Dernière réunion de concertation sur le projet Roissy-Picardie à Vémars sous haute tension

le maire de Vémars, Frédéric DIDIER est farouchement opposé au projet, depuis le début

Le mardi 4 février 2020 s’est tenu le dernier débat sur la concertation préalable au sujet du projet de la liaison ferroviaire Roissy-Picardie, dans la salle des fêtes de la ville de Vémars. La soirée s’est déroulée en présence de Laurence Rosset, Responsable de la concertation pour le compte de la SNCF, André Bayle, Chef de la mission SNCF Roissy-Picardie, Armand Thomas, Responsable foncier et urbanisme, Luc Buisson, Responsable juridique et environnement. Cette réunion était encadrée par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), avec en présence Sylvie Denis-Dintilhac et Michel Riou, et animée, comme pour toutes les soirées de concertation précédentes, par Emilie Walker, de l’Agence Eker. Cette ultime soirée d’information et de concertation fait suite à celles organisées en décembre 2019 à Roissy-en-France et à Fosses la semaine dernière (voir les anciens articles ici). Afin d’apporter plus de détails au futur projet, de nouveaux intervenants se sont ajoutés au débat comme Mikaël Beck, Directeur grands projets ARCADIS, Pierre-Alexis Romarie, Chef de projet acousticien ARCADIS, et Franck Spinelli, Directeur Agence Nord-Ouest ECOSPHERE.

La soirée promettait des remous, la futur ligne TGV TER impactant directement les riverains des communes de Vémars ainsi que de Villeron, et ce sentiment fût avéré dès le début de la séance. La salle pouvait compter sur la présence de plus d’une centaine de personnes, avec des habitants du territoire et de nombreux élus locaux ayant fait le déplacement. S’affichant ouvertement contre le projet, Frédéric Didier, Maire de Vémars, donne la température dans son discours d’ouverture : « Je tiens d’abord à dire, que bien le sujet soit grave, nous devons garder le respect lors du débat et respecter le droit républicain de la liberté de parole, en restant respectueux de chacun. Pour commencer, nous ne sommes pas dupes, cette concertation est un leurre. Nous avons à faire au rouleau compresseur de la SNCF, qui petit à petit, impose un projet que nous avons déjà rejeté, il y a une décennie. Rappelons que la loi, votée le 24 décembre 2019, a relancé le projet Roissy-Picardie. Je suis, pour ma part, fermement opposé à ce dernier ».

Comme pour chaque réunion, les intervenants de la SNCF se succède afin d’expliquer le projet, mais très vite un dialogue de sourd s’engage entre l’assistance et représentant de la SNCF Réseau. « On s’en fout ! », hurle une personne dans le public. « Revenez nous voir quand le RER D fonctionnera correctement ! », scande un autre, au fond de la salle. La majeure partie du public est hostile au futur tracé ferroviaire, qui devrait voir le jour aux portes des villes de Vémars et Villeron. Les préoccupations principales des riverains sont concernant les nuisances sonores et la défiguration du paysage.

cliquez pour voir la vidéo tournée par nos soins. Ça a chauffé !

« Il y a 5 ans, j’ai quitté Paris pour le calme et le cadre agréable qu’offre Vémars. Et là, on nous annonce le Terminal T4 et le Roissy-Picardie. Ce n’est pas possible ! », dit une femme. La question du foncier fait irruption, par le biais d’un autre habitant : « J’ai acheté récemment. C’est un patrimoine qui va être dévalorisé par votre projet. Prévoyez-vous un fond afin de dédommager ceux qui seront directement impactés ? », demande-t-il.

La population locale ne sent pas entendue et reproche aux représentant de la SNCF de sortir un discours trop orienté sur le côté « marketing » du projet, plus proche de l’acceptation que de la concertation. Diverses associations écologiques de l’Oise, ayant fait également le déplacement, s’inquiète pour la biodiversité du territoire et accusent la SNCF, ainsi que les prestataires comme ARCADIS, de mettre en route un projet jugé inutile et non-viable, néfaste pour la nature.

Se défendant de ces accusations, André Bayle dit : « Le projet a été relancé par l’Etat. Il y a aussi des réalités économiques auxquelles nous ne devons pas ignorer. Les Haut-de-France n’ont pas accès à Roissy par les transports et la ligne Roissy-Picardie peut répondre à ce besoin. Ce sont des enjeux de différents niveaux ». Le public se met fortement en colère, reprochant un hors sujet de l’interlocuteur et qu’ils ne sont pas concernés par les propos tenus. Ils ne veulent être les dindons de la farce, héritant que des côtés négatifs du projet.

