-Alexis Romarie, Chef de projet acousticien ARCADIS, et Franck Spinelli, Directeur Agence Nord-Ouest ECOSPHERE.

La soirée promettait des remous, la futur ligne TGV TER impactant directement les riverains des communes de Vémars ainsi que de Villeron, et ce sentiment fût avéré dès le début de la séance. La salle pouvait compter sur la présence de plus d’une centaine de personnes, avec des habitants du territoire et de nombreux élus locaux ayant fait le déplacement. S’affichant ouvertement contre le projet, Frédéric Didier, Maire de Vémars, donne la température dans son discours d’ouverture : « Je tiens d’abord à dire, que bien le sujet soit grave, nous devons garder le respect lors du débat et respecter le droit républicain de la liberté de parole, en restant respectueux de chacun. Pour commencer, nous ne sommes pas dupes, cette concertation est un leurre. Nous avons à faire au rouleau compresseur de la SNCF, qui petit à petit, impose un projet que nous avons déjà rejeté, il y a une décennie. Rappelons que la loi, votée le 24 décembre 2019, a relancé le projet Roissy-Picardie. Je suis, pour ma part, fermement opposé à ce dernier ».

Comme pour chaque réunion, les intervenants de la SNCF se succède afin d’expliquer le projet, mais très vite un dialogue de sourd s’engage entre l’assistance et représentant de la SNCF Réseau. « On s’en fout ! », hurle une personne dans le public. « Revenez nous voir quand le RER D fonctionnera correctement ! », scande un autre, au fond de la salle. La majeure partie du public est hostile au futur tracé ferroviaire, qui devrait voir le jour aux portes des villes de Vémars et Villeron. Les préoccupations principales des riverains sont concernant les nuisances sonores et la défiguration du paysage.

cliquez pour voir la vidéo tournée par nos soins. Ça a chauffé !

« Il y a 5 ans, j’ai quitté Paris pour le calme et le cadre agréable qu’offre Vémars. Et là, on nous annonce le Terminal T4 et le Roissy-Picardie. Ce n’est pas possible ! », dit une femme. La question du foncier fait irruption, par le biais d’un autre habitant : « J’ai acheté récemment. C’est un patrimoine qui va être dévalorisé par votre projet. Prévoyez-vous un fond afin de dédommager ceux qui seront directement impactés ? », demande-t-il.

La population locale ne sent pas entendue et reproche aux représentant de la SNCF de sortir un discours trop orienté sur le côté « marketing » du projet, plus proche de l’acceptation que de la concertation. Diverses associations écologiques de l’Oise, ayant fait également le déplacement, s’inquiète pour la biodiversité du territoire et accusent la SNCF, ainsi que les prestataires comme ARCADIS, de mettre en route un projet jugé inutile et non-viable, néfaste pour la nature.

Se défendant de ces accusations, André Bayle dit : « Le projet a été relancé par l’Etat. Il y a aussi des réalités économiques auxquelles nous ne devons pas ignorer. Les Haut-de-France n’ont pas accès à Roissy par les transports et la ligne Roissy-Picardie peut répondre à ce besoin. Ce sont des enjeux de différents niveaux ». Le public se met fortement en colère, reprochant un hors sujet de l’interlocuteur et qu’ils ne sont pas concernés par les propos tenus. Ils ne veulent être les dindons de la farce, héritant que des côtés négatifs du projet.

« Si ! Il y a une solution ! C’est une ZAD ! », crie un homme, excédé par le manque de réponses rassurantes envers les riverains inquiets.

« On vous demande de revenir lorsque l’on aura un RER D convenable. Ensuite on pourra parler du barreau Roissy-Picardie », déclare Anthony Arciero, élu à Survilliers et Conseiller départemental du Val-d’Oise. A de nombreuses reprises, l’ancien projet du barreau de Gonesse est évoqué, alternative que les Vémarois et Villeronnais trouvent plus efficient, sans sacrifier une partie de leur territoire.

Durant plus de deux heures, le débat fût bien difficile entre les représentants du projet et l’assistance, ne trouvant aucun terrain d’entente et n’apaisant nullement la colère généralisée et les inquiétudes. En guise de conclusion à cette réunion, après les messages de défiances venant des habitants, Frédéric Didier dit : « Cette colère, elle n’est pas dirigée contre vous mais contre ceux qui devraient être à votre place, les membres du gouvernement. C’est Madame la Ministre qui devrait être là, devant nous aujourd’hui. Mais entendez bien cette conversation ! Et faites-la remonter à ceux et celles qui ne viennent jamais nous voir. Et dites leur bien : nous, on n’en veut pas ! Nous sommes bien déterminés à utiliser tous les moyens et recours à notre disposition, pour mettre fin à ce projet tel qu’il se trouve être actuellement ! ». WM

L’avis d’EV

Scénario habituel… Quand on pense que les premières “concertations” s’étaient déroulées il y a… 10 ans. J’avais assisté à plusieurs d’entre elles, c’était déjà pas triste. Je redis, encore, que ce genre de “concertation” ne sert à rien, sinon à donner l’impression à ceux qui y participent, qu’ils peuvent s’y opposer. Et c’est la CNDP, toujours grassement rémunérée pour organiser ce genre de truc, qui pousse à la roue (on se souviendra des réunions épique sur EuropaCity). Je serai toutefois d’accord avec certains opposants (parfois excités comme des puces): le problème du RER D, qui dysfonctionne (comme le B) depuis des lustres. Ni l’Etat, ni la Ratp, ni la SNCF n’ont rien fait depuis tout ce temps. Et je peux vous dire que c’est la galère pour les usagers qui sont obligés de prendre ce satané RER.

Bon… SNCF Réseau a remis en ligne le site (qui avait disparu) du projet. C’est à voir en cliquant ci-dessous.

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Concertation sur le projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie très animée à Fosses

Le mardi 28 janvier 2020 en soirée, dans la salle principale de l’Espace Germinal à Fosses,  s’est tenu le débat sur la concertation préalable au sujet du projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie, sous l’égide de Laurence Rosset, Responsable de la concertation pour le compte de la SNCF, André Bayle, Chef de la mission SNCF Roissy-Picardie, Laurence Debrincat, Directrice Prospective et Etudes au sein d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), Laura Mathieu et Aurélie Rigault, Conseil Départemental du Val d’Oise. Cette soirée était encadrée par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), avec en présence Sylvie Denis-Dintilhac et Michel Riou, et animée par Emilie Walker, de l’Agence Eker. Cette soirée de concertation fait suite à celle organisée en décembre 2019, à Roissy-en-France (voir l’ancien article ici). La salle était quasiment pleine, avec bon nombre d’usagés de la ligne du RER D, ainsi qu’en présence d’élus locaux, directement concernés par le futur projet ferroviaire.

Commençant avec 15 mins de retard, le ton est donné dès le départ. Juste avant que la séance débute, un usagé fortement excédé débarque dans la salle et s’en prend directement à la délégation SNCF Réseau : « Ça fait 3 ans que je vous écris ! Vous ne faîtes rien pour le RER D ! Ça suffit ! », hurle l’homme, en brandissant un dossier contenant ses courriers. Un des policiers municipaux, présents pour la sécurité de la soirée, est alerté par les organisateurs du débat et fait irruption dans la salle, afin de calmer l’homme, qui est invité à sortir de l’Espace Germinal. L’homme part, sans se faire prier, laissant une grande partie de l’assistance interrogatif et dubitatif, devant la colère de l’homme.

Témoin de la scène et voulant que la soirée, qui a pour thème les mobilités autour du projet Roissy-Picardie, se passe dans les meilleures conditions possibles, Pierre Barros, Maire de la ville de Fosses, ouvre la séance par un discours : « En tant que maire, je suis conscient de la grogne de mes concitoyens à propos du RER D, vraie galère pour les usagés de cette ligne, et de leurs interrogations sur le projet. C’est normal, mais nous devons aussi avancer et être constructifs avec ce dernier, avec beaucoup de travail et de collaboration. C’est un grand moment pour notre territoire ». Des voix se font entendre dans le public, aussitôt Pierre Barros assit. On peut entendre : « Nous voulons d’abord parler du RER D » ou « N’y a-t-il pas des priorités, avant un raccordement TGV ? ». La salle montre, majoritairement, une vive opposition dès le début de séance.

Sylvie Denis-Dintilhac rappelle qu’au vu des circonstances actuelles, le débat sur la concertation du projet a été repoussé jusqu’au 18 février de cette année, étant à la base  prévu initialement fin janvier. « Nous avons consciences de vos craintes et autres doléances que vous pouvez nous adresser. Il y a beaucoup d’attente, d’où le dispositif reporté. Nous voulons simplement construire des solutions », déclare-t-elle.

M.Bayle, chargé du projet à la SNCF

C’est dans une atmosphère assez lourde qu’André Bayle et Laurence Rosset amorcent la présentation du projet Roissy-Picardie, qui fera le raccordement du TGV entre la gare de Fosses et la gare de l’aéroport Charles-de-Gaulle, couvrant une distance de 6,5 km. « Ce projet d’amélioration, retenu par l’Etat, entre dans le contexte de la loi d’orientation des mobilités (LOM), en débat depuis 2017 et votée le 24 décembre 2019, avec pour dominante les transports du quotidien. C’est un long processus avec pour maître d’œuvre, la SNCF Réseau. Cela s’inscrit dans un renforcement des transports par la création d’un ligne nouvelle et d’un double service, TGV -TER », dit André Bayle.

« L’estimation pour ce projet est de plus de 356 millions d’euros, à ce jour. Le raccordement TGV permettra au sud de l’Oise de profiter de Roissy CDG, bassin de vie et d’emplois. Amaury de Saint-Quentin, actuel Préfet du Val d’Oise, est en charge de la planification face aux enjeux par la multiplication des travaux », ajoute-t-il, défendant le projet avec enthousiasme et confiance.

Passant ensuite aux questions-réponses avec le public, les avis s’enchaînent… et se ressemblent. De manière générale, les gens ne se sont pas convaincus par le projet. « Ce n’est pas notre besoin. Il y a de gros problèmes sur la ligne du RER D, depuis plusieurs années, et ça ne fait que se détériorer. N’y a-t-il pas d’autres priorités ? », demande un des usagés en colère.

Présent dans l’assistance, Pascal Doll, Maire d’Arnouville, prend la parole : « Je rejoins la grogne des usagés et je réitère mes propos durant la concertation à Roissy-en-France, en décembre. Je ne connais pas un élu, qui soit pour ce projet. Vous êtes à la limite de la provocation. J’aurai 50 questions pour vous mais une seule pourrait résumer ma pensée. Est-ce une réunion de concertation ou une réunion d’acceptation ? Je me pose de sérieuses questions », dit-il.

« Le RER D est une catastrophe. Il y a trop de problèmes avec des trains qui n’arrivent pas à l’heure, quand ils ne sont pas supprimés, sans parler de la sécurité sur cette ligne. Ne nous parlez pas de mobilités », s’exprime à son tour Eric Plasman, Maire de Chennevière-lès-Louvres.