« Si ! Il y a une solution ! C’est une ZAD ! », crie un homme, excédé par le manque de réponses rassurantes envers les riverains inquiets.

« On vous demande de revenir lorsque l’on aura un RER D convenable. Ensuite on pourra parler du barreau Roissy-Picardie », déclare Anthony Arciero, élu à Survilliers et Conseiller départemental du Val-d’Oise. A de nombreuses reprises, l’ancien projet du barreau de Gonesse est évoqué, alternative que les Vémarois et Villeronnais trouvent plus efficient, sans sacrifier une partie de leur territoire.

Durant plus de deux heures, le débat fût bien difficile entre les représentants du projet et l’assistance, ne trouvant aucun terrain d’entente et n’apaisant nullement la colère généralisée et les inquiétudes. En guise de conclusion à cette réunion, après les messages de défiances venant des habitants, Frédéric Didier dit : « Cette colère, elle n’est pas dirigée contre vous mais contre ceux qui devraient être à votre place, les membres du gouvernement. C’est Madame la Ministre qui devrait être là, devant nous aujourd’hui. Mais entendez bien cette conversation ! Et faites-la remonter à ceux et celles qui ne viennent jamais nous voir. Et dites leur bien : nous, on n’en veut pas ! Nous sommes bien déterminés à utiliser tous les moyens et recours à notre disposition, pour mettre fin à ce projet tel qu’il se trouve être actuellement ! ». WM

L’avis d’EV

Scénario habituel… Quand on pense que les premières “concertations” s’étaient déroulées il y a… 10 ans. J’avais assisté à plusieurs d’entre elles, c’était déjà pas triste. Je redis, encore, que ce genre de “concertation” ne sert à rien, sinon à donner l’impression à ceux qui y participent, qu’ils peuvent s’y opposer. Et c’est la CNDP, toujours grassement rémunérée pour organiser ce genre de truc, qui pousse à la roue (on se souviendra des réunions épique sur EuropaCity). Je serai toutefois d’accord avec certains opposants (parfois excités comme des puces): le problème du RER D, qui dysfonctionne (comme le B) depuis des lustres. Ni l’Etat, ni la Ratp, ni la SNCF n’ont rien fait depuis tout ce temps. Et je peux vous dire que c’est la galère pour les usagers qui sont obligés de prendre ce satané RER.

Bon… SNCF Réseau a remis en ligne le site (qui avait disparu) du projet. C’est à voir en cliquant ci-dessous.

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Concertation sur le projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie très animée à Fosses

Le mardi 28 janvier 2020 en soirée, dans la salle principale de l’Espace Germinal à Fosses,  s’est tenu le débat sur la concertation préalable au sujet du projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie, sous l’égide de Laurence Rosset, Responsable de la concertation pour le compte de la SNCF, André Bayle, Chef de la mission SNCF Roissy-Picardie, Laurence Debrincat, Directrice Prospective et Etudes au sein d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), Laura Mathieu et Aurélie Rigault, Conseil Départemental du Val d’Oise. Cette soirée était encadrée par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), avec en présence Sylvie Denis-Dintilhac et Michel Riou, et animée par Emilie Walker, de l’Agence Eker. Cette soirée de concertation fait suite à celle organisée en décembre 2019, à Roissy-en-France (voir l’ancien article ici). La salle était quasiment pleine, avec bon nombre d’usagés de la ligne du RER D, ainsi qu’en présence d’élus locaux, directement concernés par le futur projet ferroviaire.

Commençant avec 15 mins de retard, le ton est donné dès le départ. Juste avant que la séance débute, un usagé fortement excédé débarque dans la salle et s’en prend directement à la délégation SNCF Réseau : « Ça fait 3 ans que je vous écris ! Vous ne faîtes rien pour le RER D ! Ça suffit ! », hurle l’homme, en brandissant un dossier contenant ses courriers. Un des policiers municipaux, présents pour la sécurité de la soirée, est alerté par les organisateurs du débat et fait irruption dans la salle, afin de calmer l’homme, qui est invité à sortir de l’Espace Germinal. L’homme part, sans se faire prier, laissant une grande partie de l’assistance interrogatif et dubitatif, devant la colère de l’homme.