Voyant que certaines questions ne sont pas abordées et développées, certaines personnes du public quittent la salle. Laurence Debrincat essaie d’apporter quelques réponses. « Nous comprenons vos arguments. Je vous rejoins sur le fait que le réseau RER D est vétuste, occasionnant des retards. Le principal problème a été l’inaction et le RER D a souffert du manque de financement, au cours du temps. Nous mettons le paquet pour améliorer cela, afin de restaurer la qualité de services sur une fourchette qui se situe entre 2030 – 2035 », déclare la Directrice Prospective et Etudes de l’IDFM.

« Dans un temps plus bref, 140 nouveaux trains, dernières générations, commencera à remplacer les anciens trains à partir de 2021, sur l’ensemble du réseau franciliens. Ces futurs trains sont climatisés, avec de plus grandes portes afin d’optimiser le flux de passagers et ainsi diminuer le temps d’attente en gare. L’amélioration des mobilités, c’est aussi les travaux d’aménagement qui sont actuellement en cours, gare de Fosses et gare de Louvres. Enfin, le nouveau système de signalisation, NEXTEO, verra le jour à partir de 2026 sur le tronçon Paris intramuros et il s’étendra au reste du réseau dans les années qui suivront », déclare-t-elle, au rythme des images présentées sur l’écran géant.

Dans une seconde phase de questions-réponses, une minorité de gens se sentent concernés par les propositions, venant des intervenants de la concertation. Quelques personnes, habitants dans le sud de l’Oise, approuvent le projet mais ceci ne représente pas l’intégrité de la salle, qui est plutôt à la défiance, ne retrouvant pas vraiment dans le projet. Les mots fusent : « Saloperie de RER D ! », « Pourquoi les trains omnibus n’existent plus ?! » ou « C’est le bordel cette ligne, ça se voit que vous ne prenez pas les transports ». Bernard Loup, écologiste et Président du Collectif pour le Triangle de Gonesse, ne cache pas ses inquiétudes concernant ce projet qui risque d’impacter l’environnement et les terres agricoles. « Je propose que ce projet soit sous l’égide de Francis Rol-Tanguy, qui s’occupe également des concertations sur le devenir du Triangle de Gonesse, après l’annulation d’Europa City », déclare-t-il.

En conclusion, cette soirée de concertation a été mouvementée pour les organisateurs de cette réunion, qui s’est value avant tout informative, mais n’arrivant pas à convaincre l’auditoire pendant les deux heures d’échange. Après s’être confrontés aux élus durant la réunion de décembre, la SNCF et le CNDP se retrouvent face à des usagés en colère, hostiles au projet ferroviaire Roissy-Picardie. La prochaine réunion de concertation aura lieu le mardi 4 février, à la salle des fêtes de Vémars, 19h. Cette réunion promet une hostilité maximale, la ville de Vémars étant directement impactée par le futur tracé TGV qui doit se trouver sur son territoire, à proximité d’un récent quartier d’habitation. WM

l’avis d’EV

Mon dieu :

Nous mettons le paquet pour améliorer cela, afin de restaurer la qualité de services sur une fourchette qui se situe entre 2030 – 2035 », déclare la Directrice Prospective et Etudes de l’IDFM“.

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Le projet de liaison TGV Roissy-Picardie ne convainc toujours pas les élus de la Communauté d’Agglomération de Roissy Pays de France

Toujours remonté, Patrick Renaud

Dans le cadre de la (nouvelle…) concertation préalable concernant le projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a organisé une réunion publique afin d’informer et de prendre les avis des habitants, qui seront impactés par le projet. La réunion s’est tenue le mardi 10 décembre 2019, dans la salle polyvalente Marcel Hervais à Roissy-en-France, devant des élus de la Communauté d’Agglomération de Roissy Pays de France et quelques habitants des villes de Vémars et Villeron ayant pu faire le déplacements, encadrée par Sylvie Denis-Dintilhac et Floran Augagneur, tous les deux garants de la concertation pour la CNDP, ainsi que de Laurence Rosset, Responsable de concertation pour la SNCF et André Bayle, Chef de la mission SNCF Roissy-Picardie. A noter que parmi les élus locaux présents, il y avait Patrick Renaud, Président de la Communauté d’Agglomération de Roissy Pays de France, André Toulouse, Maire de Roissy-en-France, Pascal Doll, Maire d’Arnouville, Jean-Noël Moisset, Maire de Survilliers, Dominique Kudla, Maire de Villeron, Frédéric Didier, Maire de Vémars, Michel Jaurrey, 2ème Adjoint au Maire de Gonesse à l’urbanisme, Marie-Christine Robert, 3ème Adjoint au Maire aux affaires culturelles et associatifs, et Daniel Mella, 4ème Adjoint au Maire de Marly-la-Ville à l’urbanisme. Le débat fut animé par Emilie Walker, de l’Agence Eker.

Comme un préambule annonçant l’humeur générale de la réunion de concertation, Patrick Renaud prend le micro et déclare : « Pour commencer, je tiens à dire que je ne suis pas content. La manière n’est pas respectable. Dans l’état du projet, je suis contre. Cette nouvelle concertation tombe au plus mal. Aux noms des 42 communes dont je représente, cette annonce nous contrarie grandement. Nous avons rien contre la Picardie, rassurez-vous, mais depuis ces dernières semaines, après l’annulation d’Europa City, la Communauté d’Agglomération de Roissy Pays de France se sent lésée, sachant que nous ne serons pas ceux qui en profiterons, bien qu’en ayant les infrastructures sur notre territoire ».

au micro, Dominique Kudla, maire de Villeron, est en première ligne contre le projet

Pour rappel, ce projet d’un montant estimé à plus de 300 M€ aura surtout vocation à connecter les Hauts de France au réseau TGV, en passant par la gare CDG.  Et permettra dans la foulée de faciliter l’accès pour les habitants des Hauts-de-France aux emplois de la plateforme aéroportuaire de Paris-Charles de Gaulle. Mais la CA Roissy Pays de France ne l’entend pas de cette oreille. Dans ce contexte, une motion contre ce projet avait été votée à l’unanimité lors du conseil communautaire du 27 septembre 2018 (la voir ici).

“Inclusif”…

Floran Augagneur, à l’écoute des propos exprimés par le Président de la Communauté d’Agglomération, lui répond : « Nous entendons votre discours. Sachez que la CNDP est organisme indépendant. Notre rôle de garant en ce qui concernent ce projet, se fait dans un principe d’équivalence, de transparence, en utilisant le principe d’argumentation et en établissant une cartographie des arguments. Grâce à ce dispositif participatif, inclusif, nous restons à l’écoute de tous ».

Pendant environ une heure, s’est ensuite déroulée une présentation du projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie, où André Bayle a défendu ce dernier. « Notre objectif est l’amélioration du service au quotidien et la desserte du Pôle de Roissy. Par ce fait, nous construirons un raccordement à double voie de 6,5 km pour le TGV, entre la gare de Survilliers-Fosses et les voies TGV existantes à proximité de Vémars. La création de quais en gare de Roissy CDG et divers aménagements sur les gares en amonts sont également prévus », dit-il.

“foutage de gueule”

« Nous avons besoin de plus de temps ! », s’insurgent les élus. La salle devient subitement bruyante, une grande partie de l’assistance semble assez mécontente des informations dévoilées par le représentant projet de SNCF Réseau. « De toute façon, les dés sont pipés ! C’est du foutage de gueule ! » ou « Ce n’est pas une concertation, vous attendez simplement notre validation ! », sont les phrases qui fusent dans les airs, profitant du léger brouhaha ambiant. André Bayle tente de rassurer les élus : « Rien est figé. C’est pour cela que nous sommes réunis aujourd’hui et que la concertation est ouverte jusqu’au 31 janvier 2020. Nous avons besoin de connaître vos besoins et vos retours ».

Directement impactés par le futur raccordement ferroviaire, les maires de Villeron et Vémars fustigent le projet : « Ce n’est pas clair tout ça, il y a beaucoup de zones d’ombre. Aucune communication concernant le trafic de nuit et les nuisances sonores. Nous avons amorcé la construction de plusieurs zones habitables, vous ne prenez pas en compte nos projets actuels. Et pourquoi une concertation envoyée à la dernière minute, pendant cette période ? », demande Dominique Kudla. « C’est un leurre !  L’idée n’est plus aux questions, c’est un manque de respect aux élus et aux citoyens. Je suis opposé à ce projet, déjà ficelé, qui prévoit une partie du massacre du bois et des terres agricoles. De plus, votre communication est douteuse », ajoute Frédéric Didier.

C’est avec une certaine agitation que les échanges se déroulent, les élus globalement d’accords entre eux ne se cachent pas pour montrer leurs inquiétudes. L’échange arrive rapidement dans une impasse. Le débat s’enlise et les questions d’habitants, évoquant les nuisances phoniques et la détérioration de leur cadre de vie, ne viennent pas arranger les choses.

L’écologiste Bernard Loup, Président du “Collectif pour le Triangle de Gonesse”, expose son avis : « Je suis contre le projet (en 2011 il était pour, NDLR). Ce sont les acteurs économiques, les responsables », avant d’être rapidement interrompu par le Président d’Agglomération de Roissy Pays de France. « Ah oui ! C’est sûr ! Vous êtes contre tout ! C’est en partie grâce à des gens comme vous qu’Europa City a été abandonné », lui dit-il. Rajoutant à la fin d’une courte joute verbale, Patrick Renaud reprend l’expression à haute voix : « Vous le savez… quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ».

Les élus ne se gênent pas de rappeler à André Bayle que le Barreau de Gonesse, projet similaire datant du début des années 2000, a été annulé au profit de ce nouveau projet s’apparentant à un Barreau de Picardie. Ils y voient comme une provocation à leur encontre.

En conclusion, ce n’est pas cette réunion publique de 2h qui aura réussi à répondre aux questions et à réduire les inquiétudes des riverains. Beaucoup de points clefs n’ont pas été abordés et les élus y voient clairement un forcing du projet, durant une période qui ne leur laisse pas énormément de temps de réaction. Comme il avait ouvert la réunion par sa prise de parole, Patrick Renaud reprend le micro pour y apporter sa conclusion : « C’est bien gentil tout ça mais même vos chiffres ne sont pas clairs. Pécresse nous a dit qu’il n’y a plus d’argent, pas d’aide. Alors qui va payer le déficit ? Moi, je n’ai plus de recette ! En plus, vous savez que les mairies sont très occupées pour la période des vœux et dans la préparation des prochaines municipales. L’angoisse est palpable. Donc, ce n’est pas fini, j’ai 42 maires à réunir et j’entends bien nous faire entendre, car là, c’est le projet imposé de trop ».

Vous aussi donnez votre avis par écrit : en contribuant sur le site internet www.roissy-picardie.fr via le formulaire ou en écrivant via email à SNCF Réseau : concertation-roissy-picardie@reseau.sncf.fr ou par courrier au : SNCF Réseau, Direction de la Stratégie du Réseau, Mission Roissy-Picardie, 18 rue de Dunkerque, 75010 Paris. La concertation se déroule du 2 décembre 2019 au 31 janvier 2020. WM

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Roissy Picardie : quand j’avance, tu recules…

cliquez pour voir le site Roissy Picardie

C’est incroyable ! Un truc bien français…. Le projet de raccordement de la Picardie au réseau TGV (liaison directe Picardie Roissy, qui implique la construction d’une nouvelle voie (un barreau sur 6 km, sur le territoire de la CA Roissy Pays de France), revient sur la table. Avec une nouvelle “concertation”, alors qu’un débat public avait eu lieu, organisé par la CNDP, pas moins) en 2010 ! J’avais suivi plusieurs réunions, qui ne furent pas tristes (faites Roissy Picardie dans le moteur de recherche de Roissymail, en haut, à droite). En fait le Val d’Oise est contre, singulièrement la CA Roissy Pays de France, et l’ensemble de la classe politique picarde (Verts compris) est pour. Et puis on a plus entendu parler du projet pendant des années, avec des déclarations contradictoires des différents ministres des transports.