Témoin de la scène et voulant que la soirée, qui a pour thème les mobilités autour du projet Roissy-Picardie, se passe dans les meilleures conditions possibles, Pierre Barros, Maire de la ville de Fosses, ouvre la séance par un discours : « En tant que maire, je suis conscient de la grogne de mes concitoyens à propos du RER D, vraie galère pour les usagés de cette ligne, et de leurs interrogations sur le projet. C’est normal, mais nous devons aussi avancer et être constructifs avec ce dernier, avec beaucoup de travail et de collaboration. C’est un grand moment pour notre territoire ». Des voix se font entendre dans le public, aussitôt Pierre Barros assit. On peut entendre : « Nous voulons d’abord parler du RER D » ou « N’y a-t-il pas des priorités, avant un raccordement TGV ? ». La salle montre, majoritairement, une vive opposition dès le début de séance.

Sylvie Denis-Dintilhac rappelle qu’au vu des circonstances actuelles, le débat sur la concertation du projet a été repoussé jusqu’au 18 février de cette année, étant à la base  prévu initialement fin janvier. « Nous avons consciences de vos craintes et autres doléances que vous pouvez nous adresser. Il y a beaucoup d’attente, d’où le dispositif reporté. Nous voulons simplement construire des solutions », déclare-t-elle.

M.Bayle, chargé du projet à la SNCF

C’est dans une atmosphère assez lourde qu’André Bayle et Laurence Rosset amorcent la présentation du projet Roissy-Picardie, qui fera le raccordement du TGV entre la gare de Fosses et la gare de l’aéroport Charles-de-Gaulle, couvrant une distance de 6,5 km. « Ce projet d’amélioration, retenu par l’Etat, entre dans le contexte de la loi d’orientation des mobilités (LOM), en débat depuis 2017 et votée le 24 décembre 2019, avec pour dominante les transports du quotidien. C’est un long processus avec pour maître d’œuvre, la SNCF Réseau. Cela s’inscrit dans un renforcement des transports par la création d’un ligne nouvelle et d’un double service, TGV -TER », dit André Bayle.

« L’estimation pour ce projet est de plus de 356 millions d’euros, à ce jour. Le raccordement TGV permettra au sud de l’Oise de profiter de Roissy CDG, bassin de vie et d’emplois. Amaury de Saint-Quentin, actuel Préfet du Val d’Oise, est en charge de la planification face aux enjeux par la multiplication des travaux », ajoute-t-il, défendant le projet avec enthousiasme et confiance.

Passant ensuite aux questions-réponses avec le public, les avis s’enchaînent… et se ressemblent. De manière générale, les gens ne se sont pas convaincus par le projet. « Ce n’est pas notre besoin. Il y a de gros problèmes sur la ligne du RER D, depuis plusieurs années, et ça ne fait que se détériorer. N’y a-t-il pas d’autres priorités ? », demande un des usagés en colère.

Présent dans l’assistance, Pascal Doll, Maire d’Arnouville, prend la parole : « Je rejoins la grogne des usagés et je réitère mes propos durant la concertation à Roissy-en-France, en décembre. Je ne connais pas un élu, qui soit pour ce projet. Vous êtes à la limite de la provocation. J’aurai 50 questions pour vous mais une seule pourrait résumer ma pensée. Est-ce une réunion de concertation ou une réunion d’acceptation ? Je me pose de sérieuses questions », dit-il.

« Le RER D est une catastrophe. Il y a trop de problèmes avec des trains qui n’arrivent pas à l’heure, quand ils ne sont pas supprimés, sans parler de la sécurité sur cette ligne. Ne nous parlez pas de mobilités », s’exprime à son tour Eric Plasman, Maire de Chennevière-lès-Louvres.

Voyant que certaines questions ne sont pas abordées et développées, certaines personnes du public quittent la salle. Laurence Debrincat essaie d’apporter quelques réponses. « Nous comprenons vos arguments. Je vous rejoins sur le fait que le réseau RER D est vétuste, occasionnant des retards. Le principal problème a été l’inaction et le RER D a souffert du manque de financement, au cours du temps. Nous mettons le paquet pour améliorer cela, afin de restaurer la qualité de services sur une fourchette qui se situe entre 2030 – 2035 », déclare la Directrice Prospective et Etudes de l’IDFM.