C’est reparti donc. Avec une réunion publique notamment à Roissy-en-France, mardi dernier. Peu de monde, surtout des élus (voir le compte rendu de WM ci-dessus). Voyez la page wikipedia consacré au barreau. Et, en cliquant ci-dessous, mon avis sur la question, notamment sur l’opposition de la CA RPDF. EV

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La Société du Grand Paris a publié son rapport 2018 (très … vert et social)

le comité exécutif de la SGP . A droite c'est Bernard Cathelain, membre du Directoire, ancien directeur chez ADP. Cliquez pour avoir le rapport

C’est la saison des rapports ! La Société du Grand Paris vient de publier le sien, sur son activité 2018. Je l’ai lu. Très riche et, comme je dis dans le titre, très vert et très social…

Ça fait du bien d’avoir des nouvelles. Cela dit, j’ai, depuis un bon moment, un sentiment mitigé sur la SGP créée en 2009/2010. L’impression que les choses ont trainées. On se souviendra du rapport de la Cour des Comptes (le revoir ici) publié en décembre 2017 et, sommes toutes assez… sévère. Espérons que les choses vont aller bien suite aux réorganisations en cours (avec un effectif actuel de 200, la SGP prévoit d’embaucher 200 supplémentaires en 2019…). Et espérons que les délais seront tenus pour la ligne 17 Nord (avec les gares de Gonesse, CDG en 2024 et le Mesnil-Amelot en 2030). EV

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Les RER directs Gare du Nord CDG : tous les quarts d’heure !

cliquez pour voir la note

Jacques Gauthier est un lecteur parisien de RoissyMail depuis longtemps et fait partie de ce que j’appelle mes “honorables correspondants”. Il est retraité et s’intéresse à beaucoup de choses, notamment aux transports en commun. Depuis quelques années, il m’envoie des mails m’informant de ceci ou cela, me donnant ses avis.  J’ai fini par l’avoir au téléphone (il a beaucoup d’humour, ça fait du bien) il y a quelques mois, car il s’intéresse à la ligne 17 et au fameux CDG Express. C’est lui qui m’a informé de l’existence de RER directs entre Gare du Nord et CDG… Je lui ai demandé  tout récemment de me lister ces fameux RER directs. C’est ce qu’il a fait hier (voyez la note en cliquant en haut).

C’est impressionnant ! Chaque jour de la semaine, ce sont 36  trains qui font le trajet direct  et 69 trains le WE ! Pour 10.30 euros (contre 24 euros prévus pour le CDG Express…). Question temps, les RER mettent 30 minutes, et 20 prévus pour le CDG Express. 10 minutes de différence… C’est a vérifier, mais il parait que ces RER directs sont peu fréquentés (il n’y a pas de statistiques…).

Autre chose à laquelle je pensais : si vous voyagez en avion, vous avez en général avec vous au moins  une valise (parfois lourde), sinon deux, plus un bagage cabine. Et si vous voyagez à deux (voire plus…), il est beaucoup plus simple et pratique de prendre le taxi (prix limité à 50 euros pour Paris rive droite, 58 pour rive gauche). Faites le calcul…

Vraiment, à mes yeux, le CDG Express devient de plus en plus inutile… EV

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CDG Express : beaucoup de monde à la réunion de lundi dernier à Mitry, en présence du préfet de Région

Cliquez pour voir ce bon compte-rendu

“Express” n’est vraiment le bon mot…Ce dossier dure depuis des années ! La réunion de lundi dernier a Mitry-Mory a attiré beaucoup de monde (la salle était pleine, quelques 700 personnes). Lisez en cliquant ci-dessus l’excellent compte-rendu de Magjournal77 et, ci-dessous, la vidéo réalisée par la mairie de Mitry (opposé depuis le début au projet, et “leader” dans la bataille, voir ici), qui explique plutôt bien.

cliquez pour la vidéo de Mitry

C’est quand même un dossier compliqué que, j’ai pu m’en apercevoir, peu de personnes connaissent vraiment bien. Moi-même j’ai mis longtemps à comprendre que le train direct gare de l’Est-CDG n’emprunterait pas les voies du RER B (qui fonctionne très mal depuis des années). Dans ces conditions, on peut s’interroger sur l’opposition farouche de certains… Mais il y a pire ! J’ai appris qu’il y a un RER direct gare du nord CDG (24 mn, voyez-ça ici) qui serait, selon mes informations, très peu fréquenté. Dès lors, on peut se demander l’utilité du CDG Express, qui va couter cher (avec l’argent public, quoiqu’on en dise). Bon, la ministre des transports a autorisé récemment le projet. Mais Mitry ne désarme pas. La maire Charlotte Blandiot-Faride, a envoyé récemment une lettre à Valérie Pécresse, présidente de la Région et aussi d’Ile-de-France Mobilités, dans laquelle elle lui demande de clarifier ses positions. Je vous conseille de la lire ici.