« Dans un temps plus bref, 140 nouveaux trains, dernières générations, commencera à remplacer les anciens trains à partir de 2021, sur l’ensemble du réseau franciliens. Ces futurs trains sont climatisés, avec de plus grandes portes afin d’optimiser le flux de passagers et ainsi diminuer le temps d’attente en gare. L’amélioration des mobilités, c’est aussi les travaux d’aménagement qui sont actuellement en cours, gare de Fosses et gare de Louvres. Enfin, le nouveau système de signalisation, NEXTEO, verra le jour à partir de 2026 sur le tronçon Paris intramuros et il s’étendra au reste du réseau dans les années qui suivront », déclare-t-elle, au rythme des images présentées sur l’écran géant.

Dans une seconde phase de questions-réponses, une minorité de gens se sentent concernés par les propositions, venant des intervenants de la concertation. Quelques personnes, habitants dans le sud de l’Oise, approuvent le projet mais ceci ne représente pas l’intégrité de la salle, qui est plutôt à la défiance, ne retrouvant pas vraiment dans le projet. Les mots fusent : « Saloperie de RER D ! », « Pourquoi les trains omnibus n’existent plus ?! » ou « C’est le bordel cette ligne, ça se voit que vous ne prenez pas les transports ». Bernard Loup, écologiste et Président du Collectif pour le Triangle de Gonesse, ne cache pas ses inquiétudes concernant ce projet qui risque d’impacter l’environnement et les terres agricoles. « Je propose que ce projet soit sous l’égide de Francis Rol-Tanguy, qui s’occupe également des concertations sur le devenir du Triangle de Gonesse, après l’annulation d’Europa City », déclare-t-il.

En conclusion, cette soirée de concertation a été mouvementée pour les organisateurs de cette réunion, qui s’est value avant tout informative, mais n’arrivant pas à convaincre l’auditoire pendant les deux heures d’échange. Après s’être confrontés aux élus durant la réunion de décembre, la SNCF et le CNDP se retrouvent face à des usagés en colère, hostiles au projet ferroviaire Roissy-Picardie. La prochaine réunion de concertation aura lieu le mardi 4 février, à la salle des fêtes de Vémars, 19h. Cette réunion promet une hostilité maximale, la ville de Vémars étant directement impactée par le futur tracé TGV qui doit se trouver sur son territoire, à proximité d’un récent quartier d’habitation. WM

l’avis d’EV

Mon dieu :

Nous mettons le paquet pour améliorer cela, afin de restaurer la qualité de services sur une fourchette qui se situe entre 2030 – 2035 », déclare la Directrice Prospective et Etudes de l’IDFM“.

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Le projet de liaison TGV Roissy-Picardie ne convainc toujours pas les élus de la Communauté d’Agglomération de Roissy Pays de France

Toujours remonté, Patrick Renaud

Dans le cadre de la (nouvelle…) concertation préalable concernant le projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a organisé une réunion publique afin d’informer et de prendre les avis des habitants, qui seront impactés par le projet. La réunion s’est tenue le mardi 10 décembre 2019, dans la salle polyvalente Marcel Hervais à Roissy-en-France, devant des élus de la Communauté d’Agglomération de Roissy Pays de France et quelques habitants des villes de Vémars et Villeron ayant pu faire le déplacements, encadrée par Sylvie Denis-Dintilhac et Floran Augagneur, tous les deux garants de la concertation pour la CNDP, ainsi que de Laurence Rosset, Responsable de concertation pour la SNCF et André Bayle, Chef de la mission SNCF Roissy-Picardie. A noter que parmi les élus locaux présents, il y avait Patrick Renaud, Président de la Communauté d’Agglomération de Roissy Pays de France, André Toulouse, Maire de Roissy-en-France, Pascal Doll, Maire d’Arnouville, Jean-Noël Moisset, Maire de Survilliers, Dominique Kudla, Maire de Villeron, Frédéric Didier, Maire de Vémars, Michel Jaurrey, 2ème Adjoint au Maire de Gonesse à l’urbanisme, Marie-Christine Robert, 3ème Adjoint au Maire aux affaires culturelles et associatifs, et Daniel Mella, 4ème Adjoint au Maire de Marly-la-Ville à l’urbanisme. Le débat fut animé par Emilie Walker, de l’Agence Eker.

Comme un préambule annonçant l’humeur générale de la réunion de concertation, Patrick Renaud prend le micro et déclare : « Pour commencer, je tiens à dire que je ne suis pas content. La manière n’est pas respectable. Dans l’état du projet, je suis contre. Cette nouvelle concertation tombe au plus mal. Aux noms des 42 communes dont je représente, cette annonce nous contrarie grandement. Nous avons rien contre la Picardie, rassurez-vous, mais depuis ces dernières semaines, après l’annulation d’Europa City, la Communauté d’Agglomération de Roissy Pays de France se sent lésée, sachant que nous ne serons pas ceux qui en profiterons, bien qu’en ayant les infrastructures sur notre territoire ».

au micro, Dominique Kudla, maire de Villeron, est en première ligne contre le projet

Pour rappel, ce projet d’un montant estimé à plus de 300 M€ aura surtout vocation à connecter les Hauts de France au réseau TGV, en passant par la gare CDG.  Et permettra dans la foulée de faciliter l’accès pour les habitants des Hauts-de-France aux emplois de la plateforme aéroportuaire de Paris-Charles de Gaulle. Mais la CA Roissy Pays de France ne l’entend pas de cette oreille. Dans ce contexte, une motion contre ce projet avait été votée à l’unanimité lors du conseil communautaire du 27 septembre 2018 (la voir ici).

“Inclusif”…

Floran Augagneur, à l’écoute des propos exprimés par le Président de la Communauté d’Agglomération, lui répond : « Nous entendons votre discours. Sachez que la CNDP est organisme indépendant. Notre rôle de garant en ce qui concernent ce projet, se fait dans un principe d’équivalence, de transparence, en utilisant le principe d’argumentation et en établissant une cartographie des arguments. Grâce à ce dispositif participatif, inclusif, nous restons à l’écoute de tous ».

Pendant environ une heure, s’est ensuite déroulée une présentation du projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie, où André Bayle a défendu ce dernier. « Notre objectif est l’amélioration du service au quotidien et la desserte du Pôle de Roissy. Par ce fait, nous construirons un raccordement à double voie de 6,5 km pour le TGV, entre la gare de Survilliers-Fosses et les voies TGV existantes à proximité de Vémars. La création de quais en gare de Roissy CDG et divers aménagements sur les gares en amonts sont également prévus », dit-il.

“foutage de gueule”

« Nous avons besoin de plus de temps ! », s’insurgent les élus. La salle devient subitement bruyante, une grande partie de l’assistance semble assez mécontente des informations dévoilées par le représentant projet de SNCF Réseau. « De toute façon, les dés sont pipés ! C’est du foutage de gueule ! » ou « Ce n’est pas une concertation, vous attendez simplement notre validation ! », sont les phrases qui fusent dans les airs, profitant du léger brouhaha ambiant. André Bayle tente de rassurer les élus : « Rien est figé. C’est pour cela que nous sommes réunis aujourd’hui et que la concertation est ouverte jusqu’au 31 janvier 2020. Nous avons besoin de connaître vos besoins et vos retours ».

Directement impactés par le futur raccordement ferroviaire, les maires de Villeron et Vémars fustigent le projet : « Ce n’est pas clair tout ça, il y a beaucoup de zones d’ombre. Aucune communication concernant le trafic de nuit et les nuisances sonores. Nous avons amorcé la construction de plusieurs zones habitables, vous ne prenez pas en compte nos projets actuels. Et pourquoi une concertation envoyée à la dernière minute, pendant cette période ? », demande Dominique Kudla. « C’est un leurre !  L’idée n’est plus aux questions, c’est un manque de respect aux élus et aux citoyens. Je suis opposé à ce projet, déjà ficelé, qui prévoit une partie du massacre du bois et des terres agricoles. De plus, votre communication est douteuse », ajoute Frédéric Didier.

C’est avec une certaine agitation que les échanges se déroulent, les élus globalement d’accords entre eux ne se cachent pas pour montrer leurs inquiétudes. L’échange arrive rapidement dans une impasse. Le débat s’enlise et les questions d’habitants, évoquant les nuisances phoniques et la détérioration de leur cadre de vie, ne viennent pas arranger les choses.