A suivre… EV

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INCROYABLE ! Benjamin Griveaux a dit que “les 90 000 employés de CDG pourront bénéficier du CDG Express” !

cliquez pour l'entendre

Vraiment ce parte-parole du gouvernement n’en rate pas une. Après avoir, “à titre personnel” déclaré (revoir ici) , en octobre dernier, contre le projet Europa City, il  a dit n’importe quoi sur le CDG Express. Interrogé à ce sujet au “Grand Jury” de RTL  hier, il a, pour justifier cet interminable et controversé projet, que les 90 000 salariés de CDG pourront l’emprunter ! Alors que c’est une liaison directe Paris (gare de l’Est) CDG. Comme si les 90 000 en question habitaient tous Paris ! Quelle nullité ! EV

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On respire… “Je rêvais d’un autre monde”. Cafouillage sur toutes les lignes : 17 et autres du GPE, CDG Express. CNDP mon amour, Et, mdr, l’Italie … Et tout à l’avenant… Benalahah ! !

Je dois certainement devenir un vieux con (c’est depuis longtemps, diront beaucoup). Outre le passage à vide décrit dans l’article ci-dessous, l’actualité récente dans notre région aéroportuaire, dans notre pays, dans notre Europe et dans notre monde n’engage pas à l’optimisme. Et c’est de pire en pire, chaque jour, deux fois par jour, quand c’est pas plus. Violences incroyables des manifs de gilets jaunes (que j’ai regardés chaque samedi, j’aurais pas dû), montée incroyable et désespérant de l’antisémitisme,encore hier à Villiers-le-Bel,  (en France! en 2019 !).  Sans parler du feuilleton sulfureux Benalla, qui frise l’affaire d’Etat.   J’en ai ressenti, (pourtant j’ai le cuir tanné) pour la première fois de ma vie, un profond sentiment de … découragement, et de doute. Et, croyez-moi, pour parler beaucoup ces derniers temps avec mes amis et correspondants de tous bords et conditions, je ne suis pas le seul.

Il y a, incontestablement, (j’emploie le mot depuis quelques années, mais je ne l’avais jamais écris) une période de déclin de la France, que je n’aurais pu soupçonner,voici 40 ans. Et le président de la République (pour lequel , tout le monde le sait, j’ai voté au deux tours) a eu le tort (entre autres) de vouloir donner des leçons au monde entier (notamment à l’Italie), au début de son mandat. Les Italiens se gondolent !

Je vais juste évoquer ici , dans le désordre,  quelques éléments sur lesquels je reviendrai plus tard en détail (car il faut que j’envoie RoissyMail… ).

Un Grand Paris Express au rabais?

Les présidents des 7 départements de la région parisienne ont publié un communiqué (le voir ici) , membres du Conseil de surveillance de la Société du Grand Paris (chargée de construire le Grand Paris Express) s’inquiétant d’un courrier adressé par cette dernière au 1er Ministre. Voici le début du CP : Alors que dans les discours la Société du Grand Paris ne cesse de réaffirmer le besoin de concertation avec les collectivités, nous découvrons que la Société du Grand Paris a transmis au Premier Ministre un plan “d’optimisations” le 21 décembre 2018, sans avoir consulté les membres du Conseil de surveillance, ni les élus concernés. C’est d’autant plus malvenu que le contenu de ce plan pose de très gros problèmes.

Ils ont demandé à être reçus par le 1er ministre.

CDG Express !

Tout ceci est bien compliqué. Voyez, en cliquant,e site spécial édité par ADP. (y'en a pas d'autres à ma connaissance)

mon article dans l'ancien journal "Choses publiques"

Cafouillages aussi sur le fameux CDG EXPRESS : c’est le GROS BORDEL  ! Je suis, ce dossier foireux depuis le début. Un dossier qui traine depuis.. . 2001 !  Il avait fait l’objet du “premier débat” organisé par la fameuse CNDP (dont j’aurai l’occasion de dire tout le … bien que je pense). J’avais assisté au débat de Villepinte et je peux vous dire que c’était pas triste.

Je n’ ai pas rendu compte ici  des dernières péripéties de ces temps-ci, parce que ça aurait été lassant. Mais là, ça devient du grand guignol. La ministres de Transport, la géniale E. Borne, avait missionné le préfet de région pour organiser une n’ième concertation. Il a rendu un rapport le 4 février (à voir ici) que je qualifierais depsychédélique (sauf son respect). Suite à cela la ministre a autorisé, lundi 11 dernier, la signature du traité de concession Et en même temps, on apprend que ce fameux CDG Express  pourrait bien ne pas être prêt pour les JO de 2024 …

La ville de  Mitry-Mory est, historiquement, à la pointe de l’opposition au CDG Express. Au motif que c’est déjà le bazar sur le RER B  . Il y aura une réunion publique lundi 18 dans cette ville, auquel participera le pauvre préfet de Région. Ça risque de ne pas être triste…

La concertation sur le Terminal 4 a commencé

voyez le site de la concertation

La concertation pour le futur terminal 4 de CDG a commencé le 12 février avec une première réunion publique à Gonesse (voyez le calendrier des réunions ici). Elle durera jusqu’au 12 mai. Voyez ci-dessous la vidéo de la réunion de Gonesse :

cliquez pour voir la réunion

C’est un gros dossier (au moins 2 milliards a rappelé J-P Blazy, maire de Gonesse), destiné à faire face a l’augmentation prévisible du trafic aérien mondial. Le Groupe ADP est en forme ! Voyez l’interview  de son PDG, Augustin de Romanet, dans les Echos d’Hier. C’est encore bien compliqué, pour connaitre le phasage prévu pour la mise en service (par étapes) de ce nouveau terminal.

De son côté, le Conseil de la CA Roissy Pays de France a adopté à l’unanimité, dans sa séance du 31 janvier, une importante délibération (5 pages, à lire ici) intéressante (même si je la qualifierais, pour l’instant … d’équilibriste).

ADP privatisés (ou pas)?

Il y a aussi le dossier de privatisation d’ADP, souhaitée par le gouvernement. Pour l’instant, le Sénat a voté contre.

Je reviendrai sur tous les sujets évoqués ici (et d’autres), pour combler mon retard rédactionnel pour lequel je vous demande votre indulgence. J’ai du pain sur la planche !  EV

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La CA Roissy Pays de France réaffirme son opposition au barreau de la ligne Picardie Roissy. Mon avis

cliquez pour voir toute la motion

Dans sa séance du 27 septembre, le Conseil de la CA Roissy Pays de France (CA RPDF) a adopté, à l’unanimité, une motion dans laquelle il confirme son opposition à la construction de la liaison Picardie Roissy, qui passera sur son territoire (6 km). C’est suite à une confirmation récente de la ligne par  la ministre des Transport. C’est un vieux dossier comme seule la France sait en fabriquer… Revoyez son “histoire” ici.

 

 

 

le projet avait déjà été confirmé l'an passé, à la grande joie de la région Hauts de France (relisez en cliquant?)

 

 

 

Tout le monde sait combien je considère la CA RPDF. Et que je me réjouis, depuis son élargissement, notamment aux communes de Seine-et-Marne (qui ne fut pas simple) de voir que ça fonctionne bien, toutes les délibérations du Conseil étant adoptées à l’unanimité. Je pense que c’est aussi dû au talent de son président, Patrick Renaud, élu à l’unanimité (revoir ici).

Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur

Mais sur ce dossier Picardie-Roissy, je ne comprends vraiment pas la position de la CA, et ce, depuis le début. Prenez le temps de lire la motion (ci-dessus). Alors que l’objectif principal de ce barreau est de permettre la connexion des TGV du nord au réseau national (après l’échec, pourtant prévisible de la gare “Haute Picardie”, en plein champs), la CA (qui soutient l’urbanisation du Triangle de Gonesse…) voit dans la construction une atteinte à la préservation de l’agriculture (!)… Mais aussi la question de … l’emploi. Il est indiqué, dans la motion que le barreau facilitera l’accès aux emplois de la plate-forme aéroportuaire aux Picards au détriment de la population de la CA. En citant notamment le chiffre de plus de 20% de taux de chômage dans certaines communes . Ce qui parait étonnant car on sait bien que les Picards n’auront pas attendu le fameux barreau pour occuper des emplois dans la région aéroportuaire et spécialement à CDG. A l’époque où ADP publiait des statistiques portant sur l’origine départementale des travailleurs de la plateforme, les Picards arrivaient, je ne me souviens plus exactement, mais en premier ou en deuxième. Quant aux “20% de chômage”, tout le monde sait très bien que dans les communes évoquées par la CA, il existe plein de quartiers où une grande partie de la population n’est … pas très portée sur la recherche d’emploi, c’est le moins qu’on puisse dire. C’est d’ailleurs le cas dans certaines communes de Seine-Saint-Denis, pourtant bien connectée à CDG par le RER B. La CA se plaint aussi de l’abandon du barreau ferré de Gonesse, qui devait relier en RER les lignes D et B. La CA sait pourtant bien que ce très vieux projet a été abandonné depuis longtemps (trop cher), et a été remplacé par un BHNS aujourd’hui en service (depuis 2016) et qui fonctionne très bien. Les travaux du “barreau picard” devraient commencer en 2019 pour une mise en service en 2022 (3 ans pour faire 6km !). Et signalons aussi qu’il fait l’unanimité parmi les élus des Hauts de France (y compris les Verts, ce qui explique que mes P’tits Loup ne ne soient pas opposés à l’époque du débat public (que j’avais suivi) audit barreau (là, pas de problèmes pour la préservation des terres agricoles… ). EV

pour tout savoir, voyez cette vidéo de SNCF Réseau



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Deux ou trois choses que je sais de la SNCF

S’il est un endroit où le transport de personnes par le train est indispensable, pour aller travailler, c’est bien le Grand Roissy.  Beaucoup de travailleurs prennent le train pour se rendre soit à CDG, soit à Paris Nord 2, mais aussi dans les multiples zones d’activités de la région. Dans l’autre sens, beaucoup le prennent aussi pour aller travailler à Paris et dans toute la région parisienne.

Je veux redire ici que, depuis des années, c’est une vraie galère que subissent ces voyageurs sur les lignes B et D du RER . Retards incessants, grèves intempestives sans explications (surtout sur le RER B, même si ça c’est un peu calmé depuis un moment), insécurité, saleté des wagons …  J’ai eu, au fil du temps, des témoignages multiples d’usagers à ces sujets. J’habite Paris depuis longtemps et, heureusement, je vais toujours à “Roissy”en voiture.  J’ai néanmoins, une fois, pris le RER D, à Louvres, pour me rendre à une réunion au siège de l’EPA Plaine de France, en 2006 de mémoire. C’était un après-midi. L’aller s’était plutôt bien passé, mais le retour fut épique ! Les trains ne s’arrêtaient pas, pas d’infos sur les tableaux. J’avise un voyageur, et on parle. Sympa. Ce type était carrément blasé. Habitué à tous ces dysfonctionnements, depuis des années, il m’a raconté un peu, sans colère et sur un ton monocorde, sa galère quotidienne depuis des années, sur le même parcours. Effarant… Et, toujours sur le RER D, je vois régulièrement Cédric Sabouret, conseiller départemental (PS) du Val d’Oise, livrer sur son FB ses impressions sur les retards (il habite Gonesse et se rend à Paris pour son travail, au Sénat, tous les jours).