L’écologiste Bernard Loup, Président du “Collectif pour le Triangle de Gonesse”, expose son avis : « Je suis contre le projet (en 2011 il était pour, NDLR). Ce sont les acteurs économiques, les responsables », avant d’être rapidement interrompu par le Président d’Agglomération de Roissy Pays de France. « Ah oui ! C’est sûr ! Vous êtes contre tout ! C’est en partie grâce à des gens comme vous qu’Europa City a été abandonné », lui dit-il. Rajoutant à la fin d’une courte joute verbale, Patrick Renaud reprend l’expression à haute voix : « Vous le savez… quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ».

Les élus ne se gênent pas de rappeler à André Bayle que le Barreau de Gonesse, projet similaire datant du début des années 2000, a été annulé au profit de ce nouveau projet s’apparentant à un Barreau de Picardie. Ils y voient comme une provocation à leur encontre.

En conclusion, ce n’est pas cette réunion publique de 2h qui aura réussi à répondre aux questions et à réduire les inquiétudes des riverains. Beaucoup de points clefs n’ont pas été abordés et les élus y voient clairement un forcing du projet, durant une période qui ne leur laisse pas énormément de temps de réaction. Comme il avait ouvert la réunion par sa prise de parole, Patrick Renaud reprend le micro pour y apporter sa conclusion : « C’est bien gentil tout ça mais même vos chiffres ne sont pas clairs. Pécresse nous a dit qu’il n’y a plus d’argent, pas d’aide. Alors qui va payer le déficit ? Moi, je n’ai plus de recette ! En plus, vous savez que les mairies sont très occupées pour la période des vœux et dans la préparation des prochaines municipales. L’angoisse est palpable. Donc, ce n’est pas fini, j’ai 42 maires à réunir et j’entends bien nous faire entendre, car là, c’est le projet imposé de trop ».

Vous aussi donnez votre avis par écrit : en contribuant sur le site internet www.roissy-picardie.fr via le formulaire ou en écrivant via email à SNCF Réseau : concertation-roissy-picardie@reseau.sncf.fr ou par courrier au : SNCF Réseau, Direction de la Stratégie du Réseau, Mission Roissy-Picardie, 18 rue de Dunkerque, 75010 Paris. La concertation se déroule du 2 décembre 2019 au 31 janvier 2020. WM

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Roissy Picardie : quand j’avance, tu recules…

cliquez pour voir le site Roissy Picardie

C’est incroyable ! Un truc bien français…. Le projet de raccordement de la Picardie au réseau TGV (liaison directe Picardie Roissy, qui implique la construction d’une nouvelle voie (un barreau sur 6 km, sur le territoire de la CA Roissy Pays de France), revient sur la table. Avec une nouvelle “concertation”, alors qu’un débat public avait eu lieu, organisé par la CNDP, pas moins) en 2010 ! J’avais suivi plusieurs réunions, qui ne furent pas tristes (faites Roissy Picardie dans le moteur de recherche de Roissymail, en haut, à droite). En fait le Val d’Oise est contre, singulièrement la CA Roissy Pays de France, et l’ensemble de la classe politique picarde (Verts compris) est pour. Et puis on a plus entendu parler du projet pendant des années, avec des déclarations contradictoires des différents ministres des transports.

C’est reparti donc. Avec une réunion publique notamment à Roissy-en-France, mardi dernier. Peu de monde, surtout des élus (voir le compte rendu de WM ci-dessus). Voyez la page wikipedia consacré au barreau. Et, en cliquant ci-dessous, mon avis sur la question, notamment sur l’opposition de la CA RPDF. EV

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La Société du Grand Paris a publié son rapport 2018 (très … vert et social)

le comité exécutif de la SGP . A droite c'est Bernard Cathelain, membre du Directoire, ancien directeur chez ADP. Cliquez pour avoir le rapport

C’est la saison des rapports ! La Société du Grand Paris vient de publier le sien, sur son activité 2018. Je l’ai lu. Très riche et, comme je dis dans le titre, très vert et très social…

Ça fait du bien d’avoir des nouvelles. Cela dit, j’ai, depuis un bon moment, un sentiment mitigé sur la SGP créée en 2009/2010. L’impression que les choses ont trainées. On se souviendra du rapport de la Cour des Comptes (le revoir ici) publié en décembre 2017 et, sommes toutes assez… sévère. Espérons que les choses vont aller bien suite aux réorganisations en cours (avec un effectif actuel de 200, la SGP prévoit d’embaucher 200 supplémentaires en 2019…). Et espérons que les délais seront tenus pour la ligne 17 Nord (avec les gares de Gonesse, CDG en 2024 et le Mesnil-Amelot en 2030). EV

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Les RER directs Gare du Nord CDG : tous les quarts d’heure !

cliquez pour voir la note

Jacques Gauthier est un lecteur parisien de RoissyMail depuis longtemps et fait partie de ce que j’appelle mes “honorables correspondants”. Il est retraité et s’intéresse à beaucoup de choses, notamment aux transports en commun. Depuis quelques années, il m’envoie des mails m’informant de ceci ou cela, me donnant ses avis.  J’ai fini par l’avoir au téléphone (il a beaucoup d’humour, ça fait du bien) il y a quelques mois, car il s’intéresse à la ligne 17 et au fameux CDG Express. C’est lui qui m’a informé de l’existence de RER directs entre Gare du Nord et CDG… Je lui ai demandé  tout récemment de me lister ces fameux RER directs. C’est ce qu’il a fait hier (voyez la note en cliquant en haut).

C’est impressionnant ! Chaque jour de la semaine, ce sont 36  trains qui font le trajet direct  et 69 trains le WE ! Pour 10.30 euros (contre 24 euros prévus pour le CDG Express…). Question temps, les RER mettent 30 minutes, et 20 prévus pour le CDG Express. 10 minutes de différence… C’est a vérifier, mais il parait que ces RER directs sont peu fréquentés (il n’y a pas de statistiques…).

Autre chose à laquelle je pensais : si vous voyagez en avion, vous avez en général avec vous au moins  une valise (parfois lourde), sinon deux, plus un bagage cabine. Et si vous voyagez à deux (voire plus…), il est beaucoup plus simple et pratique de prendre le taxi (prix limité à 50 euros pour Paris rive droite, 58 pour rive gauche). Faites le calcul…

Vraiment, à mes yeux, le CDG Express devient de plus en plus inutile… EV

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CDG Express : beaucoup de monde à la réunion de lundi dernier à Mitry, en présence du préfet de Région

Cliquez pour voir ce bon compte-rendu

“Express” n’est vraiment le bon mot…Ce dossier dure depuis des années ! La réunion de lundi dernier a Mitry-Mory a attiré beaucoup de monde (la salle était pleine, quelques 700 personnes). Lisez en cliquant ci-dessus l’excellent compte-rendu de Magjournal77 et, ci-dessous, la vidéo réalisée par la mairie de Mitry (opposé depuis le début au projet, et “leader” dans la bataille, voir ici), qui explique plutôt bien.

cliquez pour la vidéo de Mitry

C’est quand même un dossier compliqué que, j’ai pu m’en apercevoir, peu de personnes connaissent vraiment bien. Moi-même j’ai mis longtemps à comprendre que le train direct gare de l’Est-CDG n’emprunterait pas les voies du RER B (qui fonctionne très mal depuis des années). Dans ces conditions, on peut s’interroger sur l’opposition farouche de certains… Mais il y a pire ! J’ai appris qu’il y a un RER direct gare du nord CDG (24 mn, voyez-ça ici) qui serait, selon mes informations, très peu fréquenté. Dès lors, on peut se demander l’utilité du CDG Express, qui va couter cher (avec l’argent public, quoiqu’on en dise). Bon, la ministre des transports a autorisé récemment le projet. Mais Mitry ne désarme pas. La maire Charlotte Blandiot-Faride, a envoyé récemment une lettre à Valérie Pécresse, présidente de la Région et aussi d’Ile-de-France Mobilités, dans laquelle elle lui demande de clarifier ses positions. Je vous conseille de la lire ici.

A suivre… EV

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INCROYABLE ! Benjamin Griveaux a dit que “les 90 000 employés de CDG pourront bénéficier du CDG Express” !

cliquez pour l'entendre

Vraiment ce parte-parole du gouvernement n’en rate pas une. Après avoir, “à titre personnel” déclaré (revoir ici) , en octobre dernier, contre le projet Europa City, il  a dit n’importe quoi sur le CDG Express. Interrogé à ce sujet au “Grand Jury” de RTL  hier, il a, pour justifier cet interminable et controversé projet, que les 90 000 salariés de CDG pourront l’emprunter ! Alors que c’est une liaison directe Paris (gare de l’Est) CDG. Comme si les 90 000 en question habitaient tous Paris ! Quelle nullité ! EV

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