Sur le RER B, un plan, voici quelques années nommé “RER B nord plus”, destiné à améliorer la situation, a été engagé. Pas moyen de savoir ce qui a été fait, le site web qui lui était consacré n’existe plus. Même Marianne Margaté, conseillère départementale (PCF), 1ere adjointe au maire de Mitry-Mory, grande Pasionaria des transports en commun, pourfendeuse active du CDG Express, n’a pas pu m’en  dire plus.

Et puis est arrivée, dernièrement, cette incroyable “grève perlée” de la SNCF. Mais deux ou trois choses avant de dire ce que j’en pense.

Les trains qui arrivent à l’heure

J’ai connu la grande époque où la France était citée en exemple pour ses “trains qui arrivent à l’heure”. Et connu à l’époque pas mal de cheminots conducteurs de trains, qui m’expliquaient quel plaisir ils prenaient à faire en sorte que le train arrive à la seconde près. Étudiant, je fais Bar-le-Duc / Nancy plusieurs fois par semaine, jamais un problème. Puis, en 78/79 j’étais surveillant au lycée de Bar-le-Duc (eh oui ,j’ai toujours travaillé étant étudiant, même lycéen les week-end et je ne m’en suis jamais mal porté) et j’étudiais (à Tolbiac (!), qui avait déjà été occupée pas les “autonomes”, qui furent expulsés par les CRS)  cette année là, et résidais à Paris. J’y allais en train, une fois par semaine, et même en 1ere classe, grâce à un abonnement étudiant particulièrement avantageux. Jamais un problème, les trains étaient toujours à l’heure, à la seconde près.

Quelques années après, j’avais fait le voyage en train avec ma femme et mon fils, tout petit alors. Au retour, en gare de Bar-le-Duc, le train ne démarre pas, ça dure. Étonnement. Je descends et apprends que le train est bloqué sur la voie par des manifestants. Je vais voir et j’aperçois (ils étaient 4 ou 5) un de mes camarades (j’étais encore au PCF…). Il m’explique que c’est par “solidarité” avec les travailleurs d’une usine du coin menacée de fermeture (elle ne le fut pas). J’étais furax et je lui ai dit ce que j’en pensais. On a pu partir, finalement,  avec au moins 45 minutes de retard.

Une autre année, je pars seul en train vers Bar-le-Duc. Gare de l’Est donc. Et là, je vois qu’à chaque entrée de wagon est posté un contrôleur pour vérifier les tickets. J’y croyais pas. Un contrôleur m’explique : il y a tellement de fraude (une amende n’est jamais payée et à l’époque on ne demandait pas les papiers d’identité), qu’on fait de temps en temps ce type d’opération. Mon dieu !

Je commençais à comprendre pourquoi on ne voyait plus d’auto-stoppeurs sur les routes (je fus moi-même un grand auto-stoppeur).

Plus récemment, sur la ligne Rouen Paris. Le fils de ma femme est étudiant à Rouen, dans une école d’ingénieur. Il venait une fois par mois en week-end chez nous, à Paris. A chaque fois le grand bazar ! Changements d’itinéraires, retards… Du coup il s’est mis à prendre les bus “Macron”, dont une compagnie (Ouibus de mémoire) affrétée par … la SNCF, comprenne qui pourra. Vu pendant ce temps à la télé le ras-le-bol des usagers de cette ligne (beaucoup habitent Rouen et travaillent à Paris: c’est 100 km, pas l’Orient Express!)  protester massivement en refusant de montrer leur titre de transport. Et ils ont eu raison.  100 km !!!

Contre ce type de grève

Je le dis tout net, cette grève “perlée” est proprement scandaleuse. En fait elle ne touche, elle n’embête que les plus pauvres; qui n’ont pas besoin de ça. Les autres n’en ont rien à faire. J’assimile ça à de la prise d’otage, même si, de nos jours, ce mot est inapproprié. Je ne remets pas du tout en cause le droit de grève. Mais les travailleurs d’une usine de conserves de petits pois en grève, ça embête leur patron, mais pas les consommateurs, qui trouveront toujours d’autres boites de petits pois… Et  rappelons que les militaires, les policiers, les personnels de santé n’ont pas le droit de grève (ces derniers étant systématiquement réquisitionnés). Imagine-t-on les gardiens de prison ne fermant plus les portes des cellules?

Mais cette “grève” des cheminots c’est autre chose. D’abord la SNCF est en quasi monopole. Et les gens se déplacent de plus en plus en train. Il faudrait trouver d’autres moyens “d’action”. Rappelons nous, il n’y a pas si longtemps, quand il y avait gréve à EDF (alors en situation de monopole de distribution), il y avait des coupures de courant. Il n’y en a plus. On peut imaginer qu’un autre système de résolution des conflits a  dû être mis en place. Et ça marche.

Idem pour la RATP. Il n’y a plus de grève dans le métro parisien (et dieu sait s’il y en a eu!). Et pourtant il tourne…

A ce propos, un élu de grand Roissy me confiait, voici quelques années, la chose suivante. Il était employé RATP, mais pas conducteur. Et il a fait conducteur pendant 1 an, ce qui lui a permis de prendre sa retraite à…50 ans.

Un dernier mot sur le fret ferroviaire. Beaucoup croisent ou suivent des semi-remorques, (nombreux sur l’A3) qui font le trajet “Hollande-Méditéranée” (en fait vers Espagne-Portugal). La plupart ne font aucune escale et toutes ces marchandises sont transportables par le train, avec tous les avantages (prix, pollutions, accidents) liés. Beaucoup (dont Francis Roll-Tanguy) ont essayé, au niveau de l’Etat, de réformer le secteur ferroviaire de la SNCF afin de le favoriser. Tous se sont heurtés au Niet des syndicats de cheminots.  EV

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